Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 23 Juillet 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

La République peut-elle encore sauver la Corse de la spirale mafieuse dans laquelle elle s’enfonce?

Mardi, l'assassinat d'Antoine Sollacaro a pris tout le monde de court : personne ne s'attendait à ce que ce symbole du nationalisme corse puisse être pris pour cible. L'avocat, entre autres figures de l’île de Beauté, d'Yvan Colonna, était un lien direct entre les indépendantistes les plus radicaux et la justice.

Ile de Beauté

Publié le

Atlantico : Suite à l'assassinat d'Antoine Sollacaro, figure de l'indépendantisme corse et ancien avocat d'Yvan Colonna, l'avocat marseillais Dominique Mattei a évoqué une attaque contre un "symbole". En quoi viser un avocat est-il un symbole et en quoi, celui-ci en particulier, peut être qualifié ainsi ?

Fabrice Rizzoli : C'est un homme de loi. Sans faire de hiérarchie absurde, sans être un préfet, un avocat reste un représentant de la loi. Les avocats sont les garants des libertés publiques, même lorsqu'ils défendent des gangsters. Les tuer, c'est tuer le droit. Il y a ici une attaque contre un symbole juridique. Par ailleurs, on tire ici contre l'ambulance !

Antoine Sollacaro ne défendait pas que des gangsters ou des nationalistes, mais il était régulièrement chargé de ces affaires. Habituellement, le crime organisé ne s'attaque pas à ceux qui pourraient un jour leur être utile. Il ne faut pas oublier que la justice assure à tous, même aux pires, d'avoir accès à une défense devant les tribunaux.

Les individus violents en Corse appartiennent-ils tous à un même groupe ? Nationalistes, réseaux mafieux, grand banditisme sont-ils des entités liées les unes aux autres ?

La théorie veut que le crime organisé n'ait rien à voir avec le nationalisme. Le nationalisme se rapproche plus du terrorisme. Il a des visées politiques et réclame l'autonomie de l'île. Le crime organisé, lui, n'a d'autre objectif que de faire du business. Peu lui importe le statut de la Corse.

Le gros problème, c'est que les nationalistes ont presque toujours été forcés d'avoir des activités criminelles pour pouvoir remplir leurs caisses. C'est le problème de beaucoup de groupes terroristes. Il doivent se financer pour mener leurs activités et cela brouille souvent les cartes. Je persiste à dire qu'il faut bien faire le distinguo au début entre les motivations de chacun.

Il ne faut pas non plus oublier que nous parlons ici d'une île où il y a 300 000 personnes. Tout le monde se connaît : en grossissant le trait, on peut très bien imaginer que dans une même famille, un frère est nationaliste, un autre bandit et le troisième magistrat. Il y a donc souvent des mélanges. Il y a des cas régulièrement de nationalistes qui ont quitté la cause pour devenir des gangsters. L'inverse est plus rare : l'appel de l'argent reste plus fort que la cause.

Dominique Mattei évoque certains symboles intouchables en Corse : les avocats, mais aussi les médecins, les curés ou les instituteurs. Ces professions sont-elles vraiment épargnées par les violences ?

Il fait référence à l'attrait des Corses pour la République et la France. La majorité des habitants préfèrent rester attachés à la France. Ce sont des gens qui sont attachés aux symboles de cette République. Le médecin et l'instituteur, ce sont les gens qui vont jusque dans les montagnes pour représenter l'Etat. Le médecin va voir les personnes âgées dans les coins les plus reculés pour les soigner. Ces métiers sont considérés comme au-dessus de la norme.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Bara - 17/10/2012 - 08:37 - Signaler un abus Les corses doivent d'abord se regarder dans un miroir

    ça commence à bien faire d'appeler "l'Etat" ou "La République" quand tout va mal après l'avoir méprisé, trompé, attaqué... pendant de longues années. Et je ne parle pas seulement de la relative faiblesse de l'indignation après l'assassinant lâche d'un préfet. Les corses ont une trop grande tendresse pour les "bandits d'honneur", une trop grande complaisance pour les fraudes fiscales et les vaches fictives, une insupportable répugnance à témoigner (avec leurs idioties de "loi du silence"), un trop insignifiant refus de la violence pour en appeler à la République. Celle-ci coffrera les mafieux qui gangrène l'Ile lorsque sa population cessera de mettre "l'honneur" à toutes les sauces, et la solidarité "ethnique" au-dessus des lois !

  • Par sbgf43 - 17/10/2012 - 09:28 - Signaler un abus République vous dites ????

    De quelle République doit on parler....La République bananière en place ne peut rien hélas...ni pour les Corses ni pour les Insulaires...elle peut seulement pour ses amis ou les amis de ses amis....il n'y a qu'a voir les décisions prises pour comprendre le "Changement c'est Maintenant"

  • Par Gilles - 17/10/2012 - 10:15 - Signaler un abus Pas seulement

    S'il n'y avait que la mafia corse. Et la franc maçonnerie qui tient toutes les reines du pouvoir de bas en haut !

  • Par colomba - 17/10/2012 - 13:04 - Signaler un abus et si on parlait de la justice en corse

    il ya dans les tribunaux corsesune trés grande influence des divers groupes politiques et sectaires. Les décisions de justice sont souvent abérantes et en dehors de toute objectivité. On peut dire qu'il en est de la justice en corse comme de toutes les autres institutions qu'elle est gangrennée par des influences et des passe-droit dont les justiciables honnettes sont les premiers a patir.Est ce que Mme TAUBIRA va y mettre le nez ?

  • Par vangog - 17/10/2012 - 20:38 - Signaler un abus Pourquoi ne pas se débarasser de la Corse et des DOM-TOMs?

    ...qui plombent l'état français depuis les Socialistes, plus qu'ils ne lui contribuent, dans tous les domaines et pour une majorité de leurs habitants: Économie sous perfusion, délinquance, corruption et aides sociales très au dessus de la moyenne, taux élevé de racisme anti-blanc et vote aveugle pour la social-démagogie! L

  • Par phidias - 18/10/2012 - 00:07 - Signaler un abus Trop tard !

    20 ans trop tard !

  • Par anticip - 18/10/2012 - 07:39 - Signaler un abus independence

    qu'esce qu'ils attendent pour voter leur independense ?

  • Par centpoursang - 18/10/2012 - 08:47 - Signaler un abus desert

    L'etat a fait un desert de ce pays.....economique et social..en forcant les Corses a emigrer massivement.....aujoud'hui dans les campagnes Corse on y trouve ruines ,maisons abandonnées dans l'indivision(voulue)....des vaches ...des mouches ...des faux bergers subventionnés ...des retraités ..en (masse)....des touristes....a petit budget....des cohortes d'employés territoriaux......des dizaines de casernes de pompiers , pleines de pompiers qui votent....pour des politiques locaux qui donnent leurs mandats électifs a leurs descendances.......j'oubliai que les médias y allaient de leurs litanies sur certains natios ....qui possederaient des ...Hotel....des entreprises ....des epiceries ...? en deux mots des natios ...travaillent ...est-ce possible....et la liste est longue sur les manquement de l'état depuis.....et l'incompreention des français et de leurs images d'épinal depuis .plus de 250 ans

  • Par Babeux - 18/10/2012 - 11:32 - Signaler un abus Question Bête :

    Et si ce n'était pas l' Avocat qui avait été assassiné. Si cet homme au demeurant respectable et respecté avait, comme d'autres sur cette Ile, une vie oculte, plus sombre, moins "honnete". Il faut garder à l'esprit qu'en Corse aujourdhui, certains sont devenus " des notables" grace au pouvoir d'une fortune acquise grace au vol au racket, aux trafics ent tous genre. Pourquoi cet homme, paix à son âme, ne n'était pas de ceux la.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Fabrice Rizzoli

Fabrice Rizzoli (né en 1971) est un chercheur et enseignant français, officiant dans divers établissements universitaires. Docteur en science politique à l’université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), il est spécialiste de la criminalité organisée et des mafias italiennes. Il vient de publier "Le petit dictionnaire énervé de la mafia" (ed. De l'Opportun).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€