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Les Républicains voteront finalement la déchéance de nationalité : les dessous du bureau politique où tout s'est joué

Après plus d'une heure de débat, Nicolas Sarkozy a soumis au vote un texte consensuel approuvé par 51 membres du bureau politique. Les LR voteront la réforme de la Constitution mais demandent à ce que certains points soient précisés.

Tous d'accord

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Les Républicains voteront finalement la déchéance de nationalité : les dessous du bureau politique où tout s'est joué

C'est un Nicolas Sarkozy en grande forme, reposé et passionné, qui a ouvert ce matin, au siège des Républicains, le premier bureau politique de l'année. Un Nicolas Sarkozy sans doute soulagé d'avoir trouvé une parade au piège tendu par François Hollande lors de son discours devant le Congrès. Après des semaines de tergiversations autour du thème " votera/ votera pas" la déchéance de nationalité, l'ancien chef de l'Etat a fini par trancher: votera! La déclaration du Bureau politique rappelle: "Soucieux de cohérence, les Républicains rappellent qu'ils se sont engagés à soutenir tout texte de nature à renforcer la sécurité des français et qu'ils ont été les premiers à proposer et à défendre la déchéance de nationalité pour les Français binationaux".

La mise sous condition envisagée un temps par l'ancien chef de l'Etat a été finalement levée. Prudemment certes, mais levée quand même. Le texte voté dit explicitement: "les Républicains sont disposés à voter la Réforme de la Constitution" et demandent simplement que soit examinés un certain nombre de points. Ils souhaitent notamment que l'application de la déchéance de nationalité prenne effet dès le prononcé de la peine et permette l'expulsion définitive et effective à l'issue de celle-ci. Mais ils n'en font pas une condition sine qua non.

Pendant plus d'une heure se sont succédés les intervenants. Bruno Le Maire a souligné que la déchéance de nationalité était le problème de la gauche et pas de la droite. Il a souhaité que les LR la vote mais a rappelé que la préoccupation première des Français restait l'emploi et qu'il fallait, sur ce sujet, dénoncer les échecs de François Hollande. Jean-François Copé est  intervenu pour mettre en garde contre l'extension de la mesure aux délits et a souligné que la déchéance ne pouvait être étendue aux non binationaux sous peine de créer des apatrides, un point de vue partagé par Nicolas Sarkozy. A l'opposé, Nadine Morano, elle, s'est dit favorable à l'extension de la mesure à tous les français. Laurent Wauquiez a rappelé qu'il fallait avant tout remettre la Nation et la République au centre du débat, quant à NKM elle a dénoncé une mesure discriminatoire envers les binationaux.

Au total, 51 membres du bureau politique, parmi lesquels Alain Juppé et Bruno Le Maire ou encore Nadine Morano, se sont prononcés dans le même sens que l’ancien chef de l’Etat. Cinq dirigeants ont voté contre : Nathalie Kosciusko-Morizet, Edouard Philippe, Benoist Apparu, Hervé Mariton et Patrick Devedjian. Enfin, deux se sont abstenus : Rachida Dati et Gérard Longuet. François Fillon, étant absent, a exprimé son opinion dans Le Point, expliquant "ce qui doit être sanctionné, c'est l'acte terroriste pas le lieu de naissance de son auteur ou de ses parents. Je ne me satisfais pas de cette réforme bancale qui marque une forme d'impuissance".

En résistant à la tentation de s'opposer à François Hollande coûte que coûte, les Républicains ont  trouvé une porte de sortie relativement consensuelle, évitant de se couper de leur base majoritairement favorable à la déchéance et limitant les divisions entre eux. C'est finalement au PS que les déchirements promettent d'être les plus sanglants. 

 
Commentaires

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  • Par pierre de robion - 06/01/2016 - 21:45 - Signaler un abus Le renard et les raisins

    Pas tombé dans le piège?Mais à pieds joints! En effet, il n'y a guère de chance qu'Hollande accède à leurs desiderata et dans ce cas, LR votera un texte dont on ne connaîtra rien (puisque la mesure doit être définie par une loi à venir) , loi qui si elle arrive en discussion sera amendée par la gôche de telle sorte que ce sera une coquille vide! Hollande se présentera comme le chantre de la sécurité, et LR l'aura dans le baba! Quant à l'électeur lamda, il sera contant car il ne comprend rien aux subtilités juridiques! C'est avec des hochets qu'on mène les hommes, disait Napoléon!

  • Par Le gorille - 06/01/2016 - 23:46 - Signaler un abus Ne pas sanctionner

    Zut, je me suis trompé de mot : aujourd'hui on dit "discriminer". Hé bien non, Mme NKM, il faut avoir le courage de "sanctionner". Mais dans le cas présent, mettre quelqu'un qui méprise la France en face de sa contradiction publique n'est pas le "discriminer", ni même le "sanctionner" : c'est le mettre en accord avec ses "convictions". Accessoirement, la sanction est nominative : retirer la nationalité à une personne citée ne signifie pas, même en symboles, retirer la nationalité à tous. Il n'est pas question de punition collective. On ne désigne pas du doigt les bi-nationaux. Cela s'appelle "rigueur", mais à Gauche, ce mot a-t-il encore un sens ?

  • Par Le gorille - 06/01/2016 - 23:55 - Signaler un abus La future loi

    @Pierre de Robion. Je vous trouve bien pessimiste. Dans ce cas précis, je ne suis pas sûr que l'hémicycle dit de "gauche" soit majoritaire. Jusqu'à présent, la gauche principale et historique reste représentée par FH. Je doute que dans son courant, la majorité lui fasse défaut. Celle-ci et le bloc de droite (enfin quasi), devraient ensemble faire passer une loi significative et non pas "coquille vide".

  • Par bjorn borg - 07/01/2016 - 10:12 - Signaler un abus UMPS

    dans toute sa splendeur passée !

  • Par pierre de robion - 07/01/2016 - 15:16 - Signaler un abus Naïveté coupable?

    Mon cher @Gorille, je vous trouve bien optimiste sinon naïf, car quand o na affaire à un Hollande, il faut, comme avec diable, se munir d'une longue fourchette! Mais après tout, s'il y voit son intérêt, le président candidat sera prêt à tous les compromis, voire les compromissions pour affaire en "sauveur de la Nation"! Mais dans ce cas aussi, je crains que LR ne se fasse empapaouté! Je vous salue bien!

  • Par pierre de robion - 07/01/2016 - 15:18 - Signaler un abus @Gorille:coquilles

    Avec mes excuses

  • Par Le gorille - 07/01/2016 - 23:54 - Signaler un abus Naïveté ? J'agrée.

    Un côté fleur bleue ? @Pierre de Robien : je suis attristé par la vision manichéenne qui semble souvent prévaloir. Ne pourrait-on pas, ici, dans ce cas, au lieu de ne voir qu'une manœuvre machiavélique, chercher si la Raison n'est pas, pour une fois, partagée de la même façon des deux côtés ? Que FH en tire avantage, je ne peux le nier, mais je ne lui en fais pas grief. Si la France en tire avantage, c'est elle qui m'importe, pas ma personnalité dans l'opposition. Soyez rassuré : je le crédite d'un bon point, mais le solde est par trop négatif. Merci de m'avoir donné la réplique !

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Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, elle suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien "France-Soir" puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, "Chronique d'une revanche annoncée" raconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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