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Les scientifiques se penchent (enfin) sur les effets de la pornographie sur les individus

L'impact de la pornographie sur le comportement des individus était jusque-là peu étudiée par les scientifiques. Le porno étant devenu sujet de société, les chercheurs se sont enfin emparés de ce thème controversé.

Gonflé

Publié le - Mis à jour le 17 Juillet 2015
Les scientifiques se penchent (enfin) sur les effets de la pornographie sur les individus

Depuis sa large diffusion par Internet, la question de la pornographie est devenue un sujet de société.

Atlantico : Après une séquence pauvre en recherches scientifiques sur l'impact de la pornographie sur la santé des individus et sur la société, les chercheurs plébiscitent de plus en plus le sujet. Quelles sont selon-vous celles qui sont les plus intéressantes ? Quels sont les principaux enjeux de ces recherches ? 

Jean-Paul Mialet : Depuis sa large diffusion par Internet, la question de la pornographie est devenue un sujet de société. Dans ces dix dernières années, elle attire les chercheurs en quête de données objectives.

Le phénomène était jusque-là passé sous silence ou abordé avec un regard connoté soit de réprobation morale, soitd’approbation libératrice.

Les premières données objectives importantes sont venues des pays nordiques. En 90, c’est à dire 20 ans après avoir autorisé la diffusion de matériel pornographique, on a constaté une amélioration des statistiques de la délinquance sexuelle, ce qui fut mis au crédit de la libéralisation. Mais faut-il y voir une conséquence de la libéralisation des mœurs qui avaient amené les sociétés nordiques à en venir là, ou bien un effet direct de la pornographie sur les individusà risque auxquels elle offre une façon de se défouler ? La question reste entière. Comme dans beaucoup de recherches concernant la pornographie, il n’est pas simple de distinguer ce qui revient à la surexposition de la sexualité par elle-même et ce qui tient à l’esprit de la société qui s’autorise cette liberté.

A l’époque, la pornographie ne concernait alors que des revues et films à diffusion restreinte. La situation est toute autre avec la prolifération des sites Internet. D’où la multiplication des recherches nouvelles depuis une dizaine d’années, tentant d’évaluer les conséquences de la pornographie à des niveaux neurobiologiques, psychologiques et sociologiques. Les données obtenues restent minces et sujettes à débat.Un fait demeure incontesté et il mérite d’être relevé : les femmes n’ont absolument pas le même intérêt que les hommes pour les scènes pornographiques… Question de formatage social, répondent les partisans des théories du genre. J’y vois plutôt, en ce qui me concerne, l’indice d’une différence fondamentale dans la structuration du plaisir érotique chez l’homme et la femme.

Qu'est-ce que les études menées jusqu'à présent nous apportent comme réponses concrètes sur les effets de la consommation de contenus pornographiques ?

Michelle Boiron : Les études concernant le risque de la pornographie augmentent et le phénomène prend de l’ampleur largement relayé par les médias. Elle est perceptible aussi dans le cabinet des thérapeutes et sexologues qui voient les demandes se multiplier de manières assez significatives. Reconnue comme une maladie, « l’addiction sexuelle » se soigne et n’ai plus vue comme liée à des obsédés sexuels. La terminologie ayant changé, les hommes consultent. Souvent parce qu’ils se sont faits « démasquer » et arrive avec une injonction de soins de leur partenaire.

 
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