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Rupture ou continuité : ce que sera la diplomatie française au Moyen-Orient en cas de victoire de Marine Le Pen ou d'Emmanuel Macron

Conflit syrien, situation en Libye, lutte contre le terrorisme : autant de questions internationales importantes pour la France que les deux prétendants à l'Elysée envisagent différemment.

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Rupture ou continuité : ce que sera la diplomatie française au Moyen-Orient en cas de victoire de Marine Le Pen ou d'Emmanuel Macron

Atlantico : En cas de victoire d'Emmanuel Macron au 2e tour de la présidentielle, comment évoluerait la lutte contre le terrorisme par rapport à celle menée actuellement dans notre pays ?

Roland Lombardi : Pour répondre à cette question, je crois qu’il faut d’abord mettre en perspective le programme sur ce sujet des deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle.

Rapidement, d’un côté, nous avons, avec Marine Le Pen, la question de la lutte contre le terrorisme qui est la clé de voûte de son programme. Très lié à ses propositions sur la justice, la sécurité et l’immigration, le programme de Marine Le Pen sur ce thème est principalement axé sur un durcissement des mesures actuelles, voire des suggestions jugées trop sécuritaires par les bien-pensants mais qui, il faut le rappeler, sont relativement proches de celles du programme du candidat malheureux, François Fillon et de son principal conseiller à la sécurité, Eric Ciotti.

Son programme, comme l’était le programme de François Fillon d’ailleurs, a le mérite au moins de poser la question à propos, par exemple, de l’avenir des 10 000 fichés S, des associations et des organisations proches des islamistes, ou encore de la mise en place d’un véritable islam de France.

En revanche, du côté d’Emmanuel Macron et du parti En marche !, les mesures proposées sur la sécurité en général, et pour combattre le terrorisme, sont assez évasives et nébuleuses. En dépit de quelques propositions abstraites et assez banales comme l’augmentation des budgets ou la création de petits centres contre la radicalisation (qui existent déjà et qui ont déjà largement prouvé leur inefficacité), il n’y a pas de projets de fond et aucune référence n’est faite, par exemple, sur le problème et les dangers de l’islam radical en France.

Par ailleurs, une des dernières déclarations du candidat au second tour de la présidentielle faisant suite à la récente attaque des Champs Elysée, a de quoi inquiéter : "Moi, je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit" ! Cela est même choquant pour un ancien ministre qui a fait partie d’un gouvernement "en guerre" et qui a connu depuis deux ans une vague d’attentats sans précédent historique, causant la mort de près de 240 de nos compatriotes ! 

Ensuite, il y a eu la polémique sur Mohamed Saou, un référent du parti En Marche !, dont Emmanuel Macron a fait un portrait élogieux alors que celui-ci est connu pour ses liens sulfureux avec l’islam politique… Puis, le soutien à Emmanuel Macron de l’UOIF, organisation proche des Frères musulmans et, rappelons-le, considérée comme organisation terroriste par de nombreux pays, peut légitimement inquiéter certains électeurs quant à la prise de conscience du finaliste du second tour sur cette question, pourtant primordiale, de l’islamisme en France…

Enfin, au sujet de l’immigration, là encore, Emmanuel Macron est peu prolixe. Une de ses rares propositions consiste simplement à examiner les demandes d’asile en moins de 6 mois, recours compris. Vous me direz que cela n’a rien d’étonnant de la part de celui qui saluait, il y a quelques mois, la politique menée par la chancelière allemande Angela Merkel en faveur de l’accueil des réfugiés… Apparemment donc, Emmanuel Macron, comme beaucoup de responsables français et européens, n’a pas encore compris que la crise des migrants est peut-être la plus grande crise géopolitique qu’est en train de connaître l’Europe.

Pour conclure et répondre enfin à votre question, je pense que la lutte contre le terrorisme sous la présidence d’Emmanuel Macron ne connaîtra finalement pas d’évolution majeure par rapport à la politique actuelle. J’ai donc bien peur, qu’au-delà des efforts et du travail remarquable de nos services, le prochain président Macron, comme son prédécesseur, se complaira encore dans le déni des réalités et gèrera, malheureusement, la menace au "coup par coup"… jusqu’au futur attentat de masse qui touchera une nouvelle fois notre territoire. 

 
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  • Par vangog - 01/05/2017 - 10:24 - Signaler un abus Marine Le Pen: diplomatie moderne dialoguant avec

    tous les gouvernements démocratiques, et adaptée au monde multipolaire d'aujourd'hui et de demain! Macron-Soros: continuité de la diplomatie de phoques islamophiles et du léchage de babouches!...

  • Par toupoilu - 01/05/2017 - 12:04 - Signaler un abus C'est vrai que sur les questions régaliennes, il n'y a pas photo

    .

  • Par langue de pivert - 01/05/2017 - 18:50 - Signaler un abus Voter n'est pas un jeu et engage votre responsabilité...

    Les électeurs de Macron auront le sang des prochaines victimes des rats d"allah sur les mains comme ceux qui ont voté Hollande ont 239 morts sur la conscience. (sans compter nos garçons morts en Afrique (au Mali comme ailleurs sous-traités à des régimes corrompus comme de vulgaires mercenaires par Hollande) La racaille de banlieue prépare déjà les drapeaux pour dimanche ! Je n'ai besoin de l'état que pour ses fonctions régaliennes : assurer la sécurité extérieure par la diplomatie et la défense du territoire ; assurer la sécurité intérieure et le maintien de l'ordre public avec, notamment, des forces de police ; définir le droit et rendre la justice ; détenir la souveraineté monétaire en émettant de la monnaie, notamment par le biais d'une banque centrale ; détenir la souveraineté budgétaire en votant le budget de l'État, en levant l'impôt et en assurant la gestion des finances publiques. Pour le reste emploi, revenus, logement etc je n'ai besoin de rien ni de personne. Pour cela je voterai Le Pen dimanche et pour le FN en juin sans état d'âme puisque c'est le seul choix qui me reste.

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Roland Lombardi

Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste chez JFC-Conseil. Il est par ailleurs docteur en histoire et chercheur associé à l'IREMAM, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman d’Aix-Marseille Université, également membre actif de l’association Euromed-IHEDN.

Il est spécialiste des relations internationales, particulièrement de la région du Maghreb et du Moyen-Orient, ainsi que des problématiques de géopolitique, de sécurité et de défense.

Sur Twitter @rlombardi2014

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