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Remaniement : le casting impossible (qui veut encore entrer au gouvernement…) ?

Alors que Nicolas Hulot a récemment refusé d'entrer au Gouvernement, François Hollande semble à la peine pour trouver de nouveaux ministres. On ne se bousculerait pas au portillon.

Appel à candidature

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Remaniement : le casting impossible (qui veut encore entrer au gouvernement…) ?

Atlantico : François Hollande prépare le remaniement. Quels sont les différents profils et personnalités qui pourraient le rejoindre ou que François Hollande aurait intérêt à faire entrer au Gouvernement ?

Jean Petaux : Difficile de raisonner comme s’il s’agissait d’un "casting" avec des "profils" ou des "gueules" qui correspondraient aux rôles qu’il va falloir jouer. Sans compter qu’il est nécessaire de s’interroger sur la portée électorale d’une telle opération. Sous le quinquennat précédent, le dernier remaniement d’envergure a été effectué le 10 novembre 2010, soit un an et 178 jours avant le 10 mai 2012, date de la fin du gouvernement Fillon III. C’est à cette occasion qu’Alain Juppé est revenu au Gouvernement en tant que Ministre d’Etat à la Défense, 3 ans et demi après sa défaite aux législatives de 2007 qui lui avait coûté son poste ministériel.

A l’époque, en novembre 2010, tous les observateurs évoquaient la "surpuissance" du Premier ministre qui sortait renforcé de l’interminable feuilleton du "restera ou pas à Matignon" et où le président Sarkozy sembla hésiter longtemps entre Fillon et Borloo. Les effets politiques de ce remaniement destiné à mettre en ordre de bataille le camp du président pour la campagne de 2012 furent très limités. Peut-être parce que finalement, en-dehors d’Alain Juppé, peu de personnalités de tout premier plan entrèrent alors au Gouvernement.

François Hollande aurait donc tout intérêt à faire "monter" en ligne de nouvelles personnalités ou à mettre en avant des visages encore peu connus et des profils "peu usés". Sur le modèle de ce qu’il a pu faire pour Emmanuel Macron ou Myriam El Khomri lors des deux précédents remaniements. Dans cet ordre d’idées et sur ce créneau, Mathias Fekl, le jeune et très sérieux ministre du Commerce extérieur, franco-allemand, a un excellent profil. Il lui faut également ouvrir la base gouvernementale tout en faisant sorte de "bloquer" d’éventuels opposants à gauche. Dans ce registre-là, le retour d’écologistes au Gouvernement permettrait de faire d’une pierre deux coups. Encore faut-il qu’il se présente des volontaires et que ceux-ci soient "gênants" pour Cécile Duflot. On peut ainsi estimer qu’une éventuelle entrée d’Emmanuelle Cosse, actuelle secrétaire nationale d’EELV, serait une réelle épine dans le pied de celle qui fut ministre du Logement dans le gouvernement Ayrault. Au chapitre des "frondeurs" qui rentreraient au "bercail élyséen", Razzi Hammadi, député de Montreuil-Bagnolet, ancien président du MJS de 2005 à 2007, réputé proche de Benoît Hamon, serait une "prise de guerre" montrable et présentable. Non qu’il pèse quoi que ce soit en matière électorale, non qu’il serait un "poids lourd" gouvernemental, mais il aurait le mérite de contrer les Christian Paul, Marie-Noëlle Lienemann, Pascal Cherki et surtout Benoît Hamon dans leurs critiques constantes et permanentes du Premier ministre. On peut aussi considérer que, fatigué et lassé de faire la police en permanence au niveau du groupe PS à l’Assemblée, le président Bruno Le Roux trouve, en entrant au Gouvernement, une forme de reconnaissance pour "services rendus".

Reste que toutes ces entrées ou promotions ne font pas automatiquement une "dream team" et surtout ne provoquent guère un électrochoc suffisamment fort pour frapper les esprits et prolonger ses effets jusqu’au printemps 2017. Pour ce faire, seul un changement de Premier ministre et une profonde recomposition du Gouvernement pourrait montrer une transformation de la ligne politique. Comme celle-ci est peu envisageable, François Hollande court le risque de se voir reprocher ce qui arrive souvent dans ce genre de contexte : "vouloir faire la même chose, pas neuve du tout, avec du pas très vieux mais pas non plus du tout neuf". Avec, au final, la sanction immanquable, celle que chantaient déjà les chansonniers et comiques-troupiers jadis : "C’était bien la peine, assurément, de changer de Gouvernement". Version populaire du "Tant de bruit pour (presque) rien".

Christelle Bertrand : On parle de plusieurs personnes pour remplacer Laurent Fabius en partance pour le Conseil constitutionnel : Jean-Marc Ayrault, Marisol Touraine, Michel Sapin, Elisabeth Guigou, Ségolène Royal et Matthias Fekl. Les destins de Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin et Ségolène Royal sont suffisamment liés à celui de François Hollande pour qu'ils n'aient, ni les uns ni les autres, beaucoup à perdre à rester auprès de lui dans la tourmente. Ségolène Royal, par exemple, a toujours été son meilleur soutien et entend le rester, alors que beaucoup s'en éloignent. Elle espère en être récompensée un jour. Marisol Touraine et Elisabeth Guigou n'ont rien à perdre non plus et ont, en revanche, à y gagner une belle promotion. Quant à Matthias Fekl, inutile de dire qu'il ne refuserait pas cette opportunité en or, un marchepied formidable pour une suite de carrière à la Macron. Le cas d'Emmanuelle Cosse, que François Hollande souhaiterait faire entrer pour verdir son gouvernement, est plus compliqué. La secrétaire nationale d'EELV risque, en effet, de se compromettre en ralliant un gouvernement dont l'écologie n'est clairement pas la priorité.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 09/02/2016 - 12:35 - Signaler un abus Quelle pitoyable mascarade que cette gauche qui aspire

    désormais plus à l'opposition, qu'au gouvernement! Un vrai President et un vrai Premier Ministre démissionneraient, s'ils avaient des couilles, mais ça fait longtemps qu'ils ont laissé les leurs en rentrant en religion socialiste...des énuqués dans un harem de pleureuses...Voilà ce qu'est devenue la gauche!

  • Par mijo63 - 09/02/2016 - 13:34 - Signaler un abus toujours la même rengaine anti sarkoziste de Petaux

    Parlant du remaniement du gouvernement, ce Monsieur ne peut s'empêcher de salir Sarkozy pour mettre en valeur Juppé. Lamentable Monsieur !...

  • Par mymi - 09/02/2016 - 14:53 - Signaler un abus Antisarkozysme

    Là où petaux et Bertrand se trompent lourdement, c'est de croire que contre Sarkoz pépère l'emporterait !! La répulsion FH est tout aussi forte que celle de Sarko alors qu'il bénéficie des médias à sa botte et Sarko au contraire d'une campagne de dénigrement et de diffamation rarement vue. Enfin, il n'est pas sûr du tout qu'il gagnerait contre Marine le Pen...

  • Par Vincennes - 09/02/2016 - 17:37 - Signaler un abus @mymi "la répulsion envers Hollande est tout aussi forte que cel

    envers Sarko"........j'imagine mal Hollande vendre autant de livres que ne le fait Sarko ( il est même question d'une troisième réédition que les merdialeux passent, bien sur, sous silence)...........car il faudrait déjà qu'Hollande soit capable d'en écrire un quant on le voit, même, anone sur ses fiches qu'on lui prépare......avec du mal à les relire!! Il fait peine à regarder

  • Par Mike Desmots - 09/02/2016 - 18:11 - Signaler un abus C'est une question frivole , la vraie question....

    qui n'a pas oser sortir au 21ème siècle , de cette dernière guignolade socialiste tragique ...

  • Par jurgio - 09/02/2016 - 19:58 - Signaler un abus Faux problème

    Évidemment, aucun socialiste capable de bien gouverner mais la Gauche trouvera certainement des profiteurs de pensions dont elle abonde, n'est-ce pas ?

  • Par de20 - 09/02/2016 - 22:03 - Signaler un abus Quel theatre, si encore il

    Quel theatre, si encore il était bon. Dans toute tragedie se joue une intrigue qui ne tourne qu autour d un pouvoir qui s exerce. Nous n avons plus en France de pouvoir et encore moins de gens pour l EXERCER en revanche les intrigues y vont bon train...La Belgique est bien restée un peu plus d un an sans gouvernement....

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, responsable, au sein de cet établissement, du parcours de master « Métiers du politique ». Il a co-publié aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, elle suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien "France-Soir" puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, "Chronique d'une revanche annoncée" raconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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