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Révolutionnaire malgré lui : la puissante découverte technologique réalisée par l’inventeur du Bitcoin en même temps qu’il créait la monnaie virtuelle

Si le Bitcoin évoque surtout un système de paiement sur Internet sans intermédiaire, les technologies utilisées pourraient en fait déboucher sur d'autres applications concrètes, notamment dans la mise en place de systèmes électoraux numériques fiables.

A l'insu de son plein gré

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Révolutionnaire malgré lui : la puissante découverte technologique réalisée par l’inventeur du Bitcoin en même temps qu’il créait la monnaie virtuelle

Le Bitcoin est une monnaie virtuelle. Crédit Reuters

Alantico : Le Bitcoin, cette monnaie virtuelle, ne passe pas par des intermédiaires de paiement comme Paypal. Comment sait-on que les transactions sont fiables, si aucun organisme certificateur n'intervient ?

Pierre Noizat : Il faut d'abord se méfier d'une terminologie trompeuse: "bitcoin" désigne à la fois un réseau bien réel et une monnaie numérique tout aussi réelle, non une monnaie "virtuelle". Numérique n'est pas synonyme de "virtuel". Je ne sais d'ailleurs pas ce que signifie le vocable "monnaie virtuelle" mais toutes les monnaies sont aujourd'hui très majoritairement utilisée sous forme numérique. Il n'y a pas non plus d'étalon-or qui permettrait de distinguer une monnaie numérique d'une autre. Il y a simplement des monnaies numériques gouvernées par des règles financières comme l'euro et des monnaies numériques gouvernée par des règles informatiques comme bitcoin.

Le mot "virtuel" a été employé par la BCE pour désigner toute monnaie qui n'est pas l'euro dans un rapport qu'elle a publié en 2012, rapport qui mêlait une technologie libre (bitcoin) et une monnaie privée (les Linden Dollars). Cet amalgame relève plus de la propagande que de l'information qu'on serait en droit d'attendre d'une organisation (la BCE) censée être au service des Européens. Dans ce rapport, la BCE se permettait d'écrire des énormités comme le fait que bitcoin menacerait sa crédibilité. Quand on sait que la BCE est dirigée par un ancien de Goldman Sachs impliqué dans des manipulations de comptes frauduleuses en lien avec l'entrée de la Grèce dans la zone euro, c'est tout simplement risible: la BCE n'a plus aucune crédibilité depuis cette nomination.

Concernant la vérification des transactions, il faut comprendre que toutes les transactions bitcoins sont visibles en clair sur internet : tout le monde peut télécharger la base de données complètes des transactions ( la "blockchain") sur son ordinateur en installant simplement un porte-monnaie bitcoin sur son ordinateur (par exemple depuis bitcoin.org). 

Les transactions bitcoin ne sont pas cryptées contrairement à une conception erronée répandue par les lobbies. Elles sont simplement signées électroniquement par le payeur qui transfère la propriété de bitcoins ou d'une fraction de bitcoin d'une adresse bitcoin (la sienne) à une autre (celle du receveur).

Les unités de compte bitcoins sont créés à intervalle régulier et en quantité limitée (il ne peut pas exister plus que 21 millions de bitcoins sur le réseau bitcoins) dans des transactions spéciales dites transactions de génération.

Là encore il faut garder à l'esprit que les euros sont créés eux aussi "ex nihilo" dans des transactions spéciales qui sont des transactions de crédit. Chaque fois qu'une banque émet un prêt elle crée une quantité d'euros égale au montant du prêt: la création monétaire des euros se fait par un jeu d'écritures comptables. Pour créer 10 000 euros, la banque écrit d'une part 10 000 € à son passif comme une dette qu'elle vous doit quand les euros sont virés sur votre compte : le solde de votre compte est en effet la dette que la banque a envers vous. Elle écrit d'autre part à son actif une dette du même montant, 10 000 €, que vous devez lui rembourser. Le tour est joué. Les euros circulent ensuite au sein de transaction de paiement dans les livres de comptes des banques.

 
Commentaires

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  • Par BonSensPaysan - 28/04/2014 - 17:30 - Signaler un abus Je vais plutôt apprendre le chinois

    J'ai relu plusieurs fois l'explication, mais je n'ai toujours rien compris au système de vote par bitcoin. Cela ne doit pas être pour moi...

  • Par walküre - 28/04/2014 - 17:51 - Signaler un abus Il n'existe aucun système fiable

    en matière électorale, et encore moins avec l'informatique. Déjà que les élections sont truquées à 75% dans le monde, avec le bidouillage 11110010101110101101 on se marre. Même les Martiens vont voter.

  • Par bluetooth4 - 28/04/2014 - 18:42 - Signaler un abus encore un domaine

    ou la france sera à la traîne...

  • Par jirem - 29/04/2014 - 00:11 - Signaler un abus un systeme sûr ?

    des hackers n ont ils pas derobe recemment des millions de bitcoin sans pouvoir les retracer (principe du bitcoin)... ?! tout ce qui est informatique a une faille.

  • Par michels - 29/04/2014 - 06:36 - Signaler un abus FLOU=LOUP

    Oui comme pour un autre commentaire, pour moi l'explication reste floue. Comme disait MARTINE, quand c'est flou, il y a un loup. Cela semble pour le moment être un rêve utopique car comment expliquer ce fonctionnement à un citoyen "ordinaire" lorsqu'il ne doit y avoir que 5% qui ont compris le mécanisme. Je retiens quand même un point : pour voter il faudrait payer ! (ou alors je n'ai même pas compris cela !)

  • Par Rawan - 29/04/2014 - 12:42 - Signaler un abus Cimetière de billets de banque

    Article très intéressant. Mais à voir les réactions, mon petit doigt me dit que la France, après avoir loupé le reste, va aussi complètement louper le coche des monnaies libres : c'est donc en France que se retrouveront au final les cimetières de billets de banque, billets fourgués par le reste du monde au dernier qui les acceptera, en échange de toutes ces belles choses qui auront conservé de la valeur !

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Pierre Noizat

Avant de co-fonder Paymium, une start up consacrée aux technologies de paiement innovantes, Pierre Noizat a travaillé entre 2005 et 2011 pour le groupe Orange, notamment en Dirigeant l’AFSCM (Association Française du Sans Contact Mobile). Dans ce rôle, il a travaillé avec les opérateurs télécom et les développeurs d’application pour spécifier une platforme mobile innovante avec la technologie NFC («sans contact»).

Pierre Noizat a une expérience internationale de près de 20 ans dans le marketing et l’innovation technologique, contribuant notamment au succès de projets marquants comme le lancement de DirecTv aux USA ou celui de TPS en France. Il a reçu un master (MBA) de l’université de Columbia à New York en 1991 et est diplômé de l’Ecole Polytechnique.

Pierre Noizat est l'auteur de Bitcoin, monnaie libre.

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