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Les secrets et remèdes pour éviter une mauvaise digestion... et ce n'est pas un petit verre d'alcool fort après le repas

Le foie, le plus volumineux de nos organes, est aussi le plus négligé. Dommage, c’est avant tout grâce à lui que nous pouvons vivre plus longtemps et surtout... en bonne santé! Découvrez les secrets de cet organe avec le dernier livre du professeur Gabriel Perlemuter, "Les pouvoirs cachés du foie", publié chez Flammarion.

Bonnes Feuilles

Publié le - Mis à jour le 8 Octobre 2018
Les secrets et remèdes pour éviter une mauvaise digestion... et ce n'est pas un petit verre d'alcool fort après le repas

 Crédit Jean-Pierre MULLER / AFP

Ici, le foie plaide non-coupable. La digestion lente et pénible peut advenir lors de la consommation d’aliments qui limitent la vitesse de vidange de l’estomac : graisses, alcool, aliments pas suffisamment mâchés et avalés trop vite. Le foie va bien. En revanche c’est le tube digestif qui fait parler de lui. La seule solution ? Le mettre au repos et accélérer la digestion en mangeant léger pendant vingt-quatre heures : riz, pâtes, viande légère éventuellement, thé ou tisanes. Boire une eau pétillante riche en bicarbonate à pH élevé, type Vichy-Célestin ou Saint-Yorre, peut également aider.

Il faut, par contre, éviter le café, les fruits, les crudités, les laitages et les aliments acides.

Attention, le célèbre digestif alcoolisé ne vous aidera pas ! Cet alcool fort qu’on avale en fin de repas, soi-disant pour digérer, calme l’anxiété et a un effet euphorisant. On en distribuait autrefois aux militaires : on pensait désinfecter ainsi l’alimentation et limiter le risque de choléra tout en donnant de l’entrain à l’armée. Or, le « digestif » a l’effet inverse : il fait traîner la digestion en ralentissant la vidange de l’estomac dans l’intestin. De plus, il favorise la remontée du contenu de l’estomac dans l’œsophage, augmentant l’envie de vomir. En cas d’indigestion, mieux vaut opter pour la tisane de l’arrière-grand-mère que pour le digestif de l’arrière-grand-père !

Vit-on plus vieux en mangeant moins ?

Les expérimentations menées sur les souris sont incontestables : placées sous restriction calorique (avec un apport quotidien réduit de 20 %), elles voient leur espérance de vie augmenter. Cette donne s’applique-t-elle aux humains ? Aucune étude ne l’infirme ni ne le confirme. En revanche, on sait que le jour où elle décide de manger moins et mieux, une personne en surpoids, souffrant d’une atteinte hépatique, augmente en même temps son espérance et sa qualité de vie. Si elle ne change pas ses habitudes, le risque principal qu’elle encourt, sur le moyen terme, est de mourir d’un accident cardiaque ou vasculaire ou, bien sûr, d’une défaillance du foie…

Et le sel ?

Nous mangeons trop salé, souvent deux ou trois fois plus que les 6 à 8 grammes journaliers recommandés, voire pour certains seulement 5 grammes. Le sel fait monter la pression artérielle (et abîme ainsi les artères), il fatigue les reins, mais il n’est pas directement toxique pour un foie en bonne santé : il l’est pour l’organisme. N’oublions pas qu’un apport alimentaire protégeant le foie aura également des effets bénéfiques sur le reste de l’organisme : le cœur, les vaisseaux, le cerveau, le tube digestif… A l’inverse, le sel peut devenir très toxique en cas de cirrhose, car le foie empêche alors l’élimination du sel par le rein dans les urines.

Faut-il opter pour un régime sans gluten ?

Dans la vraie intolérance au gluten, du type maladie cœliaque qui est accompagnée d’une augmentation de la perméabilité intestinale, des toxines passent du tube digestif, par la veine porte, vers le foie. Il peut donc y avoir, chez les personnes qui souffrent de cette maladie, des anomalies du foie révélées par une élévation des enzymes du foie. Pour elles, le zéro gluten est impératif, et il va protéger le foie : la perméabilité intestinale va diminuer, le passage des toxines vers le foie va donc régresser, et le foie se normaliser.

 
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Gabriel Perlemuter

Gabriel Perlemuter est le co-auteur du livre Les bactéries, des amies qui vous veulent du bien (éditions Solar).

Il est également Professeur des Universités en hépato-gastroentérologie (maladies du foie et du tube digestif). Il enseigne à l'université Paris-Sud et dirige une équipe de recherche à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) sur le microbiote intestinal et le foie. Il est chef du service d'hépato-gastroentérologie et nutrition à l'hôpital universitaire Antoine-Béclère à Clamart. Gabriel Perlemuter est membre de plusieurs sociétés savantes (Association française pour l'étude du foie, Société nationale française de gastroentérologie, Association européenne pour l'étude du foie). Il est auteur de nombreuses publications scientifiques et didactiques, et donne régulièrement des conférences nationales et internationales sur l'implication de nos bactéries digestives, notre microbiote, dans notre santé.

 

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