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Ce retournement de la conjoncture qu’appréhende Emmanuel Macron et qui le pousse à ne rien céder sur ses réformes

Dans un climat social très compliqué, Emmanuel Macron ne veut rien céder parce qu’il craint que la conjoncture se retourne plus vite que prévu et empêche toute évolution de la société française.

Atlantico Business

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Ce retournement de la conjoncture qu’appréhende Emmanuel Macron et qui le pousse à ne rien céder sur ses réformes

 Crédit CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Tout va bien ou presque... Face à une situation sociale très tendue, alimentée par la grève des cheminots de la SNCF, la rébellion de certains étudiants dans quelques facs et les difficultés d’évacuation des zadistes de Notre-Dame-des-Landes, le président de la République a confirmé sa détermination alors que les risques de dérapages et même de bavures sont quotidiens et que l’opinion publique reste assez sceptique quant aux résultats. 

« Tenir bon » est devenu sa règle stratégique. Seule concession : multiplier les exercices de pédagogie et mettre en avant l’expertise technique de ses ministres. 

En fait, Emmanuel Macron a trois raisons fortes de tenir.

D’abord, la conviction que la France est sortie de la scène internationale faute de compétitivité. C’est une conviction qu‘il a forgée depuis très longtemps, et notamment depuis son travail auprès de Jacques Attali dans la fameuse commission qui avait été commandée par Nicolas Sarkozy. Cet aspect de son ADN a été très bien décrit dans le film de David Pujadas, diffusé sur LCI et TF1 cette semaine et intitulé « Le Dynamiteur». A ce moment-là, Emmanuel Macron, comme la plupart des membres de la commissions Attali, est convaincu que le mal français est dans son déficit de compétitivité. Ce déficit a été creusé pendant les Trente glorieuses, les Français se sont installés dans une zone de confort, confortés par une croissance de la demande, laquelle a été solvabilisée par le crédit et l’inflation des salaires. Les mutations du monde, à partir de la fin du siècle dernier, ont détruit cette zone de confort et du coup, une grande partie des français se sont braqués, enfermés dans un logiciel d’habitudes difficiles à abandonner. A ce moment-là, Emmanuel Macron, comme beaucoup d’autres, sait que la France a besoin de réformes fortes pour revenir dans la course internationale. Il n’aura donc de cesse que de trouver le moment et les conditions pour ouvrir ces chantiers. 

Ensuite, la deuxième raison tient au fait qu‘une grande majorité de français plutôt jeunes, bien formés ont une demande de performance et d’ordre. Ils veulent rompre avec les habitudes de leurs ainés qui occupent les postes de pouvoir.  Ceux qui ont une formation d’excellence dispensée en général par les grandes écoles se reconnaissent dans le discours d’Emmanuel Macron et le soutiennent mais beaucoup lorgnent sur l’étranger. Une partie de la France, victime du chômage ou de la mal formation, se retrouve déclassée et rejetée. Emmanuel Macron a fait le pari de ramener cette catégorie de français dans le jeu de la concurrence et sur le marché du travail. Mais là, encore il lui faut réformer les structures qui sont plus conformes à la redistribution, plutôt qu’à la production de richesses.

Enfin, la troisième conviction porte sur la situation politique. L’incapacité de la gauche à offrir une politique alternative et la paralysie de la droite à critiquer des réformes qu‘elle aurait dû lancer elle-même. Quand Luc Ferry, anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, principal conseiller de Laurent Wauquiez, déclare avec beaucoup d’honnêteté qu’il est totalement d’accord avec les positions de Emmanuel Macron, on mesure la difficulté qu‘aura la droite à se construire une crédibilité. Bref, le champ politique est théoriquement dégagé, sauf que les courants extrémistes et les syndicats d’extrême gauche représentent l’essentiel des risques de blocages ou de désordre. C’est donc à ces populations qu’il faut maintenant s’adresser, ce qu il fait. 

 
Commentaires

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  • Par Max.B - 14/04/2018 - 09:56 - Signaler un abus Quoi depuis un an!

    Aujourd'hui les seules décisions ne seront applicables que dans deux ou trois ans, la réduction du déficit n'est seulement dû qu'a une croissance plus forte que prévu qui est du fait de l'ancien gouvernement par une baisse des impôts pour des personnes qui n'en payait déjà pas beaucoup il y a une augmentation des taxes alors Macron c'est un numéro pour Patrick Sebastien

  • Par guy bernard - 14/04/2018 - 11:13 - Signaler un abus nos problèmes sont concrets.

    nous ne sommes plus à l'époque où on peut discourir ad lib sur des valeurs (contestables du reste) : https://www.oecd.org/fr/economie/etudes/France-2017-OCDE-etudes-economique-synthese.pdf ce sont des problèmes concrets à traiter et à resoudre en essayant, si possible, d’être moins sensibles aux variations de l'environnement. nos problèmes sont concrets.

  • Par vangog - 14/04/2018 - 13:20 - Signaler un abus « Le bordel pour tous »!

    la grande conquête du quinquenat macroniste, après le « mariage pour tous » de Flamby-le-menteur...

  • Par jurgio - 14/04/2018 - 14:53 - Signaler un abus Du vent dans les voiles !

    La France pourrait prendre aujourd'hui l'emblème du bateau de la ville de Paris : battue par les flots sans pouvoir trouver un bon port.

  • Par gabriel audemars - 14/04/2018 - 15:04 - Signaler un abus ferler les voiles

    Bon économiste, mais piètre marin, Mr Sylvestre ! Ferler une voile, c'est en réduire la surface, donc dit le contraire de ce que vous exposez... Gréer est le verbe convenable. Gréer le soi signifie p.ex. prendre le maximum d'un vent portant. Kenavo !

  • Par gabriel audemars - 14/04/2018 - 15:06 - Signaler un abus oups

    Lire: gréer le spi (nnaker)

  • Par spiritucorsu - 14/04/2018 - 17:31 - Signaler un abus La poubelle de l'histoire!

    Macron en bon liquidateur ,missioné par ses maître eurocrates taille dans le vif sans vergogne en précarisant chaque jour qui passe un peu plus des catégories déjà en grande difficultés,à savoir:retraités(+ de csg),étudiants(-d'aide au logement),agriculteurs(remise en question des aides pour les zones défavorisées),personnels soignants(fermetures de services et diminution de moyens)...Si le vent doit se lever,ce ne sera pas celui de la croissance,mais celui du souffle de la colère du peuple Français qui renverra ce triste personnage,cynique hautain et méprisant à la la poubelle de l'histoire dont il n'aurait jamais dû sortir.

  • Par pierre de robion - 14/04/2018 - 22:48 - Signaler un abus "Spiritu corsu": L'enfant terrible

    Vus me faites penser à ces enfants qui voyant que la voiture télécommandée n'obéit pas bien à ses ordres...maladroit, lui donne un coup de marteau et s'étonne qu'elle ne fonctionne plus ...du tout! Autant j'abhorre les idées sociétales macronistes, autant je pense que sur le plan économique il a raison: pour distribuer il faut d'abord produire, et produire beau, bon, utile et à prix compétitif! L'expérience communiste ou socialiste du Venezuela, les avatars de l'Argentine ou du Brésil sans parler du Zimbabwe ou de l'USAfr. ne vous ont-ils pas ouvert les yeux? Sans réforme, nous n'aurons que nos poings ou nos fusils pour dévaliser puis se partager le contenu (sic) de magasins...vides! suffisez

  • Par Jean-Marc Sylvestre - 15/04/2018 - 00:35 - Signaler un abus ferler non , gréer oui a condition de les border

    Pour gabriel Audemars ... bravo vous avez raison . je voulais dire border les voiles , on peut avoir gréé des voiles et ne pas les border ce qui ne sert a rien . merci a bientôt

  • Par spiritucorsu - 15/04/2018 - 01:37 - Signaler un abus "Pierre de Robion":Merci de me rajeunir.

    Merci de me rajeunir,je prends plutôt ,pour un compliment ce qui venant de certains pourrait être de la condescendance.Toutefois pour revenir à notre sujet,effectivement produire beau,bon et utile,c'est un excellent programme,néanmoins,comme dans toute production et pour reprendre l'expression de Macron,si le premier de cordée n'a pas la confiance du reste du groupe,cela ne peut pas fonctionner et à l'heure actuelle,le moins que l'on puisse dire c'est que le consensus condition sine qua non à la réussite n'est pas au rendez- vous.Quant à la confiance condition encore plus nécessaire cela fait un moment qu'elle à quitteé les rivages de la macronie.S'agissant des expériences communistes et socialistes,très peu pour moi,tout comme d'ailleurs le retour au capitalisme façon 19 ème siècle que nous prépare l'apprenti sorcier jupitérien.

  • Par spiritucorsu - 15/04/2018 - 01:47 - Signaler un abus Merci de me rajeunir.(erratum)

    Cela fait un moment qu'elle a quitté...

  • Par Deudeuche - 15/04/2018 - 11:43 - Signaler un abus @spiritucorsu

    Vous rigolez ce pays est semi collectiviste!

  • Par Ganesha - 15/04/2018 - 12:27 - Signaler un abus Spiritucorsu

    Prenez patience : la Nature est impitoyable, la marche du Temps est inexorable ! Les vieux débris, tel que celui de 22h48, disparaissent progressivement. On les appelle TINA : there is no alternative. Ils viennent pourtant ici pour s'entretenir l'esprit, ils devraient essayer de trouver des commentaires plus originaux, plutôt que de répéter éternellement la même connerie ! Joseph Staline est enfermé dans un congélateur au Kremlin, il n'est pas prêt pour ressusciter !

  • Par Allegro - 15/04/2018 - 21:56 - Signaler un abus Jean Merci Macron Surtout (J2MS) frappe encore

    Allez les gens de droite, Macron est à droite. Je vous le dis : - réforme du code du travail de l'épaisseur du trait - Etat omnipoptent qui ne diminue pas d'une miette -baisse de déficits. Pas les déficits structrurels, ne vous stressez pas - Il n'y a pas de culture en France. What else ???

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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