Le succès d'Intouchables étonne et questionne. Est-il légitime ? Comment peut-on encore rire par les temps qui courent ? N’est-on pas en crise, en guerre, au bord du gouffre ? L’explication donnée alors est que c’est un rire pour résister et lutter contre l’apocalypse annoncée. Et s’il n’en était rien, et si ce rire, en fait, était le signe d’une mutation plus profonde ?
Le paradoxe à pointer est effectivement la concomitance du rire et de la crise. Mais, d’abord, de quelle crise parle-t-on ? Au-delà des crises économiques et financières qui sont devenues notre lot quotidien, il y a une crise autrement plus profonde, une crise sociétale qui remet en cause les valeurs fondatrices de la modernité. Cette modernité qui, rappelons-le, démarre à la Renaissance et porte les valeurs des Lumières. C’est cette période sociale qui arrive à saturation : ainsi le politique est impuissant, la famille est recomposée, la Science a généré Hiroshima et la vache folle tout en restant impuissante devant le sida et le cancer, et l’ascenseur social est en panne. Tout cela commence à être bien connu et bien analysé, du moins par ces sociologues dont la démarche se veut plus compréhensive qu’explicative.
Le rire est devenu omniprésent
Le paradoxe est que cette crise sociétale est accompagnée d’une carnavalisation généralisée de la société. Carnavalisation tellement évidente qu’à l’instar de la lettre d’Edgar Poe, nous ne la voyons pas. De tous côtés, et sans que l’on s’en rende compte, jaillissent d’incontrôlables éclats de rire, l’attitude humoristique étant devenue le mode de communication imposé à l’ensemble du monde social.
A la Gay Pride succède la Techno Parade, pour laisser place à la Fête de la musique, à la Nuit blanche et à toutes sortes de manifestations festives et ludiques. Il n’est pas possible de regarder la télé, d’écouter la radio, de lire le journal, sans fatalement tomber sur une émission axée sur le rire, une discussion à base de jeux de mots, un dessin humoristique. Les grands succès au cinéma sont des comédies, et les acteurs les plus bankables sont les comiques. Tout le monde s’y met. Je suis drôle, tu es drôle, nous sommes drôles. Le rire devient obligatoire, omniprésent et concerne tous les domaines de la vie sociale : publicité, télévision, cinéma, politique. Même l’entreprise s’y met, la bonne humeur doit être affichée et le fun est une valeur revendiquée.
Le rire comme renaissance
Nous retrouvons cette concomitance de la crise sociale et de la généralisation à chaque changement social majeur (les fêtes débridées de la décadence romaine, la carnaval à la Renaissance, etc.), et pour ce qui nous concerne un passage de la modernité à la postmodernité. Cette obligation de rire traduit le fait que les valeurs de la modernité sont en train d’éclater, qu’une période sociale est en train de mourir et qu’une autre est en train de commencer. Et si ce n’est pas dans les têtes, c’est déjà dans les faits. Le rire a ainsi cette caractéristique fondamentale de détruire et construire dans le même mouvement, d’être une violence fécondante. Autrement dit, mourir de rire équivaut à une renaissance. Ce n’est plus le rire de résistance à la Guy Bedos, rire critique qui veut changer les choses. Le rire que véhicule Intouchables ne revendique rien, il accepte le monde tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit. Un rire qui dit oui à ce qui est et qui fait avec. Rire pour ne pas mourir, réagir au désespoir par un rire libératoire et cathartique. Un rire vitaliste en somme.
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Dans mon nuage je suis sage,
et je rêve, je rêve,
Etre élu
Renogocier le projet de traité sur des sujets refuser par tous les autres partenaires
60 000 postes inutiles d'enseignants,
La retraite à 60 ans
Demain on rase gratis
Dans mon nuage les images
sont plus belles qu'au dehors
si j'en juge encore par la nouvelle déclaration du flan Hollande :
François Hollande, le candidat PS à la présidentielle,
entend "renégocier", s'il est élu président de la République en 2012, l'accord sur le projet de traité européen trouvé vendredi dernier à Bruxelles, en "y ajoutant ce qui lui manque", a-t-il annoncé lundi.
Lui qui est incapable de négocier quoi que ce soit à l'intérieur du PS
Le PS l'a bien compris, qui apporte chaque jour sa "grosse" pierre à l'édifice et peut-être même, à force de dérider ses contemporains, va-t-il gagner des quantités de voix car, il faut bien se l'avouer, les Fillon, Pécresse et autres Morano sont nettement moins drôles ! Notre François du Centre, comique patenté et digne successeur de Coluche, n'est pas mal non plus, à la vérité !