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Retour de la Russie au Conseil de l’Europe ? Sous certaines conditions

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe se prononcera début octobre sur une proposition de changement de son règlement. Celle-ci, décidée jeudi, vise à apaiser les tensions avec la Russie.

Choix cornélien

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Retour de la Russie au Conseil de l’Europe ? Sous certaines conditions

 Crédit GERARD CERLES / AFP

En crise depuis l’annonce de la Russie de ne plus contribuer à son budget, le Conseil de l’Europe se trouve face à un choix cornélien. Doit-il, pour retrouver les faveurs du géant de l’Est, redonner à Moscou son droit de vote au sein de son assemblée parlementaire ? Une possibilité qu’il convient de ne pas écarter, mais qui s’inscrirait en contradiction avec les valeurs défendues par le Conseil si elle n’était précédée d’importantes concessions russes. Sur le plan des libertés publiques notamment.  

Le Conseil de l’Europe est une organisation mal connue du grand public.

Certes, c’est le cas de toutes les institutions de l’Union Européenne, opaques pour la plupart des citoyens des Etats-membres. Mais la particularité du Conseil de l’Europe, précisément, est qu’il n’a rien à voir avec l’Union européenne, à part de rassembler des pays européens. En effet, les deux organisations n’ont ni la même assise, ni les mêmes objectifs. 

La construction de l’Union Européenne est le produit de préoccupations essentiellement économiques et géopolitiques, portées par la nécessité de reconstruire le continent après la Seconde Guerre mondiale, d’une part, et d’autre part de trouver une manière de continuer à peser dans le concert mondial entre les nouvelles nations industrielles géantes : les USA et l’URSS. 

Le Conseil de l’Europe est né de préoccupations plus « morales » ou « humanistes » : il s’agissait de policer les relations au sein du continent, pour éviter que ne se reproduisent des horreurs comme celles que l’on venait de connaître. En résumé, il a pour objectif une harmonisation par le haut des systèmes juridiques et politiques du continent, en aiguillonnant les Etats-membres dans le sens d’un plus grand respect des libertés publiques. 

Il réunissait à sa fondation, en 1949, le Benelux le Danemark, la France, l’Irlande, l’Italie, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède ; très rapidement rejoints, avant la fin de 1950, par la Grèce, la RFA et la Turquie. Aujourd’hui, il compte 47 membres, s’étant fortement élargi à la suite de la chute du rideau de fer : la Russie a ainsi rejoint le Conseil en 1996. 

Depuis plusieurs années, ce Conseil de l’Europe traverse une crise assez inquiétante, dans le cadre plus large de la renaissance des tensions sur le continent depuis le début du conflit ukrainien, en 2014. L’annexion de la Crimée et l’intervention russe dans le Donbass ont entraîné en janvier 2015 la privation des droits de vote de la Russie à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui depuis boycotte les réunions de l’Assemblée. En juillet 2014, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), organe du Conseil de l’Europe, avait condamné la Russie à payer une indemnité de 47 milliards d’euros aux actionnaires du groupe Ioukos, l’entreprise de Mikhail Khodorkovski, opposant à Vladimir Poutine. A la suite de quoi la Cour constitutionnelle russe, saisie par des députés de la Douma, a affirmé la supériorité de la Constitution russe sur les décisions de la CEDH.

 
Commentaires

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  • Par tananarive - 23/09/2018 - 11:05 - Signaler un abus Le dialogue.

    N'est pas possible avec des dictatures, si on ne l'a pas compris on se fait avoir comme avec hittler.

  • Par pitron67 - 23/09/2018 - 11:48 - Signaler un abus Russie

    la Russie n'est pas une dictature,poutine a été réélu a plusieurs reprises .quand une élection ne vous convient pas il faut l'accepter quand même, en Europe et dans le monde je pense que les seuls qui font de la modération sont les russes.ils sont attaqués de toute part et pourtant ils sont stoïques amusez vous a tracer une carte du monde et à flécher les pays qui infligent des sanctions ou alors mieux ,sur la même carte placer les contingents militaires par nationalités ,vous verrez alors qui sont les agitateurs

  • Par Beredan - 04/10/2018 - 17:56 - Signaler un abus La réalité :

    Vlad et Récep les tiennent par les c.....es

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Philippe Fabry

Philippe Fabry est historien et tient le blog Historionomie, principalement dédié à l'étude des schémas historiques et leur emploi à des fins d'analyse géopolitique et de prospective. Il a publié Rome du libéralisme au socialisme, Leçon antique pour notre temps (2014), Histoire du Siècle à Venir (2015), Atlas des guerres à venir (2017). Son nouveau livre, La Structure de l'Histoirevient de paraître.

 

 

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