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Relèvement des indemnités de licenciement et doublement du plafond des auto-entrepreneurs : ces mauvaises surprises de la rentrée pour l'emploi dans les PME

Comme on pouvait le pressentir, les PME devraient sortir rincées de l'épisode de "réformes" lancées par Emmanuel Macron. Entre renchérissement des indemnités de licenciement et relèvement du plafond d'auto-entrepreneurs, l'addition risque d'être salée. Au point que le choix d'être employeur s'imposera de moins en moins.

Dindon de la farce

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Relèvement des indemnités de licenciement et doublement du plafond des auto-entrepreneurs : ces mauvaises surprises de la rentrée pour l'emploi dans les PME

Selon l'annonce de Bruno Le Maire, le plafond de chiffre d'affaires pour les auto-entrepreneurs devrait doubler et passer à 66.200€ annuels pour les services, et à la bagatelle de 165.000 euros pour la vente de produits. Cette mesure est loin d'être anecdotique, si l'on se souvient que l'auto-entrepreneur ne paie que 23% de cotisation sur ses revenus au régime social des indépendants, quand les gérants de SARL sont assujettis à une cotisation de plus du double.

Autrement, à excédent brut d'exploitation égal, ceux qui ont fait le choix de recruter des collaborateurs et de se rémunérer comme gérants seront lourdement pénalisés par rapport à ceux qui "externalisent" la main d'oeuvre et optimisent leur gestion. 

Cette perspective suscite de nombreuses questions sur l'intérêt de recruter dans les PME. 

La question des indemnités de licenciement

Parallèlement, les chefs d'entreprise "en bonne et due forme" risquent de subir de plein fouet une autre mesure.

Non seulement, ils devront subir la concurrence accrue d'auto-entrepreneurs regonflés par le relèvement des plafonds de chiffres d'affaires, mais ils pourront moins facilement licencier leurs salariés. 

Les ordonnances sur le travail devraient en effet déboucher sur un relèvement de 25% des indemnités de licenciement en contrepartie de la barémisation des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif. Les employeurs qui ajustent leur masse salariale à leur activité réelle devront donc payer plus cher, à l'avenir pour réduire les actifs de leur entreprise. 

Les choix d'Emmanuel Macron risquent donc de présenter un double inconvénient. D'une part, ils mettront les petits patrons sous pression. D'autre part, ils renchériront le coût du travail pour ceux qui font le choix de recruter. 

Une lutte contracyclique contre le chômage

Globalement, les mesures prises de façon éparpillée par le gouvernement, l'une visant à favoriser les auto-entrepreneurs, l'autre visant à favoriser les salariés, auront donc un effet simple. Elles utiliseront les petits patrons comme variable d'ajustement. 

Dans la pratique, en effet, pour un excédent brut d'exploitation de 100.000€, l'intérêt pour un entrepreneur sera donc de rester auto-entrepreneur plutôt que de se constituer en SARL. On pourra justifier comme on le voudra cette stratégie, son effet économique est simple: il favorise la pratique de l'auto-entrepreneuriat au détriment du recrutement classique. 

Après les longs débats sur l'ubérisation de l'économie, on est au moins fixés sur la stratégie du gouvernement: entre les gros bataillons des grandes entreprises et la concurrence sidérale des auto-entrepreneurs, tout est fait, par petites touches, pour dissuader les entreprises de grandir et de prospérer. 

Cet article a été initialement publié sur le site d'Eric Verhaeghe

 
Commentaires

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  • Par vangog - 29/08/2017 - 10:40 - Signaler un abus Tout est fait pour décourager l'embauche!

    Et ça fait quarante ans que ça dure, en France gauchiste. Je vous prédis une explosion du chômage gauchiste, l'année prochaine, et le report aux calendes grecques des réformes Macronistes visant à supprimer les charges sociales des salariés. Car le compte n'y sera jamais avec ce "petit" relèvement de RSA.. il faudra relever le RSA de plus du double ou du triple, vu que le socialiste masqué engrengera 20000 chômeurs par mois, en moyenne (le chiffre de Flamby-le-tricheur) jusqu'à la fin de son quinquennat de Mer...e.(1,5 millions chômeurs socialistes supplémentaires)

  • Par Anouman - 29/08/2017 - 13:30 - Signaler un abus Statut

    Auto-entrepreneur, artisan, commerçant, profession libérale, gérant de SARL minoritaire ou majoritaire, etc. On gagnerait probablement à homogénéiser tous ces statuts, parce que c'est quasiment pareil. Un seul régime social, un seul régime fiscal, et ce serait au moins plus simple. Trop simple?

  • Par Piwai - 29/08/2017 - 13:45 - Signaler un abus bof...

    Le relevement du plafond des auto-entrepreneurs etaient une nécessité, assujestis a la CFE sous Hollande, le montant de la taxe depassait le CA d'au moins 30% d'entre-eux... il s' agit donc d'esayer de "corriger"maladroitement un ancien coup de matraque, particulierement decourageant...donc au final du pipi de chat, et vu le niveau des taxes, cotisation et impots, au dessus de 30 KE, un autoentrepreneur prefere faire du black que bosser gratuitement pour financer ses spoliateurs... Aujourd'hui en France, la fraude fiscale des petits releve plus de la lutte contre le socialisme et l'Etatisation que la recherche d'enrichissement...ce qu'aucun fonctionnaire n'est en mesure de comprendre...

  • Par zeliclic - 29/08/2017 - 23:02 - Signaler un abus Petite précision nécessaire

    l'auto entrepreneur paye sur le CA ... Si on doit comparer des % il me semble nécessaire de parler des assiettes également.

  • Par zombikiller - 29/08/2017 - 23:03 - Signaler un abus Piwai

    Le constat est déprimant mais o combien réaliste

  • Par Corlaix - 29/08/2017 - 23:12 - Signaler un abus erreur

    les cotisations des autoentrepreneurs sont calculées sur le chiffre d'affaire pas sur le bénéfice, ce qui change tout, elles peuvent être plus élevées que celle d'un travailleur indépendant. il faut vérifier avant d'écrire des anneries

  • Par Olivier62 - 30/08/2017 - 11:07 - Signaler un abus L'état n'a jamais accepté les PME

    La culture de base des milieux politiques reste fondamentalement socialisante et étatique. L'initiative privée, les PME et les petites exploitations agricoles sont systématiquement étouffées à petit feu, au profit des grandes entreprises mondialisées du CAC40 -dont la plupart ne payent pas un centime d'impôts. La classe politique du système ne cherche nullement à ce que la France aille bien, ce qu'elle veut c'est la dissoudre dans la mondialisation. Tout ce qui renforce sa vitalité économique est alors à détruire, exactement comme par l'immigration de masse on détruit l'essence anthropologique même de la France.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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