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Remboursement à 100% l’IVG : veut-on vraiment faire de l’avortement un moyen de contraception ?

Les députés ont voté vendredi le remboursement à 100% des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par l'assurance-maladie à toutes les femmes à partir de 2013, ainsi que le remboursement à 100% des contraceptifs pour les jeunes filles mineures.

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Remboursement à 100% l’IVG : veut-on vraiment faire de l’avortement un moyen de contraception ?

Il sera nécessaire de consacrer plus de budget dans l'éducation de la contraception. Crédit Flickr/mr.paille

Article publié le 3 octobre

 

Atlantico : Le gouvernement, dans le cadre du projet de budget de la sécurité sociale pour 2013, a annoncé que l'IVG serait remboursé à 100 % dès 2013. Actuellement, seules les jeunes filles mineures sont intégralement remboursées. Une telle mesure peut-elle créer une confusion entre avortement et contraception ?


Christian Jamin : Tout d'abord, on peut se demander si le fait que l'avortement soit remboursé va modifier l'accès des femmes à l'IVG. Personnellement, j'en doute car, d'après ce que je vois, les femmes se débrouillent toujours. En effet, je ne pense pas qu'il y ait des femmes qui se refusent à franchir le pas pour une question d'argent.

D'autant plus qu'actuellement, l'avortement est déjà pris en charge à 70 % et coûte environ 190 euros.

 

En revanche, symboliquement le fait que l'IVG soit pris en charge à 100 % peut effectivement changer les choses, tout du moins dans les esprits. Quand les choses sont gratuites, psychologiquement, l'accès est facilité. Reste à savoir si cela va pousser à la baisse de la contraception... et j'ai bien peur que oui.

 

Par ailleurs, il faut savoir que cette annonce tombe au pire moment car on est actuellement en pleine polémique sur le déremboursement des pilules. En effet, le gouvernement a annoncé le déremboursement des pilules troisième génération. D'un côté, on stigmatise les éventuels risques extrêmement faibles liés à certains types de contraceptifs, si tant est qu'ils existent, et d'un autre côté, on valorise l'IVG. La percussion de ces deux nouvelles à quelques jours d'intervalle est purement et simplement désastreuse.

 

Aujourd'hui, les femmes, et plus particulièrement les jeunes filles, ont-elles réellement tendance à croire que l'IVG est un moyen de contraception comme les autres ?


Je ne dirai pas cela. Chez beaucoup de jeunes filles, l'avortement reste quelque chose qui effraie et auquel il ne faudrait recourir qu'en cas de force majeur. Mais il existe aussi celles pour qui l'IVG demeure un plan B. Je rappellerai que 3 % de la population en France ayant une vie sexuelle n'utilisent pas de contraception, 20 % utilisent une contraception non médicalisée, c'est-à-dire très peu efficace et ces 3 % de femmes qui ne se protègent pas représentent un tiers des IVG en France.

 

Aujourd'hui, on assiste aussi à un recul de la contraception dans certaines tranches d'âge, notamment les 20-30 ans. Comme s'il y avait une forme de lassitude et une désaffection après avoir commencé très jeune. L'avortement apparaît donc pour elles comme une "bouée de sauvetage".

 

Faut-il alors renforcer la sensibilisation des femmes sur le traumatisme que peut provoquer une IVG ?


Il y a eu un grand débat dans le journal Libération, où plusieurs personnes clamaient le fait que ce n'était pas vraiment un problème et certains affirmaient même que c'était nécessaire à la construction de la femme. Cela me paraît pour le moins exagéré ! En outre, toutes les femmes ne vivent pas de manière catastrophique une interruption de grossesse mais ne serait-ce que pour la santé physique et mentale, la contraception demeure beaucoup plus sain et moins grave que l'IVG qui n'est pas, comme certains pourraient le prétendre, un acte anodin.

 

Je ne crois pas à l'éducation par la peur, ce n'est pas en leur disant que c'est horrible que cela va les empêcher de le faire. Il faut plutôt positiver la contraception plutôt que de "négativer" l'IVG qui a toute sa place pour traiter les échecs, sans être un acte banal de la vie. Ce qui me préoccupe, c'est plus la désaffection de la contraception. C'est donc une véritable éducation contraceptive qu'il faut mener.

 

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 27/10/2012 - 12:16 - Signaler un abus l’avortement un moyen de contraception ?

    Cela revient a gratter des allumettes pour voir si elles marchent, curieux non ?

  • Par bobocleaner - 27/10/2012 - 12:59 - Signaler un abus l'avortement sera t il remboursé

    aprés une FIV ratéee pour un couple de lesbiennes mariées ? ce qui est bien avec la créativité c'est qu'on s'amuse meme avec des sujets graves

  • Par bobocleaner - 27/10/2012 - 13:00 - Signaler un abus ceci dit avec les socialistes

    tout ca sera sous conditions de ressources et gratuit pour les étrangers en situation irréguliére

  • Par Olizefly - 27/10/2012 - 13:40 - Signaler un abus L'avortement est-il un meurtre ?

    C'est ce dont on oublie à chaque fois de parler. On parle du traumatisme de la mère et de sa situation qui peut être désespérée et qui peut la pousser à se faire avorter, mais on oublie aussi la personne qui est avortée dans tout cela. Et qu'on ne me dise pas qu'à 12 semaines (le délai légal en France pour l'avortement sans motif médical) le foetus n'est pas un être humain, j'ai eu la chance de voir ma fille sur échographie à ce stade et tous ses organes humains étaient bien là, sa forme humaine était très clairement reconnaissable, ce n'est pas un amas de cellules informes qu'on "enlève" avec une IVG, c'est une personne qu'on tue. Et en France, des petits êtres humains encore dans le ventre de leur mère, on en tue environ 220 000 par an. C'est une chose terrible.

  • Par walküre - 27/10/2012 - 14:27 - Signaler un abus C'était un argument pour la pilule

    dans les années 60. Autoriser cette pilule pour avoir moins d'avortements. Résultats : néant. Une connaissance quasi-nulle des comportements humains mâtinée de mensonges sociologiques et d'à-peu-près philosophiques et on a une pilule inefficace et des avortements ruineux pour la sécurité sociale. Les guignol(e)s politico-associatifo-féministes ont démontré leur incompétence et leur goût pour les idées préfabriquées. Majoritairement gauchisants ces gens-là. Et il y en a qui ont la même logique concernant la drogue. Sûr que s'ils étaient passibles du pénal, on les entendraient moins.

  • Par ZOEDUBATO - 27/10/2012 - 18:50 - Signaler un abus La liberté sexuelle et le droit de bai...r à cou...s rabattues

    ne remplacent pas la liberté d'expression et les droits Constitutionnelles du citoyen de s'exprimer librement sans tenir compte - des interdits du politiquement correct et de la pensée unique - des sujets interdits comme l'immigration, l'identité nationale et le conditions de naturalisations que voudraient nous imposer les intellectuels de salon de thé

  • Par guigou - 28/10/2012 - 01:36 - Signaler un abus Les vertus de l'avortement

    L'auteur de l'article a raison. Il existe assez de moyens de contraception pour éviter l'avortement. Envisageons la choses sous un autre angle: Souhaitons-nous que les femmes assez stupides pour tomber enceintes car elles ne comprennent pas ou utilisent mal leurs moyens de contraception soient amenées à enfanter ? Le fruit tombant assez rarement loin de l'arbre, je trouve que les imbéciles ont déjà plus d'enfant que de raison. Désolé de cette cruauté, mais en tant qu'enseignant, je commence à désepérer de voir des parents incapables d'éduquer ou même d'éveiller à minima leurs enfants continuer à en faire... Parfois alors que les plus âgés sont déjà placés en foyer !

  • Par Gégé Foufou - 28/10/2012 - 08:08 - Signaler un abus A M. Jamin

    "Chez beaucoup de jeunes filles, l'avortement reste quelque chose qui effraie et auquel il ne faudrait recourir qu'en cas de force majeur." C'est comme aller chez le dentiste pour se faire arracher une dent ?

  • Par Gégé Foufou - 28/10/2012 - 18:18 - Signaler un abus Au fait

    La réponse à la question est OUI

  • Par Gégé Foufou - 28/10/2012 - 18:21 - Signaler un abus A ATLANTICO

    Vous vous êtes encore gouré on n'avancepas d'une heure, mais on retarde de 1H vous annoncez mon commentaire à 19H18 et il est 18H18 Vous avez embauché des stagiaires des cités ou vous avez abusé sur le chichon ?

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Christian Jamin

Christian Jamin est gynécologue et endocrinologue. Il exerce actuellement à Paris. Spécialiste de la régulation du traitement hormonal chez la femme, il participe activement aux recherches de nouvelles méthodes de contraception. Il s'implique également dans la prévention de l'IVG.

Il a co-écrit Une nouvelle vie pour la femme, aux éditions Jacob-Duvernet, 2006.

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