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Crise de l'emploi

Publié le 26 novembre 2011

Royaume-Uni : vers la préférence nationale pour lutter contre le chômage ?

La politique de l'emploi menée sous Tony Blair est aujourd'hui contestée de l'autre côté de la Manche. Le gouvernement de David Cameron entend renforcer le contrôle de ses frontières et privilégier l'accès au travail pour les Britanniques.

 
Entre juillet et septembre 2011, le nombre de Britanniques en activité a baissé de 311 000, tandis que le nombre d’étrangers employés au Royaume-Uni a augmenté de 181 000.

Entre juillet et septembre 2011, le nombre de Britanniques en activité a baissé de 311 000, tandis que le nombre d’étrangers employés au Royaume-Uni a augmenté de 181 000. Crédit Reuters

Le Royaume-Uni est confronté à la plus grande augmentation du chômage depuis 1994. Le nombre de chômeurs a aujourd’hui dépassé la barre des 2,62 millions (8,3%) et plus d’un million de jeunes âgés de 16 à 24 ans sont sans emploi. Le taux de chômage dans le Nord-Est atteint 11,6% tandis qu’il est à 6,3% dans le Sud-Est. Force est de constater que le marché du travail est en crise face à la baisse des prévisions de croissance à 1% (pour 2011 et 2012) et face à la crise de l’eurozone qui frappe de plein fouet le Royaume-Uni, fortement dépendant du commerce avec le reste de l’Union Européenne.

Problème : cette hausse du chômage n’est pas répartie très équitablement au sein de la population résidant en Grande-Bretagne…

Entre juillet et septembre 2011, le nombre de Britanniques en activité a baissé de 311000, tandis que le nombre d’étrangers employés au Royaume-Uni a augmenté de 181000, soit de 495 par jour. Outre les tensions sociales que cette situation peut créer, ceci pose un problème réel au gouvernement britannique qui doit faire face à une augmentation des allocations chômage dans un contexte de déficit budgétaire.

Les entreprises britanniques privilégient la main d’œuvre étrangère qualifiée au détriment des Britanniques qu’ils accusent d’être moins ponctuels et moins fiables que leurs concurrents. Les Français hautement qualifiés viennent d’ailleurs travailler à Londres dans le domaine de la finance et des affaires, où ils sont très appréciés et où le marché du travail est plus flexible, ouvert et méritocratique qu’en France. Ils constituent une communauté croissante de plus de 400 000 personnes installées dans la capitale.

Les années Blair en question 

Il y un an, le 20 novembre 2010, le ministre conservateur du Travail et des Retraites, Iain Duncan Smith, interrogé par The Economist, s’est indigné que plusieurs millions d’emplois aient été pris par des étrangers pendant les années Blair parce que les Britanniques n’étaient pas suffisamment qualifiés. Plus d’1,4 million de Britanniques ont touché une allocation de chômage au cours des neuf dernières années. Un an plus tard, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Chris Grayling, a réaffirmé sa volonté de réduire le nombre d’étrangers qui prennent des emplois que pourraient exercer les Britanniques.

Le Daily Mail du 17 novembre 2011 fait le procès de l’immigration et de la réduction des contrôles aux frontières décidée par le ministre de l’Intérieur, Theresa May avant l’été 2011. L’arrivée massive de travailleurs étrangers risque de créer des antagonismes avec la population locale, qui pourrait subir les contrecoups de cet afflux en termes d’emploi et de logement. Cette question délicate devra faire l’objet d’un traitement particulier du gouvernement.

Il serait peut-être est surtout grand temps de mettre un terme à la culture de l’assistanat et de faire appliquer les mesures présentées par Iain Duncan Smith dans le cadre du Welfare Reform Bill. Le gouvernement de coalition veut réformer l’État Providence et créer un système plus juste d’indemnisation du chômage. A l’avenir, ceux qui refuseront une offre d’emploi perdront leur allocation hebdomadaire de £64 pendant trois mois. Ceux qui refusent un second emploi se verront privés de leur allocation pendant un an et ceux qui refusent une troisième offre d’emploi perdront leur allocation de chômage pendant trois ans. Le gouvernement français pourrait s’inspirer de ces mesures pour lutter contre le chômage de longue durée.

Dans son premier discours de Premier ministre le 11 mai 2010, David Cameron a annoncé le retour à une éthique du travail et de la responsabilité. Les conservateurs souhaitent encourager le travail et réduire la fraude sociale, à l’aide de sanctions. Ils ont fort à faire en cette période d’austérité qui diminue les marges de manœuvre de l’État et des entreprises et qui réduit la consommation des ménages. Mais comment les pouvoirs publics pourront-ils influer sur la politique d’embauche des entreprises et encourager le patronat à employer en priorité des Britanniques plutôt que des étrangers, sans remettre en cause le libéralisme si cher au Royaume-Uni ?

 
Commentaires

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  • Par cappucino - 27/11/2011 - 00:14 - Signaler un abus C'est une belle manipulation tout cela

    En fait, la GB va finalement arriver à ce que les anglais acceptent les salaires que les entreprises proposent aux étrangers (ex : polonais) qu'ils exploitent (ils ne sont pas tous trader à gagner des bonus). C'est cela la bonne idée. Faut quand même être culotté pour annoncer ce genre de mesures. On ne parle pas d'augmentation de salaires bien sur mais de suppression de droits aux allocations.

  • Par lorrain - 26/11/2011 - 22:56 - Signaler un abus amusant

    quand les anglais parlent préférence nationale, on dit que ce sont des politiques avisés, quand c'est un français de droite c' est un sale facho .... en fait, il faudrait importer des politiques anglais pour prendre ce genre de décision sans avoir de problème avec les bien-pensants

  • Par pifousan - 26/11/2011 - 20:29 - Signaler un abus Un problême Européen

    Le grave problême évoqué aujourd'hui pour la Grande Bretagne se trouve, à différents niveaux, dans la plupart des pays européens . Ces dernieres semaines on évoquait également lEspagne ...
    Il faut en effet oublier le laissez-aller des trois dernières décennies ainsi que les discours complètement délirants qui voulaient nous faire gober l'idée que l'Europe avait besoin de plus d'immigration ...

  • Par ciceron - 26/11/2011 - 20:24 - Signaler un abus Pas si vite !

    Mme S L, vous dites que les conservateurs (ces noirs corbeaux) veulent réformer l'Etat providence et vous citez les mesures.
    Mais c'est pile poil les mesures prises à son époque par Tony Blair du New Labour, non ? C'était en gros dans son programme et cela a horrifié les vieux travaillistes quand il a fait passer ces mesures à la chambre.
    Et puis, si Marine lit votre titre elle va crier copieur !!

  • Par fms - 26/11/2011 - 14:32 - Signaler un abus emploi des étrangers et émeutes...

    Je croyais que les immigrés anglais ne trouvaient pas de travail, maintenant ce sont les britanniques... Au final, à la relecture de l'article, il semblerait que tout soit de la faute des 400 000 français installés à Londres dans la Finance !
    C'est ça, non ?

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