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Retard de paiement : quand les grands groupes n'hésitent pas à provoquer la faillite des PME

En France, une défaillance d'entreprise sur quatre est liée à des retards de paiement.

Bras de fer

Publié le
  1. Atlantico : Selon la société Altares, seulement 33,2% des entreprises ont pu régler leurs paiements à la date prévue durant ce second trimestre d'activité. Comment expliquer cette situation ?

Brice Pineau : Nous dénonçons depuis longtemps l’allongement des délais de paiement. Ces retards sont souvent le fait de mauvais payeurs, pour la plupart des grands groupes, qui profitent d’un rapport de force favorable pour imposer aux PME de multiples retards de paiement. En moyenne, ces PME françaises sont payées à 72 jours contre 38 pour les entreprises allemandes.

Nous pouvons dire que les grands donneurs d’ordres financent ainsi une partie de leur trésorerie.

  1. Quelles sont les conséquences de ces défaillances sur l’activité globale économique ?

Les conséquences sont bien souvent dramatiques pour les entreprises, et particulièrement pour les PME. Ces dernières souffrent des impayés de leurs clients qui sont utilisés pour financer le besoin en fonds de roulement des grandes entreprises.

Il suffit de remarquer qu’une défaillance d’entreprise sur quatre est liée à des retards de paiement pour comprendre l’ampleur du problème.

Dans un contexte où les niveaux de rentabilité et les taux d’autofinancement sont déjà faibles, l’allongement des délais de paiement en France contribue à dévaloriser nos entreprises dans la compétition européenne et mondiale.

  1. Pourquoi les jeunes entreprises sont-elles particulièrement vulnérables ?

Les jeunes entreprises pâtissent de plusieurs handicaps face à ce problème. Elles doivent en priorité assurer des frais fixes qu’elles ne peuvent diminuer. Un retard de paiement dans ce contexte entraine inéluctablement d’importants déséquilibres budgétaires.

Notons également que leurs rapports de force avec les grands comptes sont défavorables. Ces derniers jouissent souvent d’un quasi-monopole de commandes qui laisse très peu de marges de négociation aux PME.

  1. Quelles actions préconisez-vous pour optimiser les délais de paiement et conforter les trésoreries ? 

Le respect de la Loi de Modernisation de l’Economie de 2008 serait déjà un grand pas. CroissancePlus va plus loin et souhaite que le délai légal soit réduit à 30 jours afin de favoriser le développement des entreprises de croissance.

Les entrepreneurs demandent également la reconduction d’un médiateur des délais de paiement aux pouvoirs élargis afin que les PME puissent dénoncer les pratiques abusives. Les mauvais payeurs seraient alors immédiatement sanctionnés.

Par ailleurs, la situation actuelle consistant à attendre l’émission d’un bon de commande n’est pas réaliste. C’est pourquoi nous proposons de fixer le début effectif d’une prestation comme déclencheur, ce qui serait plus conforme aux besoins des fournisseurs.

Pour plus d'informations : la fiche pratique de Croissance Plus

 
Commentaires

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  • Par Sancelrien - 14/09/2012 - 12:41 - Signaler un abus Je me souviens...

    Avant de prendre ma retraite, j'étais à mon compte comme consultant en informatique. Je me souviens qu'une société appartenant à un grand groupe du BTP m'a payé une facture d'acompte avec une traite à 90 jours fin de mois, que j'ai dû escompter ! Inutile de dire que nous avons rompu toutes relations dès ma mission terminée ! Alors, ce que vous dîtes ne me surprend absolument pas.

  • Par HdT - 14/09/2012 - 13:11 - Signaler un abus Forme de corruption donnée en exmple par l'Etat lui-même

    Le premier mauvais payeur que j'ai eu à connaître fut l'Etat lui-même... et les impayés sont d'ailleurs demeurés onze ans plus tard. Les grandes entreprises ne sont peut-être pas exemptes de cette pratique mais il serait intéressant d'avoir un rapport fiable et complet quant aux impayés de l'Etat auprès des PME et très certainement aussi auprès de grandes entreprises. Il sera plus aisé d'astreindre les entreprises quelles que soient leurs dimensions quand l'Etat lui-même aurale c.. propre. Il a tellement de failles et de faiblesse opposables que les avocats de ces entreprises trouvent toujours atière pour répliquer en marchant sur la frontière à la limite du légal et de la corruption.

  • Par zebre91 - 14/09/2012 - 13:11 - Signaler un abus malgré ce que nous disent nos banquiers..

    qui affirment que leurs clients sont satisfaits des conditions de règlement établies avec la LME de 2008, notre souffrance est permanente quant à leur respect par nos clients. Qu'ils soient petits ou gros, les dérives se succèdent...de notre côté nous avons réduit en 2 ans le délai règlement fournisseur de 70 à 58 jours. Par contre les règlements clients sont de 68 jours...donc, le stress est permanent et le soutien de nos "partenaires" banquiers est toujours aussi frileux. et il reste beaucoup trop d'entreprises profitant encore de dérogations aléatoires et éviter ces conditions. Les transporteurs ont acquis le droit de règlement à 30 jours: tout le monde devrait être au diapason.

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Brice Pineau

Brice Pineau est Co-président de la Commission Pme/Grands groupes et dirigeant d’Harvest.

En 1987, il crée BMC-ITD, un éditeur de logiciels de simulation pour le monde financier, et lance une première gamme de produits autour du calcul de l'impôt, sur PC et sur Minitel.

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