Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 29 Juin 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Robotisation et intelligence artificelle : pourquoi les femmes devraient être les grandes gagnantes de la révolution technologique qui vient

La mutation technologique va transformer le monde du travail, on le sait tous. Ce dont on se rend moins compte, c'est qu'elle va toucher différemment les femmes et les hommes. Comment les femmes pourront-elles tirer leur épingle du jeu ? Explications…

La fin du patriarcat ?

Publié le
Robotisation et intelligence artificelle : pourquoi les femmes devraient être les grandes gagnantes de la révolution technologique qui vient

La patronne de Yahoo Marissa Mayer a vu son salaire augmenter de 69% cette année. Crédit EPA/LAURENT GILLIERON

Comment les femmes peuvent-elle aborder la mutation technologique ? C'est une question pertinente, car la transformation du monde du travail qu'annoncent la robotisation et l'intelligence artificielle ne touchera pas pareillement les hommes et les femmes.

En effet, le World Economic Forum, organisation qui gère le Forum de Davos mais publie également de nombreuses études rigoureuses, signale dans son dernier rapport sur l'avenir de l'emploi que l'impact de la mutation technologique sera différent selon les sexes. Le Forum de cette année, qui s'ouvre en ce moment, a justement pour thème la mutation technologique.

A LIRE AUSSI : "Pourquoi les robots ne vont pas détruire tous nos emplois… mais les changer profondément

Les femmes exposées

Dans un angle seulement statistique, sur les 5,1 millions d'emplois nets détruits selon la fondation suisse, les hommes sont majoritairement concernés – 2,65 millions, soit 52%, contre 2,45 millions pour les femmes, soit 48% du total. Cependant, les femmes tirent-elles un avantage de ce changement technologique ? Pas vraiment car pour WEF, le secteur qui connaît le plus de destruction d'emplois est celui du personnel administratif, dans lequel la proportion de femmes employées y est majoritaire (54%). Et ce, d'autant plus que c'est le secteur où les femmes ont le plus de facilités à pouvoir être recrutées, selon les données du rapport.

A contrario, dans des secteurs "gagnants" de la mutation, tels l'ingénérie, l'architecture ou l'informatique, les femmes sont traditionnellement sous-représentées. Selon le rapport, le nombre de femmes employées dans ces secteurs pourrait également baisser d'ici 2020.

Des secteurs féminins en croissance

Ceci dit, tout n'est pas noir. En effet, certains secteurs où les femmes sont sur-représentées sont en croissance.

A commencer par le secteur de la santé. Le vieillissement de la population qui se constate non seulement dans les pays riches, mais dans tout le globe (sauf l'Afrique sub-Saharienne) occasionne naturellement une plus grande demande de services de santé. L'année dernière aux Etats-Unis l'emploi dans la santé a connu sa plus forte croissance depuis 1991, et la France a un avantage comparatif sur la santé grâce à son système de santé, souvent classé numéro 1 au monde par l'Organisation mondiale de la santé.

Plus généralement, alors que l'économie s'éloigne de l'industrie et se concentre plus sur les services, les secteurs plus féminisés ou féminisables comme la distribution, le commerce, la vente, le marketing, ont le vent en poupe.

Des emplois transformés…vers des compétences plus féminines

La question de la mutation technologique n'est pas seulement celle de savoir quels emplois seront détruits ou créés, mais aussi de savoir comment la mutation technologique va transformer les emplois existants. C'est ce qu'étudie un rapport publié par le cabinet de conseil McKinsey.

Ce rapport, déjà décortiqué par Atlantico, est important et éclairant parce qu'il ne regarde pas les emplois qui seront détruits, mais les tâches qui seront automatisées. La conclusion du rapport est que moins de 5% des emplois existants seront complètement automatisés, mais que par contre 45% des tâches que nous effectuons le seront. Et donc si nous garderons peut être nos emplois, ceci seront transformés.

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jonathan Baudoin

Jonathan Baudoin est journaliste.

Voir la bio en entier

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€