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Rencontrez Talos, le fantassin américain de demain

L'Armée américaine a récemment émis un appel d'offre visant à la mise au point d'une armure protégeant au mieux ses soldats lors des pérations de terrain. Depuis quelques jours, plusieurs vidéos ont été postées sur Internet révélant certaines caractéristiques de cette super-protection. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle s'apparente à celle d'un super-héros !

L'armée du futur

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Rencontrez Talos, le fantassin américain de demain

L'Armée de terre américaine envisage la mise au point d'une super-armure visant à décupler la puissance de ses soldats.  Crédit Allociné

Atlantico: L'Armée américaine a récemment commissionné plusieurs groupes de chercheurs du MIT afin de concevoir une super-armure qui rendrait ses soldats invincibles. Sur le plan matériel et technologique, comment cela se concrétise-t-il ?

Philippe Chapleau : Il convient tout d'abord de rappeler qu'il ne s'agit pas là d'une nouveauté. En 2011, la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) avait lancé le projet Warrior afin de doter les soldats américains d'un exosquelette visant à les rendre plus forts. Le projet Talos a d'ailleurs utilisé des images du projet Warrior.

Avec ce nouveau projet, l'idée est bel et bien de donner aux forces spéciales américaines des capacités de protection et de projection accrues afin que les soldats soient plus puissants, mieux protégés et aussi moins nombreux car tel est l'un des objectifs de Talos.

Deux phases caractérisent déjà ce projet : au mois de mai, une RFI (Request for Information) été lancée, dans laquelle les grandes lignes du projet ont été formulées. Un appel d'offre a suivi en septembre, destiné aux chercheurs afin qu'ils puissent fournir un Livre blanc sur le projet. L'échéance butoir de production de ce document a été fixée à l'automne 2014. Il n'est donc pas encore question à ce stade de production.  Ce Livre blanc sera examiné par les autorités militaires américaines et notamment par la DARPA, afin d'étudier la faisabilité du projet en termes de coût. Le montant maximal pour le développement des produits proposés a été fixé à 2 millions de dollars, ce qui est absolument ridicule, tandis qu'il a été demandé aux équipes travaillant sur le projet d'être capables de produire ce démonstrateur en douze mois. Au regard de ces contraintes, il ne faut donc pas espérer obtenir de produits tout à fait novateurs et encore moins de révolution.

Même si cette super-armure n'épargne pas au soldat sa présence sur le terrain, celle-ci constitue une enveloppe protectrice redoutable. Ce projet ne s'inscrierait-il pas dans cette nouvelle logique militaire de distanciation entre le soldat et le terrain, qui culmine avec les drones ?

Deux éléments sont à considérer. Tout d'abord, il y a une vue de l’esprit de certains développeurs américains influencés par le lobby des équipementiers. Ces derniers ont tout intérêt à ce que le projet Talos voit le jour pour des raisons économiques. En effet, la mise au point de cet exosquelette va nécessiter également le développement d'équipement connexes: véhicules, hélicoptères etc. afin de pouvoir transporter les soldats ainsi équipés. Il y a donc énormément d'argent en jeu, à terme.

De l'autre côté, si l'on écoute les opérateurs des forces spéciales, ces derniers restent très perplexes sur les capacités de ces équipements. Ils mettent en avant le temps de développement, la fragilité de l'équipement... Ils insistent surtout sur la nécessité de prendre en compte certains éléments: la mise au point de protections balistiques très légères (et qui ne pèsent plus donc 13 ou 16 kilos), et de sources d'énergie pour ces équipement qui durent. Ceci est parfaitement observable en France avec le projet Félin, dont l'une des limites est précisément cette question de l'énergie ; ceci explique le besoin des soldats équipés du Félin d'avoir accès à des VBCI (Véhicule Blindé de Combat d'Infanterie) pour recharger leur batterie. On peut donc avoir de très bons soldats très bien équipés, mais qui peuvent se retrouver hors-jeu si les batteries de ces équipement lâchent sur le terrain.

 
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  • Par Balyre - 17/10/2013 - 09:59 - Signaler un abus On va vers le space marine

    Ce soldat en armure si répandu dans les oeuvres de science fiction.

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Philippe Chapleau

Philippe Chapleau est Journaliste au service Politique de Ouest-France. Il suit les questions de défense et la politique étrangère, après avoir été basé en Afrique du Sud comme correspondant jusqu'en 1992.

Il est l'auteur de Mercenaires SA (1998), Sociétés militaires privées. Enquête sur les soldats sans armées (2005), Les mercenaires de l'antiquité à nos jours (2006), et de l'essai  Les nouveaux entrepreneurs de la guerre, qui traite de l'externalisation en matière de défense en France.

 

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