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Les Revenants, la série dont on ne revient pas

Le dernier épisode des Revenants est diffusé ce lundi sur Canal Plus. Décryptage d'une série aussi effrayante que Twin Peaks et aussi mystérieuse que le Village des Damnés, qui a su imposer un style bien à part.

Flippant !

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Les Revenants, la série dont on ne revient pas

Le dernier épisode de la série Les Revenants est diffusé ce lundi. Crédit DR

Les Revenants, qui a su captiver les abonnés de Canal Plus, se termine ce lundi. Il est temps de revenir sur cette série qui a su imposer un style bien à part. Commençons par le générique, mettant en scène des animaux noyés flottant entre deux eaux comme une version aquatique de la boutique Deyrolle, et par l'intrigue, a priori banale puisqu'il est question de morts qui reviennent parmi les vivants, mais pourtant originale, puisqu'il ne s'agit point de vampires romantiques ni de zombies décérébrés mangeurs de chair humaine.

Quoi que. Dans le genre vampire, le personnage de Simon, gueule d'amour au regard sombre, tout de noir et blanc vêtu, pourrait tout aussi bien incarner une de ces créatures nocturnes qui déchainent les passions des adolescentes. Coté zombie, il y a quand même Serge, tué par son frère à coups de pelle sept ans plus tôt, qui mange plus souvent que nécessaire les viscères de jeunes imprudentes s'aventurant dans LE passage souterrain mal éclairé de la cité HLM (alors que l'évidence de ne pas s'y aventurer devrait normalement s'imposer).

Arrêtons nous également sur les lieux improbables où se déroule l'intrigue : une ville moyenne, cernée de montagnes (genre Annecy) au bord d'un barrage (genre EDF), une médiathèque flambant neuve (genre financée par le conseil régional), une cité fleurie avec un tunnel spécial agressions (genre Irréversible), une gendarmerie dotée de seulement quatre agents (genre Dexter), un lotissement aux maisons toutes identiques (genre déprimant), une ferme isolée dans la montagne (avec deux cadavres enterrés dans le pré attenant en dehors de toute réglementation légale), une cabane de taxidermiste (genre Norman Bates), un centre d'accueil pour les déshérités avec vue sur la ville (genre Mulholland Drive), un entrepôt faisant office de bar pour des jeunes qui jouent au billard (genre n'importe où aux US) et un restaurant qui ressemble à un Denny's America's Diner (mais dont le patron ferait la gueule).

Des endroits qui ne donnent pas vraiment envie de vivre à la montagne et encore moins d'y retourner quand on est mort. À noter cependant que la majorité des scènes se déroule dans la cuisine de la mère de Camille, constamment blonde et la larme à l’œil, qui semble passer la plus grande partie de son existence à préparer des sandwiches pour les morts qui débarquent régulièrement chez elle.

Mais, l'essentiel de la série, ce sont les personnages, et le fait que, si la plupart des morts sont bien vivants, la plupart des vivants sont morts. Ils portent un poids qui ne leur permet pas de vivre et dont on découvre les funestes secrets au fil des épisodes : l'infirmière lesbienne poignardée, abandonnée et définitivement traumatisée, le tenancier du bar qui a tué son frère psychopathe, le gourou de l'humanitaire qui a laissé assassiner un petit garçon, la jumelle qui a trahi sa sœur en couchant avec son amoureux, le père alcoolique qui a violemment frappé sa fille dans le dos, le gendarme obsédé qui observe sans relâche sa promise à son insu à coups de caméras cachées, la médium nymphomane qui n'a de visions que lorsqu'elle copule à cheval sur un mâle consentant, les parents endeuillés par la mort collective de leurs enfants dans un accident de car scolaire... Le poids des fautes, des deuils impossibles et des péchés est tel dans cette petite bourgade qu'elle attire le shining comme la poisse et fait remonter tous les morts de la terre. Morts qui se rassemblent peu à peu dans les bois autour de grands feux en restant immobiles comme une armée de fantômes menaçants.

Bref, cette série est aussi flippante que Twin Peaks et aussi mystérieuse que le Village des Damnés, les deux œuvres magistrales dont elle s'inspire, et elle est d'autant plus remarquable que le malaise qu'elle génère s'installe sans que les quelques zestes de gore et de sexe instillés de ci, de là, ne viennent inutilement en rajouter.

Reste à évoquer Victor, le petit garçon tout droit sorti de la Classe de Neige, un autre des enfants d’Emmanuel Carrère, co scénariste de la série. Victime de l'innommable, petit ange perdu dans cette vallée de larmes, ce messager d'outre tombe semble porter à lui seul tout le poids de la damnation de ses semblables. Est-il la clé de tout, ce petit? On espère qu'on le saura lundi soir.

 
Commentaires

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  • Par kettle - 17/12/2012 - 12:50 - Signaler un abus (genre: drole)

    Une serie australiene hilarante: "Problems" http://www.youtube.com/watch?v=7rBzuamitd8

  • Par Ravidelacreche - 17/12/2012 - 17:57 - Signaler un abus On espère qu'on le saura lundi soir...

    Ce "qu'ils" ont fumé ! :o))

  • Par castagnette - 18/12/2012 - 15:54 - Signaler un abus Vous avez compris quoi ?

    Bonjour, Si quelqu'un peut me dire ce qu'il fallait comprendre dans les 2 derniers épisodes. Je reste sur ma faim.... S'il faut imaginer soi même la fin maintenant .. Merci

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Laurence Lasserre

Laurence Lasserre est communicante et apprentie blogueuse.

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