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Une rencontre Netanyahu-Macron marquée par l’annonce par Téhéran de sa volonté de reprendre l’enrichissement de l’uranium

La rencontre entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou, ce mardi 5 juin à Paris, menée dans le cadre d'une tournée européenne par le Premier ministre israélien, a été dominée par la question iranienne. Benjamin Netanyahou a ainsi essayé de convaincre le président français de la nécessité de contenir l'influence iranienne au Moyen-Orient.

Diplomatie

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Une rencontre Netanyahu-Macron marquée par l’annonce par Téhéran de sa volonté de reprendre l’enrichissement de l’uranium

 Crédit CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP

  1. La rencontre entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou, ce mardi 5 juin à Paris, menée dans le cadre d'une tournée européenne par le Premier ministre israélien, a été dominée par la question iranienne. Benjamin Netanyahou a ainsi essayé de convaincre le président français de la nécessité de contenir l'influence iranienne au Moyen-Orient. Cette rencontre a-t-elle pu produire une évolution des positions de l'une ou l'autre des parties ?

  2.  

 

Jean-Sylvestre Mongrenier : De fait, c’est la question essentielle. D’autant plus que le jour même, Téhéran notifiait à l’AIEA sa volonté de reprendre l’enrichissement de l’uranium au-delà de 3,67%. D’aucun font un parallèle avec la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l’accord nucléaire, mais il doit être rappelé que Téhéran est signataire du Traité de non-prolifération (1968). Ce texte ne reconnaît pas un quelconque droit à l’enrichissement de l’uranium et le régime irano-chiite n’en respecte pas les termes.

Il suffit pour s’en convaincre de se reporter au texte dudit traité d’une part, de l’autre au contenu des différentes résolutions qui ont été votées par le Conseil de sécurité au long de cette crise nucléaire rampante. Le chef du gouvernement israélien est très déterminé à faire respecter un certain nombre de « lignes rouges » et l’armée israélienne s’y emploie.

A plusieurs reprises, Tsahal a bousculé Moscou, en frappant sur le sol syrien des cibles iraniennes ou autres. On n’imagine donc pas Benjamin Netanyahou se rallier aux arguments d’Emmanuel Macron qui semblent assez faibles et dépassés par la dynamique de la situation. Il est vain d’expliquer que cet accord est la moins mauvaise des solutions lorsque, sur le terrain, c’est bien une guerre qui est amorcée. Il est certes possible de nuancer le diagnostic - en parlant de « conflit de faible intensité », d’« incidents » ou encore de « frappes » -, mais les faits sont là : l’impérialisme irano-chiite et ses agissements provoquent des chocs en retour. Faut-il s’en étonner ? Si l’on a une vision dialectique de l’Histoire, on comprend que toute actualisation d’un phénomène potentialise sa contradiction.

Il est d’ailleurs frappant de constater que le discours français et européen, une fois avoir rappelé de manière rituelle l’importance de cet accord, se déplace très vite sur le terrain économique et commercial. Les parts de marché seraient-elles plus importantes que les intérêts de sécurité de nos alliés régionaux et, à brève échéance, les nôtres ? Faudrait-il faire cause commune avec le régime irano-chiite, contre les Etats-Unis, Israël et les régimes irano-chiites ? Ce n’est certainement pas ce que pensent le chef de l’Etat et la quai d’Orsay, mais il serait bon de ne pas embrouiller l’opinion publique avec de vaine rhétoriques et des postures inadéquates.

 
Commentaires

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  • Par Marie-E - 06/06/2018 - 11:13 - Signaler un abus Merci

    J'apprécie de vous lire de plus en plus. Vos analyses sont tellement argumentées par rapport à ce qu'on lit dans la presse nationale qui se contente des dépêches AFP ou Reuters avec des omissions ou des prises de position pitoyables... Et ne parlons pas de certains commentaires qui sont du même niveau que les slogans imbéciles des manifestants contre Netanyahu qui sont heureusement peu nombreux.

  • Par gerint - 06/06/2018 - 13:51 - Signaler un abus Jamais il’Iran n’ a voulu respecter d’accord

    L’essentiel pour l’Iran est de gagner du temps. Il me semble que le passé a prouvé cela. Trump ke sait et tire les conclusions. Et c’est aussi l’avis de pas mal d’opposants au régime iranien. Nétanyahou n’a rien à faire de Macron. Ce sont les États-Unis et la Russie qui comptent.

  • Par Liberte5 - 06/06/2018 - 14:24 - Signaler un abus Enfin un article qui ne pratique pas la langue de bois.

    Une fois encore la France est à côté de la plaque sur ce dossier.E. Macron sait que cet accord est biaisé et laisse une latitude certaine à l'Iran pour continuer à se doter de l'arme nucléaire. Mais il fait lâchement l'impasse d'une part pour essayer d'exister et d'autre part pour essayer de sauver les quelques intérêts économiques français. C'est consternant. D. Trump ,que tous les médias Français traitent de fou, montre une fois de plus qu'il a une meilleure analyse que tous ces lâches et qu'il a les tripes pour faire ce qu'il dit.

  • Par cagnotte - 06/06/2018 - 16:04 - Signaler un abus Le cul entre deux chaises!

    C'est la situation de Macron grand admirateur et inféodé aux anglo saxons ,, "bottom up" Et complètement bousculé ,hors jeu par ceux ci ! comme Trump le tirant par la main, il est instrumentalisé par Netamiou le corrompu et criminel de guerre! Pourquoi accepte t il de recevoir ce dangereux menteur, alors que les autres européens restent prudent? Veut il jouer au gendarme comme en mer de Chine ou il envoie nos bateaux? Nous n'avons pas les moyens pour et il va se faire ridiculiser .

  • Par Marie-E - 06/06/2018 - 16:52 - Signaler un abus Netanyahu

    Corrompu ? J'en sais rien pas plus que vous, nous n'en sommes qu'à la fin des enquêtes. Criminel de guerre ? Je n'en sais rien car la Cpi saisie par les Palestiniens regarde si un dossier peut être ouvert. Si on compare avec d'autres premiers ministres il est plutôt en retrait sur la décision de faire la guerre : voir l' Iran en 2011, voir les discussions sur le Golan en 2010, voir le gel de la construction en Judée Samarie pendant 10 mois, voir l'aide à la Jordanie (hélicoptères et manœuvres communes aux Usa), voir l'aide à l'Égypte (accord pour remilitarisatiln partielle du Sinaï pour lutter contre Daech).. En quoi est il menteur ? Parce que depuis 2015il dit que l'accord avec l'Iran est un mauvais accord et qu'il a prouvé que les ayatollahs avaient menti sur la période précédente avec le nucléaire militaire. Les autres Européens restent prudents : ah bon il est reçu par Merkel et May, t il en a déjà vu d'autres. Quant à Trump, il discute avec lui mais il discute aussi avec Poutine : tout le monde sauf les Russes va quitter la Syrie Iraniens, supplétifs afghans et pakistanais et Hezbollah. Netanyahu est un homme d'état qui défend son pays et qui est écouté dans le monde.

  • Par Paul Emiste - 06/06/2018 - 18:46 - Signaler un abus Refusé sur le Fig, la vérité est hors charte!

    L´Iran est dirigé par un "guide", "Führer" en allemand, ils ont les gardiens de la révolution, véritable "SturmAbteilung" en allemand, et une police religieuse, véritables "ShutzStaffel" en allemand. Après vous faites votre choix, le miens est fait!

  • Par gerint - 06/06/2018 - 21:52 - Signaler un abus L’Iran est maître de l’art du double jeu

    On ne peut pas l’ignôter.

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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