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Réformes à pas de fourmi et dépenses publiques de cigale : la fable du quinquennat Macron

En fait de réformes, qu’on espérait fondamentales, profondes et revigorantes, ce fut essentiellement des petits changements, souvent minimaliste, parfois purement cosmétiques, annoncés et médiatiquement poussés en fanfare.

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Réformes à pas de fourmi et dépenses publiques de cigale : la fable du quinquennat Macron

 Crédit CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP

Ah, décidément, ce n’est vraiment pas simple d’être Monsieur Manu, le Président De La République ! Vu depuis son poste de ministre, puis du poste de candidat, l’affaire semblait pourtant bien engagée : moyennant de solides réformes en poussant les boutons ici, là et là, et en abaissant ce levier-ci tout en remontant ce levier-là, pouf, on remettait le pays au travail et tout le monde était content. Las, il y a beaucoup plus de boutons et de leviers que prévu, et beaucoup, beaucoup plus de monde pour en interdire l’accès.

En principe, il suffisait pourtant d’engager de vigoureuses réformes de fond et de forme et l’affaire était pliée assez rapidement. On lui avait dit, et il le savait, que tout devrait se jouer sinon dans le six premiers mois, au maximum dans la première année. Après, lassitude de l’exercice du pouvoir, fatigue du peuple attendant des résultats, tout risquait de devenir plus complexe, plus gluant, plus long à dépanner.

Il avait donc lancé, en fanfare, moult révisions, force réformes et grands textes de lois auprès d’un parlement dont la composition, ultra-favorable à son brochet projet, permettait d’attendre une mise en musique rapide et sans faille.

Cependant, des petits grains de sables se glissèrent dans la machine bien huilée du nouveau président, de son nouveau gouvernement, de son nouveau parlement, de son nouveau parti et de ce nouveau peuple qui, mine de rien, ne semblaient pas tout à fait aussi volontaires que prévu dans leurs démarches pro-actives de changement calculé.

En fait de réformes, qu’on espérait fondamentales, profondes et revigorantes, ce fut essentiellement des petits changements, souvent minimaliste, parfois purement cosmétiques, annoncés et médiatiquement poussés en fanfare : celle du code du travail ne jouera qu’à la marge et sur le long terme, et sa traduction en terme d’effets restera de toute façon mineure ; les bricolages sur l’ISF touchent peu de gens, la baisse des impôts sur les entreprises s’étalent mollement jusqu’en 2022 (ce qui veut dire qu’elles ont encore le temps de se faire tabasser fiscalement ailleurs) et toutes ces petites bidouilles seront amplement compensées dans le mauvais sens par la complexité effarante introduite avec la retenue à la source ; les autres bricolages (dans la formation ou la gestion du chômage par exemple) semblent, là encore, une longue enfilade de patchs et autres rustines sur des systèmes fondamentalement vérolés. Je n’évoquerai pas la « réforme » de la SNCF qui, hormis un nombre invraisemblable de jours de grève, d’incidents de réseau et de passagers mécontents, n’a entraîné aucune perspective d’en finir une fois pour toute avec la dette abyssale et les caprices insupportables de la vieille dame incontinente.

Beaucoup d’observateurs, fins analystes de la vie politique française, feront mine de récriminer devant cette courte liste et cette appréciation négative des efforts fournis : « oh, mais, que dites vous là ! Toutes ces réformes, tous ces textes kilométriques de loi qui épuisent du député par douzaines, tous ces aménagements et ces modifications partout dans des codes de lois, bien sûr que si, c’est important, c’est courageux, c’est fortiche même ! » Et tous ces observateurs en concluront à la mauvaise foi, au procès à charge et à l’absence de lucidité.

 
Commentaires

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  • Par guy bernard - 28/06/2018 - 11:50 - Signaler un abus et la stratégie de substitution ?

    nous sommes dans un pays addict à la FP et avec la même stratégie que la Grèce : mener à la crise systémique pour créer des eurobonds qui pérenniseront le train de vie et le pouvoir de l'etat dont la gestion est critiquable. on fait, on fait pas, et il est difficile de trouver au pied levé une stratégie de substitution.

  • Par sans avenir - 28/06/2018 - 16:55 - Signaler un abus Voyance

    On a était prévenu : voir le caricaturiste KAK de l'opinion du 14 mars 2017 intitulé : fonctionnaires :2017, la fin de l'âge d'or ?

  • Par tiopere 1 - 29/06/2018 - 09:14 - Signaler un abus macrolandie dans toute son horreur

    pouvait-on s'attendre a un changement profond de la politique économique de Macron tout seul diffère de celle qu'il avait menée en association avec son acolyte Hollande , a savoir une augmentation massive des impots ,celle non moins massive de la dette et du déficit .Fort heureusement , l'Italie est dans un état piteux et sert de paravent pour masquer notre propre risque de faillite .

  • Par vangog - 29/06/2018 - 09:22 - Signaler un abus Tant que la France gauchiste aura la garantie allemande!...

    Pour maintenir son système prébendier et sa caste nobiliaire, la France gauchiste a besoin de la garantie allemande sur ses taux d’intérêt. Lorsqu’elle l’aura perdue, elle sera obligée de se réformer dans la douleur, et dans l’urgence...alors qu’elle aurait pu le faire dans le bonheur et le calme, si les Français avaient choisi Marine Le Pen, plutôt que le pantin de la grande finance internationaliste...encore raté!

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