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Renouveau politique : la guerre des générations aura-t-elle lieu ?

Comparativement à Valéry Giscard d'Estaing ou François Mitterrand, la génération de politiques de Nicolas Sarkozy ou François Hollande n'a pas su se maintenir aussi longtemps au pouvoir. Une génération sacrifiée de la politique française. Certaines raisons, comme la parité, expliquent ce décalage.

Nés dans les 60´s, génération sacrifiée

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Renouveau politique : la guerre des générations aura-t-elle lieu ?

L’échec de Nicolas Sarkozy et de François Hollande à effectuer un second mandat tout comme celui de François Fillon, sonnent le glas de toute une génération. Les enfants des années 50 n’auront occupé le pouvoir suprême que dix ans. Ils ont été bien moins efficaces que leurs prédécesseurs, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac qui avaient réussi, durant plus de quarante ans, à se maintenir sur le devant de la scène. Né en 1977, le nouveau Président a, en effet précipité à la retraite de nombreux barons de la politique. 

Si les précédentes générations ayant exercé le pouvoir pouvaient se prévaloir d’avoir contribué à la reconstruction du pays et aux Trente Glorieuses, celles des années 50 ont été jugées responsables, de manière certainement un peu injuste, du déclin du pays, de la crise, du chômage et de la dette. 

Le Général de Gaulle, Georges Pompidou, Giscard d’Estaing tiraient leur légitimité de la Seconde Guerre mondiale.

Ils avaient participé à la création de la 5e République. François Mitterrand, avec sa part d’ombre, s’est inscrit dans le prolongement des pères fondateurs et a revêtu à la perfection les habits de la fonction présidentielle. Si Jacques Chirac n’a pas été un acteur de la période 39/45, il s’est arrogé le titre d’héritier de Georges Pompidou, le Président symbolisant les 30 Glorieuses. Il a été un trait d’union dans la succession des générations. Né en 1932, avant la Seconde Guerre mondiale, il a, à son corps défendant, transmis le pouvoir, à Nicolas Sarkozy né en 1955. Les hommes et les femmes qui ont occupé le pouvoir jusque dans les années 2000, Simone Veil en étant évidemment un des plus beaux exemples, avaient le cuir épais, endurci par les évènements tragiques qu’ils avaient du traverser. Ceux qui leur ont succédé n’ont pas connu l’épreuve du feu. Leurs batailles étaient plus petites, des batailles de partis politiques, des batailles de personnes. 

La durée du règne des baby-boomers a été courte car les seigneurs précédents ont monopolisé le pouvoir en s’appuyant sur leur légitimité historique et grâce à un savoir-faire certain. La capacité de conservation du pouvoir de De Gaulle à Chirac en passant par Mitterrand tranche avec l’instabilité chronique du pouvoir en France.  

L’échec des baby-boomers n’est également pas sans lien avec l’avènement d’une société de l’information immédiate. Maîtrisant mal les nouveaux codes de la société des médias du Net, ils ont été encensés, lâchés et lynchés. Emmanuel Macron semble avoir compris que l’émetteur de l’information prime sur le canal de distribution. Il vit au rythme d’Internet depuis son adolescence. Quand les hommes politiques de l’ancien temps étaient incapables de refuser une sollicitation de la part des médias, Emmanuel Macron entend non pas à la rareté mais à la maîtrise de l’information. Il choisit ce qu’il veut donner. En cela, il ressemble plus à Valéry Giscard d’Estaing ou à François Mitterrand à la nuance près que les époques sont différentes. Dans les années 70 ou au début des années, le nombre des canaux d’information était réduit. 

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 17/07/2017 - 11:39 - Signaler un abus Renouvellement politique ou " degagisme"

    C'est drôle de voir que leurs adeptes les plus fervents sont Melenchon, MLP, Bayrou, et le gouvernement Macron !

  • Par Michèle Plahiers - 17/07/2017 - 13:07 - Signaler un abus Conçue le jour de la naissance de Fillon

    je peux confirmer la difficulté de cette génération de s'installer au pouvoir. La difficulté était d'être à cheval sur le passé et les avancées sociétales engagées par mai 68. Même au lycée, je me suis trouvée à cheval entre le rénové et l'enseignement traditionnel (les ensembles en math, la méthode globale en français), Freud et Deleuze. Nous tentions en permanence de concilier les traditions et la nouveautés (le libéralisme et le respect de la tradition), l'arrivée d'internat et l'artisanat. C'était pénible, parce que chaque fois que nous trouvions nos marques, un vent nouveau soufflait qui balayait l'ancien... J'en témoigne,.. Par contre, ceux qui sont nés dans les années trente et quarante ont mieux réussi. Tant sur le plan familial que professionnel.

  • Par Michèle Plahiers - 17/07/2017 - 13:21 - Signaler un abus Les années d'après guerre

    ou l'illusion de l'oubli pour survivre à l'horreur. Je les ai vu mes parents pris dans ce tourbillon de l'après guerre. Epoque "nouvelle vague", zazous, Gréco et Boris Vian,... (sosie plus marqué de Macron). Ma mère et son fameux: "drafac (verlan de cafard). Je sentais bien cette souffrance derrière le houla hoop, et l'arrivée des années 58 ainsi que le twist et Johnny. Mais, ils ne faisaient pas illusion,...J'étais trop jeunes pour comprendre mai 68 et je trouvais mes vrais repères chez mes grands-parents et mes oncles et tantes. Cela s'appelle une filiation en L comme aux échecs: le cavalier (qui saute une génération). D'ailleurs, Macron a été élevé....par sa grand-mère (tant mieux pour lui,...).

  • Par Michèle Plahiers - 17/07/2017 - 13:39 - Signaler un abus Cette analyse

    est très bien faite et me semble nécessaire pour comprendre le futur. Les jeunes d'aujourd'hui sont tout à fait déboussolés, c'est assez catastrophique. Enfants sans père et repères. Soit ils adoptent la fuite vers l'avant (et s'étonnent quand le château de carte s'écroule,...), soit ils régressent plutôt que de tenter de réussir leur vie. Et qui ramasse la casse: les mères surchargées et en dépression? Les hommes eux, ont démissionné (je parle ici de la généralité). Il reste des poches de personnes qui s'en sortent bien (mais c'est plutôt rare,...)

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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