Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 24 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Républicains, PS, FN... : quel parti exclut le plus vite les moutons noirs identifiés dans ses rangs ?

16 candidats FN ont été exclus du parti mercredi 10 juin suite à des propos litigieux tenus au cours de la campagne des dernières élections départementales. Si le parti de Marine Le Pen est souvent dans le viseur, les affaires au PS ou chez les Républicains par exemple ne manquent pas. Et le ménage n'est pas toujours effectué dans les rangs politiques.

Brebis galeuses

Publié le
Républicains, PS, FN... : quel parti exclut le plus vite les moutons noirs identifiés dans ses rangs ?

Les affaires au PS, au FN ou chez les Républicains ne manquent pas. Crédit Reuters

Atlantico : Le secrétaire général du Front national a annoncé mercredi 10 juin l’exclusion définitive du parti de 16 candidats aux dernières élections départementales suite aux propos polémiques ou litigieux tenus au cours de la campagne. La pression médiatique est grande autour du FN et de Marine Le Pen qui souhaite "nettoyer le parti". Le Front national est-il plus sévère à l'égard de ces membres que les autres partis politiques français comme tente de le souligner régulièrement sa présidente ?

Jean Petaux : Je ne pense pas du tout que ce soit la pression médiatique qui amène Marine Le Pen et le FN à "nettoyer le parti". Si le Front National était sensible aux "sirènes médiatiques" je pense qu’on s’en serait déjà rendu compte… Tout au contraire, une des "qualités" du parti mariniste, pour celles et ceux qui y adhèrent et y militent ou pour les sympathisants et/ou électeurs consiste, justement, à "résister" au "main stream" ou à ce qu’ils considèrent comme la "voix des élites" (catégorie indéfinie dans laquelle figure, naturellement, les médias dans leur très grande majorité, vendus à "l’UMPS".

En réalité le FN, en excluant ainsi 16 candidats pour "propos polémiques ou litigieux" paie en quelque sorte une addition un peu salée qui est liée à sa volonté d’avoir voulu présenter des candidats dans les 2.000 cantons métropolitains lors des dernières élections départementales. C’était d’ailleurs une des critiques de Jean-Marie Le Pen lui-même : le FN n’est pas prêt pour ce genre de campagne très localisée nécessitant un maillage territorial précis, systématique et fondé sur des réseaux. Conséquence directe : il va fallu accepter parfois des candidatures pas forcément "acculturées" à cet exercice très particulier qu’est une campagne électorale. Comme, pour le coup il y va bien de leur responsabilité, des journalistes et des médias locaux se sont donné pour objectif de débusquer la véritable nature de certains candidats frontistes : ils n’ont pas eu besoin de les titiller (ni même de les torturer…) beaucoup pour que ces derniers se "livrent" avec un "parler vrai" pas forcément politiquement correct ni dans la ligne de respectabilité dessinée par le tandem "Marine Le Pen – Florian Philippot".

Ce n’est donc pas la pression médiatique qui exige du FN un exemplarité irréprochable : c’est le manque de formation et d’organisation du parti Bleu-marine qui apparaît au grand jour d’une multiplication incontrôlée du nombre de candidats portant cette étiquette.

Le Front national est-il plus sévère à l'égard de ses membres que les autres partis politiques français comme tente de le souligner régulièrement sa présidente ? Quel est le parti politique français qui évince le plus vite ses moutons noirs ?

Pas du tout. C’est tout à fait normal que Marine Le Pen cherche à faire d’une faiblesse structurelle et organisationnelle un atout et une valeur particulière qui différencierait son parti de ses concurrents. Mais le FN n’est pas exigeant avec ses membres, il est juste confronté à une phase de croissance mal contrôlée. Croissance de son électorat (c’est une dimension en soit plutôt positive et peu douloureuse pour une organisation politique, encore qu’au bout d’un moment plus un parti a de sympathisants plus mécaniquement il va engendrer dans un futur plus ou moins de proche des déçus et des frustrés) ; croissance de ses candidats (on en a déjà parlé) et, rapidement, croissance de ses moyens matériels et financiers (et donc là aussi, à court terme, de vrais problèmes de gestion…). L’ennui avec les succès politiques et électoraux c’est qu’ils dé-différencient très vite les formations qui en profitent et qu’ils attirent aussi les opportunistes de tout poil qui tendent à bousculer sérieusement les plus anciens militants provoquant chez ces derniers des jalousies et des rancœurs parfois très fortes.

Quant à savoir si une formation politique en France est plus "janséniste" que ses concurrentes : difficile de répondre. J’aurais tendance à considérer qu’aucune n’est exemplaire. La "justice des partis" est encore plus "humaine" que celle des "hommes". Autrement dit elle n’est pas sans failles et sans reproches. Là encore l’adage du fabuliste : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir" qui est la morale des "Animaux malades de la peste" du bon La Fontaine s’applique mieux qu’ailleurs… Un "grand" féal dans un parti aura plus de possibilités de jouer avec les règles qu’un modeste petit élu voire simple cadre militant… La politique n’est pas une affaire de justice, c’est une question de rapport de forces.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 13/06/2015 - 10:55 - Signaler un abus Bartoutou...l'ancêtre de DSK?

    Ah ben! à propos DSK, exclu ou pas du PS? idem (ah putain, interdit par la marocaine, ça!) pour Huchon, Mellick, Guerini, Kucheida, Dumas, Andrieux, Bernardini, Cahuzac, Thevenoud, Cambadelis, Filipetti, Désir et tous les premiers secrétaires du PS, dont le poste est synonyme de condamnation... http://www.atlantico.fr/decryptage/republicains-ps-fn-quel-parti-exclut-plus-vite-moutons-noirs-identifies-dans-rangs-jean-petaux-2191959.html/page/0/1 sans oublier les cocos comme Cuvilliez...Bon, voila pour la gauche archaïque, et alors, dans la droite archaïque? Alduy, Bédier, Dugoin, Juppé, Mancel, Balkany etc...Remarquons que le FN n'attend pas que ses élus soient condamnés, pour ne pas les exclure, comme le PS, le FDG et les Ripoublicains, il les vire avant, et ça, c'est plus républicain, non?

  • Par Anguerrand - 13/06/2015 - 11:50 - Signaler un abus La question n'est elle pas quel parti élit sa ...

    dirigeante avec un score de 99,9%? La démocratie n'est certainement pas de virer tous les opposants y compris son propre père afin d'obtenir une élection avec un score soviétique ou africain.

  • Par vangog - 13/06/2015 - 14:58 - Signaler un abus @Anguerrand lorsqu'il n'y a qu'un candidat...

    il ne peut y avoir un résultat à 55% et 45%...est-ce si difficile à comprendre?...

  • Par Leucate - 13/06/2015 - 16:32 - Signaler un abus @vangog - parti politique et association

    C'est le même fonctionnement sauf qu'il y a différence de taille. Quand il s'agit d'élire le président lors d'une assemblée, il y a deux cas de figures: lorsque le président démissionne (ou a été démissionné) il peut s'agir de désigner par vote celui qui a la confiance de la majorité entre plusieurs candidats, ce fut le cas de Marine Le Pen en 2011 avec 65,67% de votes des militants. Mais il peut avoir également le cas où les statuts obligent le président à remettre son poste en jeu à intervalles réguliers lors d'une assemblée générale. Si aucun autre candidat se présente, il s'agit d'une simple formalité, le président vérifie qu'il a toujours la confiance des adhérents ainsi que son Bureau qu'il peut d'ailleurs modifier en profitant de l'assemblée. Anguerrand peut toujours couiner comme un veau, c'est comme cela que cela se passe dans les assoces et donc dans les partis politiques. J'ai fait partie d'un Bureau pendant dix ans en tant que trésorier et nous avons, le président et moi, été régulièrement reconduits par les AG avec des scores "soviétiques". Quand tout baigne, il n'y a aucune raison de changer de président, pensent les adhérents.

  • Par Anguerrand - 14/06/2015 - 06:58 - Signaler un abus Vangog et Leucate, je vous ai compris

    Au FN il n'y a aucune divergence, bien sûr les opposants sont tous virés s'ils ne sont pas d'accord. Dans ce parti il n'y aurait qu'une personne capable, plutôt un couple de gauchiste avec Philippot capable. C'est beau la démocratie nationale socialiste.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€