Coût bas
Pourquoi Renault a raison d'assembler son monospace low cost au Maroc et pas en France
Le constructeur automobile français a inauguré ce jeudi une usine à Tanger au Maroc. Cette dernière sera consacrée à la construction du modèle low cost de la filiale. Les Français voient partir à l'étranger un peu de leur patrimoine...

La marque au losange a inauguré ce jeudi une usine à Tanger au Maroc. Crédit Reuters
Voilà donc Renault et son président montrés du doigt. L’historique marque automobile française s’installe au Maroc pour y assembler son monospace low cost. "Et pourquoi pas en France?" chantent d’un même cœur certains syndicalistes et la "France de gauche". La première réponse qui tombe sous le sens est celle des coûts de production. On le dit, on le répète, mais personne ne veut en tirer les conséquences : la France est le champion des pays de l’OCDE en matière de prélèvements obligatoires (les cotisations sociales représentent environ 38% des prélèvements obligatoires) et par conséquent un des grands pays industriels dans lequel le coût du travail est dissuasif pour le secteur concurrentiel de l’industrie.
Le choix de Renault ne se réduit cependant pas à cette seule logique des coûts de personnel. Comme tous les grands constructeurs, l’entreprise française a diversifié ses territoires de production. On parle beaucoup du modèle allemand, mais qui sait que 48% de la valeur ajoutée d’une Porsche est fabriqué en Slovaquie, où le cout du travail est plus bas qu’en Allemagne ?
La stratégie Dacia est déjà ancienne chez Renault. Elle remonte aux années 1990. Le mur de Berlin est tombé, le marché s’est élargi et il faut pouvoir vendre aux nouveaux consommateurs du marché libre des véhicules qui répondent à leurs besoins et qui soient compatibles avec leur budget. Le président Schweitzer charge une équipe de travailler sur une voiture low cost qui pourrait rouler partout dans le monde, qui serait éligible à toutes les qualités de carburants et qui serait….simple. Pas d’électronique, pas de chichis mais une réponse aux besoins primaires de mobilité pour les familles du nouveau marché.
La marque est protégée et les équipes sont séparées pour éviter la contamination culturelle. Pour autant, Renault n’est pas n’importe quelle entreprise. Elle peut s’adosser à presque un siècle d’expérience et d’expertise. Les ingénieurs Dacia sont invités à puiser dans la banque d’organe, ces pièces déjà usinées qui sont amorties.
Prenons le cas de la Logan : le train avant vient de la Clio 2, le train arrière de la Modus, la planche de bord a été moulée en une fois au lieu de 5, le réservoir de liquide de frein est issu de la Mégane 2, comme l’ABS et la boite de vitesse. Il y a du Renault dans cette voiture, mais, seul le coût marginal de production de ces pièces sera imputé sur les nouveaux modèles, à commencer par l’emblématique Logan. Le véhicule est loin d’être glamour, mais il répond à la demande d’une partie de la clientèle qui privilégie la valeur d’usage au détriment de la valeur statutaire : « pourquoi rouler dans une grosse bagnole chère à l’achat et à l’entretien quand on a besoin d’une voiture simple et fiable » ? Le prix du nouveau véhicule polarise l’intérêt de toute la communauté automobile. Au lancement de la Logan, il est sous la barre psychologique des 50 000 francs français de l’époque, soit 7500 €.
Grâce à Dacia, le groupe Renault-Nissan est parvenu à garder la tête hors de l’eau, y compris par gros temps. Des emplois français ont été sauvés grâce à la diversification. La stratégie industrielle de Schweitzer poursuivie et amplifiée par Carlos Ghosn était la bonne. Grâce à son implantation au Maroc, Renault-Nissan, via Dacia, pourra proposer un monospace de base à un prix de base. C’est ce que les consommateurs attendent.
Le groupe s’ouvre un peu plus la porte des pays émergents. Il fallait beaucoup d’audace pour réussir ce coup simple. Quand les industriels français voient juste et bien, il faut le dire et s’en féliciter. Je préfère le monospace marocain de Renault que la prime à la casse payée par les contribuables qui a largement contribué à subventionner l’industrie automobile étrangère !
Pascal Perri
Pascal Perri est économiste.
Spécialiste de la concurrence et des prix, il dirige PNC, un cabinet de conseil en stratégie low cost. Il est un des sociétaires des Grandes gueules de RMC et commentateur régulier du grand journal de l’économie sur BFM.
Il a publié notamment SNCF : un scandale français (Eyrolles, 2009) et plus récemment Ne tirez pas sur le foot - Contre les idées reçues (JC Lattès, 2011).
Il a récemment publié une étude de marché intitulé "Réussir sa stratégie low cost" avec Les Echos études et Eurostaf.


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Aujourd'hui, des voitures low-cost chez renault. Demain le haut de gamme chez peugeot (?).
Dans 10 ans (si tout tient encore debout?), tout sera importé en France. Nous leur donnerons le milieu de gamme, le haut, le bas... Bref, tout. Avec cette logique, autant dire tout de suite qu'il n'y aura plus trop de production industrielle en France. Plus de sous-traitants industriels, partis avec les usines "finales", plus de sous-traitants annexes (maintenance, informatique, ...).
Où comment perdre des pans entiers de savoirs et d'emplois. Pour les remplacer par quoi? Là est la vraie question. Si encore, il y avait du monde derrière. Mais vous me permettrez de douter. Il y a là un équilibre à trouver. La satisfaction du consommateur va heurter le porte-monnaie du travailleur.
Il a fallu un siècle pour se "débarrasser" du textile. Pour l'industrie, cela risque d'être beaucoup plus rapide.
@Ludo1963
Non, prouvez-moi que parce que le "prix du travail" baisse, le prix de la bagnole baisse aussi.
J'ai toujours constaté une augmentation des prix. Où est passée la fameuse baisse du prix de revient?
Voyez l'exemple de la restauration: combien d'emplois créés? Quelle baisse des prix?
Je ne suis pas de gauche, mais je refuse de participer à une droite sans humanité. Le travail est un droit, il faut donner du boulot à nos concitoyens, puis si possible au reste du monde.
Comment admettre que l'Etat qui possède une majorité de blocage chez Renault laisse cette boite que nous avons soutenue avec l'argent public délocaliser 6 000 emplois. Faites le calcul, vous allez vite voir ce que nous coûte cette fantaisie en aides diverses pour conserver la paix sociale.
Alors que les 4000€ de différence selon votre calcul sur une bagnole que je vais garder 7 ans représentent 600€ par an avec les intérêts. Regardez votre fiche de paie et calculer à combien reviennent les taxes et impositions diverses pour entretenir "les plus démunis", les "plus défavorisés". C'est notre aveuglement qui crée cette masse malléable par les politiques à coups d'aides et de subventions diverses.
@Rhytton
Vous écrivez n'importe quoi ce qui est votre droit le plus strict. L'industrie, par le biais des délocalisations, a détruit des centaines de milliers d'emplois en France. Nous ne produisons plus de richesses ou en tout cas de moins en moins, mais nous importons soit-disant à bas prix des produits que nous fabriquions sur notre territoire, autrefois. Je répète ma question, Monsieur l'économiste en chef, qui achète ces produits? Avec 3 millions de chômeurs avérés, quel est le prix de revient réel pour l'économie du pays, pas pour les actionnaires?
Il est aisé de gueuler "tous des fainéants" mais il faut proposer du travail, alors ce que ne veulent pas bosser, vous pouvez les critiquer et leurs couper les vivres car ils ne participent pas à l'effort national.
Les bagnoles fabriquées au Maroc doivent être durement taxées lors de leur entrée en Europe comme tous les produits élaborés en exploitant la misère.
Comment osez-vous défendre Goshn qui gagne des millions d'euros par an et vous parle de la cherté du travail? Comment pouvez-vous défendre des emplois rémunérés 250€ par mois? Vous-même, accepteriez-vous de bosser pour cette somme dérisoire?
j'ai bien lu votre bla bla bla et vous conseille de méditer où en serait l'industrie horlogère suisse si elle avait délocalisé en Chine ?
Ne comparez pas les berlines allemandes aux Renault :vous faites rire tout le monde !!!!
Sauf enfumage ,faîtes une enquête sur le vrai prix de revient d'une voiture et vous n'écrirez plus pareilles fadaises.( ou alors toyota c'est des fous)
Il suffirait de comparer le prix de vente public avec fabrication France et Maroc exemple 10000 euros / 14000 euros ce serait plus parlant pour le Français moyen, ignare en économie
A lire Carcajou, on croirait la France capable de produire pour tout le monde toutes les voitures du monde. HA HA HA ! Conservons ce qu'il faut pour nos ouvriers : la production de qualité en France (la présence de Toyota sur notre sol le prouve), tout en imposant le savoir-faire français ailleurs, en partant du low-cost: "petit poisson deviendra grand" disait La Fontaine! Skoda appartient au groupe Volkswagen, les Allemands n'ont jamais décidé de centrer la production chez eux mais ce constructeur low-cost tchèque nous fait bien sentir son influence germanique, sans qu'un nationaliste teuton s'en plaigne!
Les nouveaux consommateurs des BRICS...
Qu'est-ce que c'est que ces conneries?
Qui va acheter les voitures produites au Maroc? Les ouvriers marocains payés 250€ de l'heure? Non, les Français qui verront ces bagnoles "françaises" importées du Maroc.
Avec quoi paieront-ils puisqu'ils n'ont plus de boulot? Avec le fric de l'Etat sous forme d'aides et de subventions.
Où l'Etat trouvera-t-il le fric? Dans l'emprunt.
Qui paiera au final? Les classes moyennes.
Toyota implante une usine en France où le travail est trop cher (?) pour vendre les voitures en France et en Europe, voitures payées par les ouvriers avec le fric gagné en fabricant les produits qu'ils consomment, la vraie économie, quoi, pas celle des zozos.
Quand Toyota ouvre une usine à Valenciennes, les Japonais, au lieu de voir un peu de leur patrimoine partir à l'étranger, voient un peu de leur civilisation se répandre à travers le monde. Sachons adopter cet état d'esprit.
Des volontaires pour aller travailler à l'usine en France au même salaire de 250 euros par mois que les ouvriers marocains ? Non ?
c'est juste que le régime marocain est de nature dictatoriale qu'il n'admet pas la moindre opposition. Il est vrai que dans un tel pays il n'y aura pas de revendications salariale, renault pourra tranquillement exploiter ces travailleurs réduits à un état de quasi esclave, mais enfin c'est bien là la finalité du libéralisme, donc, vous avez raison, oui renault fait bien de délocaliser là-bas.
L'ouvrier français moyen est payé au moins cinq fois trop par rapport à l'ouvrier marocain, pas besoin de tortiller du cul pour s'en rendre compte, comme dirait Jean-Claude Convenant ! C'est l'effet de la mondialisation, dans moins de 10 ans toutes les entreprises dignes de ce nom auront quitté notre sol ! Nous vivrons du tourisme... ou de la manche, dans un Maghreb élargi puisque l'Europe aura disparu !
Les Marocains travaillant dans cette usine ne debarquent pas au moins au paradis des allocs. De plus Renault n'est pas a la merci de la CGT. Cela fait beaucoup.
Bon article.
C'est dommage que nos entreprises soient obligéesde délocaliser pour continuer de produire à des prix relativement corrects. Il y a certainement quelque chose à changer mais est-ce que cela intéresse vraiment nos politiques.
Pour Renault, 30 ans après, ils nous refont une 4L - Simple, passe-partout et qui roule longtemps dans presque n'importe quelles conditions !!
En plus le fameux coup du travail en france ,les prelevements qui ont été necessaires pour compenser le chomage je rajoute les 35h les RTT les preretaites par rapport au autres pays .renault et les autres sont contraint aux délocalisations seulement pour survivre .c'est tres facile et plaisant de donner .pour reprendre ,c'est une autre affaire