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Ce répit économique que l’Europe fragilise en n’ayant toujours pas compris ce qui lui était arrivé en 2008 et depuis

La crise économique semble enfin offrir un répit au continent européen. Dans ce contexte favorable, il est à noter que le déficit budgétaire moyen est de 1,1% ce qui est loin de notre 2,9% qui nous place, hélas, en avant-dernière place de ce classement important.

Mémoire courte

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Ce répit économique que l’Europe fragilise en n’ayant toujours pas compris ce qui lui était arrivé en 2008 et depuis

La France est toujours sur la ligne de crête du décrochage et le risque de voir l'année 2018 être tendue au plan budgétaire n'est pas une chimère de ceux que le Général de Gaulle aimait à nommer " les pisse-vinaigre " mais bel et bien une forte probabilité.

D'évidence, la crise économique a été un douloureux mélange entre des tendances à long terme ( économie d'endettement : " overdraft-economy " ) et des circonstances, des facteurs déclencheurs plus ou moins impromptus.

Avec plusieurs années de recul, que pouvons-nous retenir de ce croisement entre crise et circonstances ?

Tout d'abord, un point est acquis : l'explication causale de la crise de 2008 continuera de diviser car les économistes et le monde financier n'accordent pas le même paramétrage explicatif aux évènements. Là où Christine Lagarde a parlé à plusieurs reprises de " thrombose " du système ( par référence à la défiance largement répandue existant sur le marché interbancaire ) d'autres ont estimé que l'onde de choc était absorbable. Telle fût d'ailleurs longtemps la position de Marc Ladreit de Lacharrière, ancien actionnaire de référence de l'agence de notation Fitch. 

En fait, il y a eu collision entre un surendettement spéculatif des ménages ( sub-primes ) et une décision déraisonnable de lâcher Lehman Brothers en sous-estimant les méandres induits par la titrisation. 

C'est donc la rencontre entre l'inversion d'une dynamique haussière sur un segment de l'immobilier et la diffusion plus large que connue et donc anticipée de l'outil de titrisation.

Un deuxième point est acquis et semble similaire à la situation de 1929. Ici, il convient de citer Pierre-Antoine Delhommais ( Le Monde dans son édition des 6 et 7 septembre 2009 ) : " Reste à savoir pour quelles raisons la catastrophe totale a pu être évitée. Difficile à dire lorsqu'on sait que, quatre-vingts ans plus tard, les économistes ne savent toujours pas très bien comment l'économie mondiale avait basculé ainsi dans le vide. Chacun continue de proposer ses explications selon son école de pensée, ce qui a fait dire à Barry Eichengreen que la crise de 1929 constitue " le test de Rorschach " de la macroéconomie. Il n'y a pas d'accord sur les causes de la Grande Dépression, mais il existe un consensus sur les grandes erreurs de politique économique qui furent commises à l'époque, avec pour effet d'aggraver l'état du malade. Et qui n'ont pas été reproduites en 2008 ". Sur le fond, en 2009, tout paraissait clair.

Mais depuis, huit années plus tard, est-on dans le réel si l'on énonce qu'aucune grande erreur de politique économique n'a été commise ?

Loin de vouloir stigmatiser tel ou tel pour le plaisir de la critique gratuite, force est de constater que les dirigeants, pris collectivement, ont additionné des risques et contribué à jeter de l'essence sur le brasier.

Si la règlementation bancaire a effectivement été durcie ( Bâle III ), au moment où Paris s'apprête à accueillir l'EBA ( l'autorité de régulation bancaire ) extirpée de Londres, de nombreux économistes et praticiens s'accordent pour conclure que les nouvelles normes de fonds propres ont contribué à une contraction du crédit sur la période 2009 à 2013.

 
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  • Par vangog - 27/11/2017 - 12:10 - Signaler un abus Ça va aller très vite!

    La fin des quantitative easings aux USA, va entraîner la fin des rachats de dettes pourries par la BCE, avec quelques années de décalage...les Américains ayant été plus réactifs que les europeistes,ils ont profité à plein de ces QE, et peuvent, dorénavant, se consacrer au dollar, qui va se réapprecier, afin de lutter contre l’offensive Yuan. Les pays qui ont profité moins des rachats d’actifs, les « sudistes » corrompus par le gauchisme, vont replonger dans le rouge: déficit du commerce extérieur abyssal, menace de prédation industrielle, délocalisations géantes, explosion du chômage et de la dette: parcours gauchiste classique! Les peuples sudistes vont trinquer, et se rebeller...Cette menace sourde de rébellion des peuples sudistes effraiera les nordistes, qui dévoileront rapidement leur plan B européen, avec partition de l’UE entre sudistes et nordistes...pour éviter la guerre!

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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