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Comment la télé et le web
fabriquent des comiques à la chaîne

Ce vendredi, le télé-crochet quotidien de Laurent Ruquier « On n’demande qu’à en rire » a l'honneur d'un prime-time. Peut-être en raison d’une conjoncture pas franchement drôle, les Français n’ont jamais été autant consommateurs d’humour. Les comiques sont partout : à la télévision, sur internet, au théâtre, au cinéma... De quoi créer des vocations.

LOL story

Publié le

Depuis l’arrêt de « La Classe » en 1994 sur France 3, des « Coups d’humour » sur TF1 en 2004, puis de « Graines de Star » la même année sur M6, il n’existait plus réellement d’émissions « tremplin » à la télévision dans le domaine de l’humour. Après deux tentatives infructueuses en 2007 avec « 60 secondes pour rire » sur France 2 et « Made In Palmade » sur France 3, le genre semblait condamné. Seule une poignée d’élus pouvait profiter de chroniques humoristiques dans les talk show à succès pour se faire connaître.

C’est Laurent Ruquier qui a relancé la machine à découvrir des talents avec « On n’demande qu’à en rire » en 2010. Après des débuts timides, l’émission s’installe et devient aujourd’hui une valeur sûre de France 2 en access (case horaire de 18h) et même en prime-time. L’émission est plus mécanisée et reprend les codes du télé-crochet avec la présence d’un jury. Les meilleurs talents reviennent une semaine sur l’autre, c’est un cercle vertueux : plus ils sont bons, plus ils reviennent, plus ils sont connus, plus ils attirent les téléspectateurs.

A chacun son « écurie TV » 

Tout jeune talent qui veut réussir sur scène doit se faire connaître à la télévision et chaque chaîne se doit d’avoir son « écurie de jeunes talents ». France 2 peut compter, on l’a dit, sur l’ « écurie Ruquier ». Les poulains les plus connus s’appellent Olivier de Benoist, Jérémy Ferrari, Arnaud Tsamere, Constance (qui vient de quitter le nid). Depuis 2006, le « Jamel Comedy Club » est la rampe de lancement des rois du stand up tels que Fabrice Eboué, Thomas N’Gijol, Amelle Chahbi, Noom Diawara … Historiquement proche de Canal+, l’ « écurie Debbouze » semble à la recherche de nouveaux débouchés TV pour ses jeunes talents et prépare actuellement un projet pour M6.

Sur TF1, c’est Arthur qui joue les pygmalions dans sa très audacieuse et réussie émission « Vendredi tout est permis » pour les nostalgiques de « Les Nuls l’émission ». Canal + perpétue un long savoir-faire en matière de repérages. « Bref », la short comedy phénomène diffusée dans « Le Grand Journal » offre une exposition à ses chouchous. A côté de Kyan Khojandi, le créateur, les seconds rôles sont les nouvelles stars de la scène comique, Bérangère Krief, Baptiste Lecaplain… Enfin, dans un registre moins cathodique, Pierre Palmade joue lui aussi les mentors, en créant son « Atelier » qui forme les stars du théâtre comique parisien que tous les metteurs en scène s’arrachent.

Les carrières s’accélèrent

Il y a dix ans, il fallait au moins dix ans pour percer dans le domaine de l’humour. Anne Roumanoff, désormais super star en est la parfaite incarnation. Aujourd’hui, toute une nouvelle génération a émergé en à peine deux ans. Par ailleurs, la frontière entre la scène et le cinéma s’estompe. Les carrières au cinéma de Jean Dujardin, de Gad Elmaleh, de Jamel Debbouze, de Kad Merad, de Florence Foresti ont créé des vocations. Dans les années 2000, tout le monde voulait devenir chanteur, aujourd’hui, tout le monde veut devenir comique, en espérant faire du cinéma par la suite.

Pour lancer sa carrière de comédien, un bon « One man Show » vaut toutes les bandes démos du monde. Là encore, la télévision joue un rôle important. Les fictions courtes françaises telles que « Un gars une fille », « Caméra Café », « Scènes de Ménages », « Soda » continuent de cartonner et on toujours recruté dans les salles de spectacle. De même, la cellule repérages de Canal+ ne laisse passer aucun jeune talent sur scène pour alimenter ses fictions d’humour : « Bref », « Platane », « Kaboul Kitchen ». Attendez-vous à voir tous ces visages bientôt au cinéma.

 
Commentaires

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  • Par stelhou - 13/04/2012 - 11:08 - Signaler un abus Comique ? Ah oui ?

    Air du temps oblige, les comiques sont obligés de faire de plus en plus dans le registre de la vulgarité, de l'en-dessous de la ceinture, et de la bêtise. Ils n'ont plus la liberté de parole d'autrefois sous peine de procès en diffamation pour un oui ou pour un non, alors le comique de bas niveau s'installe. C'est lamentable. Seul Canteloup relève pas mal le niveau et fait preuve de beaucoup d'esprit, merci à lui.

  • Par le Gône - 13/04/2012 - 11:08 - Signaler un abus Un rien vous amuse !!

    les comiques a Ruquier sont médiocres..Debouze continue a faire du Debouze et amuse les "banlieues" son public ...alors les neo-comiques merci bien !! ils ne me font pas encore rire..sauf si bien sur traiter Sarko de nain..et s'exclaffer de la petite voix de Carla vous écroule de rire...Dans mon esprit le seul talent "comique "emergeant dans les 5 dernieres années est Demaison..les reste que ce soit celui de Ruquier/Debouze/arthure ca vaut pas grand chose.

  • Par Téléphage - 13/04/2012 - 11:32 - Signaler un abus Marre de la dérision

    Les comiques sont devenus, avec les acteurs, les "intellectuels" du 21ème siècle. Ils donnent leur avis sur tout alors que souvent, ils n'ont même pas le bac. Je ne peux pas encadrer Ruquier et son humour à la Jacques Martin. De toute façon, on ne peut plus rien dire.

  • Par Simchu - 13/04/2012 - 11:57 - Signaler un abus Pensez aux scenaristes

    Je pense qu'il ne faut pas oublier les scénaristes qui encadrent de plus en plus les comiques/chroniqueurs (nicolas canteloup, Burger Quizz...). Ils sont de plus en plus important et font des comiques de simples interprètes. Ce paramètre renforce encore le niveau d'encadrement qui existe maintenant autour des artistes qui sont de plus en plus orientés, calibrés et marketés. Mentor + Manager + Scénariste + Partenariat avec chaîne de télé ou Marque finissent par affaiblir la marge de manœuvre des artistes qui en deviennent faciles à catégoriser et plus lisses.

  • Par maxx_paris - 13/04/2012 - 12:44 - Signaler un abus on en revient toujours au meme problème: les réseaux sinon rien

    j'ajouterai qu'il y a aussi l'écurie de Gilbert Rozon (juste pour rire), mais peut importe, que ce soit pour être comédien, comique, pour avoir du business, des contrats, juste survivre ou faire survivre son entreprise il faut désormais avoir une appartenance de réseau en France sinon on meurt ! La compétence, l'honnêteté, le travail, le courage sont des valeurs du passé. On va le payer cher.

  • Par dolp - 14/04/2012 - 04:18 - Signaler un abus comment oser

    ne pas parler du palmashow dans un tel article ... (rien à voir en termes de vues)

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Paul-Antoine Solier

Paul-Antoine Solier est responsable du développement d’une société de production de télévision. Il est diplômé de l’EM LYON et titulaire d’une maîtrise de Droit Public à l'Université Paris II.

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