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Règle d'or, ce mal nécessaire que nous impose notre inculture économique

L'Assemblée nationale vote ce lundi le traité budgétaire européen et notamment la règle d'or interdisant les déficits publics. Une mise sous tutelle nécessaire lorsqu'un pays ne sais pas gérer ses comptes...

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Règle d'or, ce mal nécessaire que nous impose notre inculture économique

L'Assemblée nationale vote ce lundi le traité budgétaire européen et la règle d'or. Crédit Reuters

Notre pays vit un curieux syndrome qui commence à plonger la population dans une dépression collective, autant économique que psychologique. Mais quand quelqu’un perd la raison, on l’interne…

La liberté, l’indépendance ou encore la souveraineté (individuelle ou nationale), ce n’est pas l’absence de contraintes, mais c’est choisir ses contraintes, ou encore savoir arbitrer sous contraintes.

Les économistes appellent cela la rationalité, qui est un comportement somme toute naturel et typiquement humain. C’est même un tel comportement qui nous distingue des animaux, lesquels réagissent mécaniquement à leurs instincts.

Et quand on n’est pas rationnel, on ne survit pas.

Ainsi, un ménage, qui ne sait pas gérer ses comptes, sera mis sous tutelle et interdit bancaire. Une entreprise, qui ne maîtrise pas ses budgets, sera déclarée en faillite. L’Etat n’échappe pas à cette logique économique. Il en est donc de même pour les Etats.

Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en Angleterre alors que l’Etat britannique était mis sous tutelle du FMI après des années de dérives des finances publiques alimentée par les politiques travaillistes.

C’est donc bien ce principe basique que réaffirme la règle d’or. Qu'il soit de droite ou de gauche, si le gouvernement français ne parvient à redresser la situation des finances publiques, et à enrayer la spirale de la dette et de l'inflation des prélèvements publics qui détruit le tissu productif, ce sont les institutions européennes (Bruxelles, BCE), via les critères de Maastricht (imposés par l'Allemagne qui a du faire cet effort) et l'application de la règle d'or, qui s'en chargeront.

Et ce n’est pas nouveau. C’est déjà un principe fondateur de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et de la Constitution des Etats-Unis de 1787. C’est encore ce principe qui a guidé la mise en œuvre des critères de Maastricht auxquels nous nous sommes soumis pour intégrer la monnaie unique, puis que nous nous sommes empressés de fouler du pied par la suite.

Alors quand les gouvernements, démocratiquement élus, ne respectent plus les traités qu’ils signent, et qui fondent le pacte républicain, c’est tout notre fondement démocratique qui est en danger. Au-delà d’une mise en garde financière, la règle d’or est donc aussi et surtout un garde-fou institutionnel.

Mais le gouvernement Ayrault – et Najat Vallaud-Belkacem - ignorent les avertissements de The Economist. Il est vrai que les Français ont culturellement des difficultés avec l’anglais et l’économie, alors l’anglais économique…

De son côté, le Président Hollande n’a que faire des leçons des Allemands, qui constituent pourtant un modèle de bonne gestion monétaire et financière. Alors quand les cigales ignorent – voire se moquent – les leçons des fourmis, le pire est à craindre.

Il est cependant difficile d’en vouloir à la gauche en particulier car, depuis 30 ans, tous les rapports du FMI sont eux-mêmes soigneusement enterrés par les gouvernements français successifs.

Dans la mondialisation en cours, la France autiste joue désormais sa partition que personne ne veut plus interpréter.

 
Commentaires

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  • Par gdv - 19/11/2012 - 07:40 - Signaler un abus Changeons la constitution et dégageons ces politicards

    On est tous d'accord avec le constat, notre système de gouvernance est totalement discrédité. Le mythe de la croissance alimenté par le déficit et la création monétaire n'est jamais que le mode de pensée d'hommes politiques dont la seule finalité est de rester au pouvoir le plus longtemps possible. Il faudrait changer les règles du jeu et donner régulièrement la parole au peuple. On aurait peut-être la chance d'être gouverné par du bon sens paysan.

  • Par Nana de la falaise - 19/11/2012 - 07:42 - Signaler un abus Clair, net et précis.

    J'ajoute que les socialistes, tout en trahissant les accords, souhaitent une Europe fédérale ! Sans doute d'obédience socialiste, ainsi elle plongerait avec nous.

  • Par LECANDIDE - 19/11/2012 - 08:06 - Signaler un abus Une France coupée en deux

    D'un côté une France qui a des recettes, un budget, et qui s'efforce de ne pas dépenser plus qu'elle ne gagne sauf à faire faillite. De l'autre une France qui établit un budget, dépense sans compter et calcule ses recettes en fonction de ces dépenses en ajustant la différence (car en plus il y a une différence!!!) par l'emprunt. Les deux logiques ne peuvent pas se comprendre. Certains fonctionnaires (Conseils Généraux et Régionaux, Communautés de communes et mairies de grandes villes, ministères, etc.) n'arrivent pas à intégrer la logique du privé. Pire, parfois ils donnent l'impression de mépriser cette logique; et ils la méprisent probablement par clientélisme. Or ils ont le pouvoir... On n'est donc pas prêt de sortir du tunnel.

  • Par Laulau - 19/11/2012 - 08:18 - Signaler un abus Balivernes

    " Une entreprise, qui ne maîtrise pas ses budgets, sera déclarée en faillite. L’Etat n’échappe pas à cette logique économique. " De l'économie de bistrot, dans toute sa splendeur. Et qui déclarera l'état en faillite ? Les banques ? La justice, oui, sauf si la loi est changée par l'état. Si l'état reprend son droit régalien de création monétaire, il ne peut pas faire en faillite. La monnaie dévaluera, ce qu'elle va faire bientôt de toute façon!

  • Par ZOEDUBATO - 19/11/2012 - 08:29 - Signaler un abus La France a perdu toute crédibilité et respect

    En économie le nuage de fumée de plan de retour à un déficit de 3% a été retoqué par l'U.E et le FMI Au niveau Industrie l'annulation de la TVA anti-délocalisations, les impôts et la pseudo rustine du Plan de Compétitivité provoque une avalanche de plans sociaux et de fermetures d'usine aggravée par la casse des emplois par la CGT Le bas peuple gronde contre le manque d'égalité et de justice sociale du plan de rigueur (le privé paie , les nantis à statuts encaissent) Les décisions irresponsable durcissent les oppositions des partis totalitaires d'extrême gauche et des verts ainsi que celle des partis démocratiques citoyens La politique étrangère a sombré dans le YAKAFOKON des discours interminables et creux de FLAMBY et FABIUS en est réduit à faire la manche pour justifier son poste Oui, la réalité a ratrappés les mensonges,les fanfaronnades et les bilans en esbroufe de FLAMBY le tricheur, chef du clan des riches nantis qui vivent des impôts des autres et s'enrichissent en dormant

  • Par gdv - 19/11/2012 - 08:53 - Signaler un abus A Lalau

    Ce n'est pas parce que vous ne comprenez pas que vous devez traiter l'évidence de balivernes....Nous sommes aujourd'hui en terre économique inconnue...d'inombrables faillites d'Etat parsème l'histoire. Bien sur c'est anxiogène, mais ce n'est pas en vous fourrant la tête dans le sable que vous allez éviter les coups. Si les investisseurs ne souscrivent plus à la dette Française, vous dévaluez quoi...vous sortez de l'euro pour retourner à l'âge de pierre. Parce que dans cette situation j'espère pour vous que votre épargne est en or. Finis la médecine gratuite, la retraite et les allocations familliales, c'est ennuyeux mais c'est comme cela.

  • Par Equilibre - 19/11/2012 - 09:26 - Signaler un abus La première souveraineté, c'était de battre la

    monnaie. Nous ne l'avons plus. Toutes les autres partiront avec elle d'autant plus facilement que le neuro, de par sa "puissance et sa force" totalement artificielle, a repoussé les limites naturelles, faussés les indicateurs et permis toutes les dérives sans sanctions immédiates. Et il ne reste plus que la déflation salariale pour récupérer le tout. Dans ce contexte, la règle d'or...

  • Par gdv - 19/11/2012 - 09:31 - Signaler un abus Connaissez-vous l'histoire du Franc, de la lire, du drachme....

    La souverainneté de la France de battre monnaie a débouché sur des dévaluations successives pour ruiner les épargnants au profit des emprunteurs. Relisez l'histoire du franc. Arrêtez de nous bassiner avec le retour aux monnaies nationales qui n'offre que le moyen facile de ruiner l'épargnant. On est d'accord sur la déflation salariale et la diminution de l'état providence et les économies sur les dépenses publiques indispensables...le reste c'est des solutions de politicards

  • Par brennec - 19/11/2012 - 10:16 - Signaler un abus Les animaux en savent plus long...

    N'insultez pas les animaux, ils sont capables de faire montre de rationalité, même si cela reste limité. D'un point de vue économique ils sont parfaitement conscient de leur ecosystème, et sont imperméables a toute idéologie. Laissez a Keynes l'expression 'esprit animal' qu'il utilise pour expliquer les cycles et les crises (ce qui en dit long sur sa scientificité. A sa place j'aurais utilisé le doigt de Dieu)

  • Par totor101 - 19/11/2012 - 10:38 - Signaler un abus ERREUR

    ce n'est pas NOTRE inculture économique mais l'inculture économique de nos ZELITES ! ! !

  • Par Laulau - 19/11/2012 - 10:42 - Signaler un abus @gdv

    "vous sortez de l'euro pour retourner à l'âge de pierre." Pour sûr, sortis de l'Euro, nous vivrons dans des cavernes. Vous fumez quoi au juste ? "Parce que dans cette situation j'espère pour vous que votre épargne est en or." Non, mon épargne est en dettes, comme la plupart de celle des français, alors tout ce que nous risquons, nous les pauvres, c'est de perdre nos dettes!

  • Par gdv - 19/11/2012 - 11:18 - Signaler un abus A Monsieur "Balivernes"

    "Non mon épargne est en dettes"...C'est fort intéressant comme réaction. Finalement assez significatif d'une opposition assez frontale entre les cigales et les fourmis. Les pays du Nord de l'europe d'un côté et les pays du Sud de l'autre, avec pour les endettés l'impossibilité de la dévaluation. Juste une question : Pourquoi la Grèce ne se déclare pas en faillite et ne retourne pas à sa monnaie nationale ? Si la solution est si évidente. Pourquoi les grecs ne veulent plus de " drachme" ?...gros malin Vous le spécialiste de l'économie de bistrot

  • Par Equilibre - 19/11/2012 - 11:32 - Signaler un abus @ gdv, @laulau

    La BCE a quelques dizaines (voire centaines?) de milliards de titres obligataires grecs. Si la Grèce fait défaut, la BCE est en faillite, vu les sommes en jeu. Ce qui fera désordre. S'en suivra une recapitalisation de la BCE, appel à contribution, et la France se prend quelques dizaines de milliards de dettes supplémentaires. Pour ta réponse à @laulau, je pense qu'il pointe plus du doigt notre système d'argent-dette, dans lequel ton argent est massivement de la dette contractée par un tiers plus que la modélisation cigale/fourmi. M'enfin je peux me tromper. Ou alors en assurance-vie, qui est basée sur une dette, elle aussi. Quant aux grecs, s'ils ne veulent pas sortir, c'est qu'eux, au moins, ils savent que leur monnaie a toujours été pourrie, en témoigne leurs nombreux défauts, et que pour l'instant, l'UE paie toutes les notes, y compris leurs liquidités, via ELA. Ils sont en défaut. Déjà. Leur économie est détruite, à l'exception des olives, et qui paiera pour eux une fois qu'ils seront sortis? Plus personne. Alors ils s'accrochent. Mais plus ils s'accrochent, plus ils coulent et nous coulent.

  • Par Jaedena - 19/11/2012 - 11:43 - Signaler un abus Clientelisme

    La regle d'or est necessaire afin de temperer les besoins clientelistes des gouvernements de gauche comme de droite.

  • Par Laulau - 19/11/2012 - 15:59 - Signaler un abus @gdv

    Mon épargne est en dette, cela signifie que comme la MAJORITE des français je ne suis pas très riche, je n'ai pas un tas d'Euros placés en bons du trésors en assurance vie et autres comptes en Suisse, bref je ne suis pas un préteur, j'ai trop besoin de mon argent pour vivre. Et si la monnaie dévalue, je m'en tape, je ne suis pas rentier! L'êtes-vous!

  • Par troiscentsalheure - 19/11/2012 - 16:24 - Signaler un abus Les hommes politiques ne savent pas compter

    car ce n'est pas leur argent. Le référendum d'initiative populaire permettrait aux citoyens d'exercer un contre-pouvoir pour défendre le droit de vivre dans un pays bien géré.

  • Par Laulau - 19/11/2012 - 16:30 - Signaler un abus @gdv

    "Pourquoi les grecs ne veulent plus de " drachme" ?...gros malin Vous le spécialiste de l'économie de bistrot." Les grecs ? Quel grecs ? Je vous signale que les dernières élections ne sont pas aussi claire sur ce sujet. Certains grecs se sont laissé entortiller une fois de plus par les partis libéraux qui on promis l'arrêt des mesures d'austérité, en trahissant une fois de plus leur parole, une fois élus. Les grecs se foutent de l'Euro comme de la drachme, ils veulent pouvoir vivre de leur travail et ne pas rembourser des intérêts indus à tous les banquiers et rentiers de la terre.

  • Par gdv - 19/11/2012 - 17:15 - Signaler un abus A Lalau...

    Et bien chantez, maintenant..car les revenus de transfert issus de l'état providence vont se tarrir comme peaux de chagrin. Il va falloir se mettre à bosser...évidement à l'éducation Nationale on n'a pas vraiment l'habitude.

  • Par jerem - 19/11/2012 - 21:45 - Signaler un abus mais bien sur !! revoyez vos cours de facs

    "Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en Angleterre alors que l’Etat britannique était mis sous tutelle du FMI après des années de dérives des finances publiques alimentée par les politiques travaillistes." bien sur et le "stop and go" britannique c'etait pour les travaillistes uniquement ..... merci de vous rafraichir un peu http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_gouvernements_britanniques

  • Par jerem - 19/11/2012 - 21:53 - Signaler un abus faites nous marrer un grand coup et rappelez nous qui

    "les critères de Maastricht (imposés par l'Allemagne qui a du faire cet effort)" faites nous marrer un grand coup et rappelez nous qui a été le premier a aller voir bruxellesp our dire qu'il ne respetrait pas le pacte de stabilité et les nouveaux criteres a 3% ? vous avez une absence : l'allemagne .....

  • Par CFAN17 - 20/11/2012 - 07:05 - Signaler un abus c' était prévu

    L'économiste Christian Saint-Étienne a annoncé sa démission du Conseil d'analyse économique (CAE), rattaché à Matignon, en s'affirmant "en opposition totale" avec les premiers choix du gouvernement Ayrault, . "Je ne suis pas d'accord avec les orientations de la politique économique du gouvernement", déclare M. Saint-Étienne. "Je suis en opposition totale avec les options prises (...), "en contradiction avec les recommandations récentes de la Cour des comptes, de la Commission européenne ou encore du FMI et de l'OCDE". "François Hollande a beau être doté de qualités indéniables, j'estime que lui et son gouvernement font fausse route et qu'il est de mon devoir de dénoncer les conséquences extrêmement négatives des premières mesures qui ont été prises", Le Point.fr - Publié le 13/06/2012

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Jean-Louis Caccomo

Jean-Louis Caccomo est maître de conférences en sciences économiques à l'Université de Perpignan.

Auteur d'un ouvrage sur le développement des industries numériques aux éditions Les défis économiques de l'information (L'Harmattan,1996) et de L' épopée de l'innovation ? Innovation technologique et évolution économique (L'Harmattan, 2005)

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