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Les sauveurs : ceux qui maintiennent la France à flot contre vents et marées des corporatismes et des impuissances publiques

Dans sa une du 19 juin dernier, l'hebdomadaire le Point critiquait les corporatismes et les bloqueurs de réformes qui maintiennent la France la tête sous l'eau. Pourtant, d'autres catégories, elles, font le travail inverse et permettent au pays de surnager, sans toujours attirer l'attention.

Héros discrets

Publié le - Mis à jour le 27 Juin 2014
Les sauveurs : ceux qui maintiennent la France à flot contre vents et marées des corporatismes et des impuissances publiques

Photo d'illustration // Le super-héros Spider-Man. Crédit Reuters

Atlantico :  Quels sont dans la France de 2014 les catégories socioprofessionnelles, ou les groupes organisés, qui contribuent dans les faits à la valeur ajoutée de la (faible) croissance française ? Sur qui, statistiquement, repose la richesse française ?

Eric Verhaeghe : La réponse sera forcément discutable. Pour être clair sur la méthode, précisons donc que la meilleure source est le tableau de l'INSEE sur les valeurs ajoutées par secteur, qui est mis à jour annuellement. Il montre que sur près de 1900 milliards d'euros de valeur ajoutée produite en 2013, le secteur qui pèse le plus lourd, avec 337 milliards, regroupe le commerce et le tourisme. De fait, l'activité touristique est en passe de devenir la première source de richesse en France, ce qui pose quand même problème : peu à peu notre pays ressemble à un musée à ciel ouvert.

Les secteurs qui suivent immédiatement, à poids égal d'ailleurs, sont les activités immobilières et les activités administratives au sens large, chacune avec 242 milliards d'euros. Avec ces trois secteurs, on tient la moitié de la production de richesse annuelle en France. L'industrie, qui obsède nos dirigeants, ne constitue même plus 10% de la valeur ajoutée annuelle.

Toutefois, en termes d'évolution, l'industrie affiche de belles progressions qui laissent penser qu'elle est loin d'être morte en France

La France créé chaque année plus de 500 000 entreprises. Si beaucoup restent de taille très modeste, ou disparaissent rapidement, les exemples de succès sont nombreux (quoique souvent méconnus). Quel est le portrait type de l'entrepreneur qui réussit ? Sur quoi se base cette réussite en général ? Quelle est par exemple l'impact de l'innovation dans cette réussite ?

Erwan Le Noan : En France, 99% des entreprises ont moins de 50 salariés : elles sont donc très nombreuses, à durer en dépit des obstacles et des difficultés économiques. Il existe des profils très différents : d’après l’INSEE, en 2006, les créateurs avaient souvent plutôt la trentaine voire la quarantaine et dans leur écrasante majorité, ils créaient leur activité pour assurer leur propre emploi. L’entrepreneur n’est pas forcément un innovateur, c’est quelqu’un qui privilégie l’indépendance et choisit de travailler par et pour lui-même. Il faut une grande dose de volonté et travail ! Les "start-ups" sont des modèles de création d’entreprises innovantes et dynamiques, mais la création ne se limite pas à elles.

Eric Verhaeghe : Je ne suis pas sûr qu'il existe une méthode miracle pour réussir. Et je ne suis pas non plus sûr qu'une réussite soit analysable: elle fait appel à un facteur chance qui échappe aux analyses. Maintenant, on peut dire que le portrait-type de l'entrepreneur évolue. A une époque, un Bernard Arnault pouvait compter sur trois piliers pour faire fortune: son origine sociale, son diplôme et les subventions publiques (touchées à l'occasion de la reprise du groupe Boussac). Aujourd'hui, tous ces éléments sont beaucoup plus flous. Un "start-uper" ne sort pas forcément de Polytechnique, ses parents peuvent avoir des origines modestes, et l'intervention publique ne fonctionne pas. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 23/06/2014 - 11:38 - Signaler un abus Impayable, le laïus de Verhaegue sur l'éducation!

    Un quart d'incompétents, un quart de compétents, mais qui savent leurs missions inutiles, un quart qui attendent la retraite et un quart qui transgressent les règles absurdes que leurs imposent le mammouth...en prennent des risques pour eux-mêmes et pour leur familles! En résumé, des collabos d'un système idéologique mortifère et des résistants à ce système... Mais qui a produit ce monstre, qui n'a plus rien de comparable avec un gentil Mamouth de l'époque glaciaire?

  • Par crobard007 - 23/06/2014 - 12:32 - Signaler un abus Toujours le même problème d'expertise

    "Je ne suis pas de ceux qui pensent le coût du travail trop élevé" : Bien sur cette phrase ne provient pas d'un entrepreneur ayant crée des emplois, ce type d'analyse est toxique puisqu'elle est est prise comme argent comptant par nos décideurs perclus de démagogie. Une analyse erronée qui provient une fois de plus de de l'idéologie en place à Science Po. Comment éviter avec ce mode de raisonnement que l'excellence entrepreneuriale française ne s’exile à l'étranger ? Comme le souligne à juste titre l'auteur l'économie française se rapproche de celle des républiques bananières, nous en avons depuis longtemps d'ailleurs l'es dirigeants, les analystes et les penseurs au niveau de l'état. La catastrophe semble inéluctable.

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Erwan Le Noan

Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été rapporteur de groupes de travail économiques et collabore à plusieurs think tanks. Il enseigne le droit et la macro-économie à Sciences Po (IEP Paris).

Il écrit sur www.toujourspluslibre.com

Twitter : @erwanlenoan

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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