Zone franche
Sampling littéraire :
intertextualité, poil au nez !
Comme auteur et comme journaliste, Joseph Macé-Scaron a certainement beaucoup de talent mais c’est quand même un sacré copieur.

De Gary à Macé-Scaron, les tickets littéraires se suivent mais ne se ressemblent pas. Question narration de performances sexuelles de l'auteur, ce serait même plutôt le contraire... Crédit DR
Le débat sur le plagiat n’est pas nouveau, et les arguments des « pros » comme des « antis » sont tellement usés qu’ils finissent par ressembler au recyclage littéraire qu’ils prétendent déconstruire…
Sacrée mise en abyme.
Mais c’est peut-être (et je présente préemptivement mes excuses à quiconque aurait déjà émis le jugement qui suit) que tout ça n’est qu’une affaire d’opinion et de point de vue.
La Fontaine qui adapte Esope avec talent dans le contexte de la France de Louis XIV, c’est du vol ? Bien sûr que non. Le pipole dont le collaborateur anonyme prélève de gros extraits de la biographie d’un écrivain majeur pour en torcher une nouvelle et insipide mouture, c’est un plagiaire ? Bien sûr que oui.
Voilà mon point de vue sur la question. Rien de bien fracassant ? Vous aviez déjà lu ça quelque part ? Vous l’aviez même pensé avant moi ? C’est possible mais je vous avais prévenu.
L’affaire « Ticket d’entrée », si elle n’est pas aussi extrême que mon pathétique second exemple (je n’ai pas lu le livre de Macé-Scaron mais j’entends dire que les « emprunts » sont rares et que le travail original vaut le coup d’œil), nous conduit manifestement du côté obscur de la farce. Et pour tout son baratin sur l’art subtil de « l’intertextualité », il semble qu’il franchisse aussi régulièrement qu'allègrement les frontières qui séparent l’hommage du (gra)pillage.
Le minuscule auteur que je suis passe d'ailleurs trop de temps à fignoler ses pesants paragraphes pour imaginer qu’il soit possible d’oublier, à la relecture, que des guillemets ou une note de bas de page se sont faits la malle ici ou là… Ça n’empêche pas la récupération involontaire et subconsciente d’un truc lu ici ou là ― ecce homo[1] ―, mais le coup de la citation noyée par inadvertance dans sa propre prose, « bullshit » ![2]
On objectera qu’à l’heure du « sampling » comme forme légitime d’expression musicale, l’échantillonnage littéraire pourrait bien se voir accorder le rang de « genre » ― et pourquoi pas ? On pourra même rappeler que l’alphabet n’ayant jamais que 26 lettres, lorsqu’elles auront été combinées entre elles à 403 291 461 126 605 635 584 000 000 reprises une première fois, il ne sera plus possible d’écrire quoi que soit de nouveau, mais je crois qu’on aura alors quitté le terrain de la littérature pour celui des probabilités.
Pour le terrain de l’opinion et des points de vue, quoi…
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


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Tout à fait. Et on entre ici dans le seul débat pertinent, celui qui n'est apparu à peu près nulle part, celui sur la pertinence ou la qualité littéraire de l'œuvre de Macé-Scaron.
il ne faut pas confondre copier pour faire du remplissage et se nourrir pour édifier quelque chose de nouveau en l' ayant digéré par une réflexion
(...) Ces emprunts, souvent minuscules, personne ne les repère, c'est un plaisir très personnel. C'est la raison pour laquelle lire, pour moi, c'est déjà écrire : je recopie tellement. » (entretien avec Télérama, 2010).
Mieux vaut la roublardise d'un Macé-Scaron que l'intégrité littéraire d'un Max Du Veuzit ;-) qui devait peu pratiquer l'intertextualité.
Il n'y a pas de limite à la création littéraire. Pourquoi s'interdire d'emprunter. Jean-Jacques Schuhl : Une citation, juste pour la route : « J'adore voler, mes livres sont pleins de citations cachées, masquées, parfois juste deux ou trois mots, empruntés aux auteurs que j'aime. D'une certaine façon, moins il y a de moi dans un livre, plus je suis satisfait (...)
Ça ne marche pas toujours. "Pondichery", de Thierry Ardisson, répond exactement à ce cas de figure. Au final, le livre a terminé au pilon sur décision de l'éditeur.
pour gagner du fric ? Vous prenez un vieux bouquin à peine édité, contenant cependant quelques bonnes idées, et avec des "copié/collé" vous pouvez écrire un nopuveau bouquin entier ! Même le pseudo du gugusse incriminé a été pompé sur le célèbre macarron, c'est" vous dire" !
... ras le bol de ces critères établis par les éditeurs en favorisant la sélection des plus idiots d'entre nous ...
La conclusion me rappelle le fameux "singe dactylographe".
Il s'agit d'une loi se basant sur les probabilités pour expliquer qu'un singe mis devant une machine à écrire pendant un laps de temps non limité (scoop: un singe est plus patient que Macé Scaron!) finira par écrire tout ce qui a déjà été écrit : la bible, le goncourt 2011, etc...
.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_du_singe_savant
excusez-moi @Hugues Serraf
@Hughes Seraff envers l'opinion il y a les faits
c'est sympathique de vous voir à la matinale de C+
(la photo ne vous ressemble pas c'est étonnant)
il faut dire que Dupond Monod fait ds l'atelier d'écriture ce qui est faire dans l'imitation quand on n'a rien que du perlimpinpin et de la mièvrerie
d'ailleurs quand on n'a pas d'imagination ni de style et qu'on veut faire auteur on fait un écrit qui a pour objet l'histoire d'une vie particulière, et d'après le Robert1 ça s'appelle une biographie ce qu'elle réfute aussi
Macé-Scarron travaille pour Marianne, le journal qui fait la morale sur tout à tout le monde. Lorsque l'on appartient à un organe de presse aussi strict sur l'éthique, on se doit d'être sans tâche.
@Lepongiste: Pour passer du Figaro à Marianne, la souplesse des idées, peut-être? Remarquez que j'ai écrit souplesse, pas contorsion.
Ni Macé-Scaron ni son livre plagié ne valent ''un pet de lapin'' !!
Beaucoup de bruit pour rien...mais un constat il a bel et bien triché...
Lui un journaliste ? Non un militant revanchard , polémiste notoire depuis 2007, qui s'est abrité chez Marianne après avoir été viré avec perte et fracas du Figaro en Avril 2007.....
On se demande comment ce type a pu bosser au Figaro ?
Ni Macé-Scaron ni son livre plagié ne valent ''un pet de lapin'' !!
Beaucoup de bruit pour rien...mais un constat il a bel et bien triché...
Lui un journaliste ? Non un militant revanchard , polémiste notoire depuis 2007, qui s'est abrité chez Marianne après avoir été viré avec perte et fracas du Figaro en Avril 2007.....
On se demande comment ce type a pu bosser au Figaro ?