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Pour relancer
le pouvoir d'achat des Français,
il faut encourager la concurrence

Comment relancer le pouvoir d'achat des Français ? Quelques propositions concrètes. Ce lundi : favoriser la concurrence (Episode 1/5 de notre feuilleton).

Comment doper le pouvoir d'achat

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Si l’on en croit les sondages récents, le thème du pouvoir d’achat reste, avec l’emploi, la préoccupation majeure des Français. Pourtant, si l’on s’en tient aux seules statistiques, l’inquiétude de nos concitoyens semble paradoxale : alors que notre pays a dû affronter une crise économique sans précédent, les Français ont vu leur pouvoir d’achat augmenter au cours des dernières années, à un rythme annuel de 1,2. Les économistes n’ont pas manqué d’expliquer ce décalage, en invoquant notamment l’essor de nouvelles dépenses contraintes (téléphonie mobile et Internet, etc) qui vient grever le budget des ménages.

Pour autant, le sentiment d’un déclin du pouvoir d’achat perdure et constitue en tant que tel un vrai sujet politique, qui ne peut rester sans réponse.

Commençons tout d’abord par définir la notion de pouvoir d’achat : c’est la quantité de biens et services que l’on peut  s’acheter avec  un revenu. Il dépend donc de  deux variables : le niveau de revenu et le niveau des prix. En effet, ce qui compte, c’est moins ce que l’on gagne sur sa « fiche de paie » que ce que l’on peut réellement s’acheter avec.  Les pouvoirs publics disposent donc de deux leviers pour agir : les revenus et les prix.

La tentation la plus fréquente pour doper le pouvoir d’achat consiste à augmenter la fiche de paie, notamment en revalorisant les bas salaires. Mais les marges de manœuvre en la matière sont aujourd’hui assez étroites, le SMIC horaire étant déjà en France l’un des plus élevés de l’OCDE. De plus, plusieurs effets pervers risquent de se produire, si le SMIC augmente fortement : les entreprises, notamment dans les secteurs abrités de la concurrence mondiale, répercuteront cette hausse dans le prix de leurs produits, substitueront du capital au travail, voire délocaliseront leur production dans les secteurs à forte intensité en travail non qualifié.

Une autre tentation pour redonner du pouvoir d’achat aux Français est de bloquer les prix temporairement. Ce type de mesure relève à vrai dire de la « politique de l’autruche » : ce n’est pas en bloquant le thermomètre que l’on empêche la température de monter. Pire encore, le blocage des prix risque d’engendrer plusieurs effets pervers :

  • lorsqu’une entreprise est contrainte sur son prix de vente, elle est tentée de dégrader la qualité du produit pour reconstituer sa marge
  • le blocage des prix est anti-redistributif puisqu’il profite également aux ménages aisés. Il est plus judicieux d’augmenter les revenus de transfert en direction des ménages les plus fragiles ou les plus exposés à la hausse de certains prix comme l’essence
  • le blocage des prix n’étant pas éternel, la sortie du blocage risque d’engendrer un effet de rattrapage. En ce sens, le blocage n’est qu’un moyen de reporter dans le temps –et sur d’autres responsables politiques- le problème, au risque de l’amplifier.
 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 02/04/2012 - 11:27 - Signaler un abus J'aime bien le papier mais je reste sur ma faim sur la fin.

    Merci d'indiquer les règles du jeu??????? Pour rigoler un peu

  • Par laurentso - 02/04/2012 - 12:09 - Signaler un abus bien joli tout cela

    mais encourager la concurrence, c'est démanteler Total, démanteler Sodexho, démanteler Arcelor Mittal, démanteler la quasi totalité des grandes entreprises qui détiennent une position dominante sur les marchés. TOUS les secteurs ou presque sont aujourd'hui sous la coupe d'oligopoles, où l'on sait que se pratiquent les ententes. Téléphonie, services publics, industrie (sauf peut-être l'automobile...). Bref, il faudrait soit démanteler tout cela soit mettre un flic derrière chaque cadre de ces boites... Pas très libéral tout ça.

  • Par adieux - 02/04/2012 - 15:13 - Signaler un abus merci de rien

    Ci on en est la c'est grâce à une génération qui sans fous plein les poches dernièrement ils ont eux leurs retraites d'augmenter alors qu'ils volent les gens qui travail et qui doivent racheter à prix bulle leurs logement leurs locations défiscalisés ils s'en foute pleins les poches à tout les niveaux. Les hausses d'impôts c'est pour payer leurs retraites leurs soins de santés totalement abusives. rappel quand même que l'inflation va payer la dette, les salaires n'augmenteront pas non plus ils sont aux taqués donc pas de baisse des prix mais une gigantesque augmentations des biens et matière première de consommation. rentier = déclin

  • Par aladine - 02/04/2012 - 18:05 - Signaler un abus alors il donneras des terrains!

    15h46: Pour Hollande, la précarité des Roms est due à la politique de Sarkozy Le candidat socialiste l'écrit dans une lettre au collectif Romeurope consultée par l'AFP. «C'est bien la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy qui est responsable de la précarité intolérable dans laquelle se trouvent ces familles et qui fabrique un groupe de population, bouc-émissaire idéal pour justifier des politiques toujours plus répressives», estime François Hollande. (voila comment on relance terrains gratuits =RSA =merci hollande)

  • Par Harmaggedon - 03/04/2012 - 05:38 - Signaler un abus un oubli ?

    Même s'il est vrai que le pouvoir d'achats est "ce que l'on peut s'acheter, avec son salaire", vérité économique, il est fortement influencé par sa composante psychologique, surtout en France. force de "matraquage" publicitaire, de démagogie électoraliste, les français sont devenus toujours plus hédonistes, associé au fait que ce soient d'éternels "jaloux". Ils ne pensent pas "que puis-je me payer ?", mais plutôt "que vais-je acheter ?"ou "qu'a mon voisin et que je n'ai pas encore ?", et ce n'est que dans un deuxième temps, que le financement entrera dans la démarche, parfois même, après avoir effectué l'achat !. Et ce qui vaut pour le particulier, vaut, malheureusement aussi, pour l'Etat... Et ainsi, le pouvoir d'achat, en France, c'est surtout la "sensation" de ne pas pouvoir se payer TOUT ce que l'on voudrait. Voyez les sondages, une majorité de gens voulant maintenir les 35 heures, les RTT, les 5 ou 6 semaines de congés payés, s'en dégage... Quand d'autres pensent à travailler pour améliorer leur niveau de vie, les français pensent travail "après" avoir dépensé... la charrue avant les boeufs !

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Emmanuel Combe

Emmanuel Combe est vice-président de l'Autorité de la concurrence et professeur affilié à ESCP-Europe. Il est également professeur des universités.

Spécialiste des questions de concurrence et de stratégie d’entreprise, il a publié de nombreux articles et ouvrages, notamment sur le modèle low cost (Le low cost, éditions La Découverte 2011). Il tient à jour un site Internet sur la concurrence.

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