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Révolution de la périurbanisation : pourquoi la France n’est pas franchement prête à la nouvelle manière qu’ont les Français de l’habiter

Malgré les nombreuses politiques qui visent à limiter l'étalement urbain, les Français s'installent de plus en plus dans des petites communes périurbaines. Ce phénomène change profondément les habitudes des commune, modifiant ainsi la dynamique de notre territoire.

Le Rat de ville et le Rat des champs

Publié le - Mis à jour le 6 Janvier 2017
Révolution de la périurbanisation : pourquoi la France n’est pas franchement prête à la nouvelle manière qu’ont les Français de l’habiter

Atlantico : L’INSEE, dans ses dernières statistiques démographiques, montre que depuis 2009 la croissance démographique des grandes villes est moindre que la moyenne nationale, la population se tournant vers des communes plus petites. Quelles sont les causes de cet exode urbain français ?

Laurent Chalard : Tout d’abord, il convient de rappeler que les données de l’Insee sont issues du recensement rénové, recensement qui repose désormais sur un sondage annuel pour les communes de plus de 10 000 habitants, ce qui sous-entend que la fiabilité des données est moindre que pour les communes de moins de 10 000 habitants, recensées de manière exhaustive tous les cinq ans.

Il est donc possible que la population de certaines communes de plus de 10 000 habitants soit sous-estimée.

Cependant, la tendance générale constatée, qui est la même que dans les décennies précédentes, est incontestable. En effet, depuis le recensement de 1975, se constate sur l’ensemble du territoire national un phénomène de périurbanisation, c’est-à-dire de croissance démographique maximum constatée dans les communes rurales se situant à proximité des villes, qui bénéficient de l’afflux d’actifs urbains préférant vivre à la campagne tout en continuant à travailler à la ville. Le phénomène a été consécutif de la démocratisation de l’automobile, du « retour vers la nature » et des facilités d’accession à la propriété en logement individuel.

Cette tendance est donc structurelle et, pour l’instant, rien n’indique qu’elle va prendre fin, les différents sondages, de ces dernières années, sur la question témoignant du fait que les français continuent de plébisciter la maison individuelle. Il existe néanmoins des variations conjoncturelles, la périurbanisation étant plus importante en période de croissance économique (début des années 2000) qu’en période de crise (milieu des années 1990), où les gens ont moins d’argent pour acheter un logement individuel, retardant dans le temps leur départ de la ville.

Ce phénomène de départ de la population vers l’espace périurbain modifie le paysage démographique français. Concrètement quelles sont les conséquences de ces départs sur le territoire ? Budgets territoriaux, infrastructures... Quels enjeux est-ce que ce phénomène soulève ?

La première conséquence est l’étalement urbain. Les campagnes proches des villes se couvrent de lotissements groupés (en Alsace) ou diffus (en Provence-Alpes-Côte-d’Azur) selon les régions. Parallèlement, des centres commerciaux périphériques se multiplient. La ville change d’échelle, les campagnes s’urbanisent progressivement, créant un espace  semi-urbanisé.  Cela est source d’embouteillages et de pollution, la voiture étant le seul moyen de locomotion, avec une pression croissante sur les infrastructures routières.

La deuxième conséquence est  la désertification commerciale des centre-villes, qui perdent de leur attractivité car les habitants de l’espace périurbain fréquentent désormais en préférence les centres commerciaux ainsi que les lieux de loisirs périphériques. Le phénomène est particulièrement marquant dans les villes moyennes, dont l’offre en services anomaux est beaucoup moins importante que dans les grandes métropoles.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 03/01/2017 - 10:23 - Signaler un abus Le ton de l'article suinte l'arrogance

    bobo écolo des habitants des hypercentre villes de plus de 1million d'habitants. Oui les Français veulent de la nature, des maisons individuelles et des voisins comme eux Français. Tant pis pour le transport à bestiaux (pardon "en commun"), le vivre ensemble en vrac de la grande ville et ses "infrastructures" si merveilleuses dans une "qualité de vie" merdique comme le fournit la grande ville. Ce modèle horrible dont Paris est l'emblème est une abomination!

  • Par goethe379 - 03/01/2017 - 10:26 - Signaler un abus Nouveau?

    Cette migration n'a rien de nouveau. Pour cette raison, elle engage la responsabilité de nos gouvernants... déjà bien entachée par ailleurs

  • Par zouk - 03/01/2017 - 12:09 - Signaler un abus Développement périurbain

    Triste perspective, que reste-t-il d'autre que boulot, metro, dodo, plus abrutissement par une télévision de plus en plus proche de l'illettrisme.? Où seront concerts, musées et autres babioles?

  • Par Fred VS - 03/01/2017 - 12:39 - Signaler un abus en gros

    si je comprends bien on va nous dire là ou il faut habiter...

  • Par lafronde - 03/01/2017 - 12:40 - Signaler un abus Volonté communautaire et cote de l'immobilier.

    Observer le marché de l'immobilier urbain indique clairement une exigence : les français solvables fuient le melting-pot diversitaire, ils ne veulent pas "vivre ensemble" avec n'importe qui, comme la République veut les y contraindre. Dans cette quête d'une vie quotidienne vivable, fondée sur la résurrection d'une communauté nationale, dissoute par l'irruption de classes d'immigration indésirables : assistés, non-francophones, islamistes, clandestins, délinquants, hostiles... les français européens sont rejoints par les classes d'une immigration de bon aloi, et qu'ils acceptent volontiers : actifs, francophones, musulmans non revendicatifs, immigrés non récriminants, bref des gens sachant vivre comme nous, selon l'adage antique "à Rome, fais comme les romains", et sans doute heureux de ce choix de vie. Si la République et ses politiciens progressistes comprenaient cette exigence de vie tranquille, alors la Ville pourrait se densifier, sinon les citoyens continueront à la fuir. Malheur aux politiciens, idéologues, urbanistes d'un pouvoir coercitif et constructiviste. Fillon n'a-t-il pas promis l'abolition des lois ALUR et SRU ?

  • Par Deneziere - 03/01/2017 - 14:50 - Signaler un abus Triste alternative

    Deudeuche et lafronde ont en partie raison. Mais quand on aime les paysages français, il faut bien reconnaître que le mitage du aux lotissements est morne. Et que la vie en zone péri-urbaine l'est aussi. Si encore il y avait un vrai repli identitaire positif, avec une vie commune qui va avec; mais même pas. Ce sont des zones dortoir où les habitants se côtoient à peine. En gros, ils ont échangé la racaille contre une vie terne. Belle alternative laissée à la jeunesse de France : soit elle tourne autour du rond point de Lidl avec son scooter, soit elle se le fait voler par un allogène.

  • Par Deudeuche - 03/01/2017 - 16:13 - Signaler un abus @zouk

    concerts et musées sont joignables à volonté, pas la peine de vivre à côté du musée sauf si l'on veut habiter dans 30m2 et prendre le métro ou être comme une fourmi près des salles de concert où s'aglutinnent les sociétalement avancés!. Vive la forêt, la rivière, le village et les gens dits normaux. pas besoin de vivre dans un lotissement, non plus.

  • Par Anouman - 04/01/2017 - 11:15 - Signaler un abus Habitation

    Souvent les gens préfèrent aller dans la petite commune car les taxes sont moins élevées. Ils y sont incités par le fait qu'il y a des terrains constructibles. Ce sont donc les maires qui favorisent ces mouvements dans un sens et dans l'autre. Par ailleurs les nouvelles lois d'urbanisme permettent de construire sur un mouchoir de poche ce qui favorise l'entassement des cages à poule. Il faut arrêter de se plaindre de ce qui est mis en place par les élus, il vaudrait mieux choisir des élus un peu plus intelligents.

  • Par lepaysan - 04/01/2017 - 23:13 - Signaler un abus C'est le résultat des politique menées

    La qualité de vie est bien meilleure en peri urbain, plus d'espace, moins d'impôts locaux, on peut se garer et la nature. Les centres ville sont tristes et vides ( à exemple de Poiters dont le centre ville est desert et devenu un musée), un park thématique comme dit un ami anglais.

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Laurent Chalard

Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.

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