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Réforme des institutions : oui le Parlement a besoin d’une agence d’évaluation de son fonctionnement. Mais pas forcément telle que l’envisage François de Rugy

François de Rugy, dans une interview aux Echos, annonce sa volonté de créer une agence parlementaire d'évaluation. "Soit, et c'est ma préférence, nous obtenons la tutelle d'un organisme existant, en l'occurrence France stratégie, aujourd'hui sous la houlette du Premier ministre. Si ce n'est pas le cas, nous n'abandonnerons pas : nous créerons notre propre agence".

Contre-expertise

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Une seconde condition est son absolue indépendance : elle devra produire un travail scientifique, et non une aimable dissertation sur les bienfaits ou effets indésirables d’un projet de loi. Ses membres permanents devraient donc avoir un statut ressemblant à celui des magistrats de la Cour des comptes, qui peuvent librement mener leurs investigations même si elles ne plaisent pas aux pouvoirs publics.

Comment éviter de créer un organisme sans moyens et sans pouvoir d'investigation comme on a pu le voir sur d'autres sujets ?

Il existe en France pléthore d’organismes, dont certains n’ont pas la taille critique, dont d’autres ont une sphère de compétence trop étroite.

Recomposer ce paysage de la recherche appliquée aux politiques publiques, en ayant moins d’organismes, plus puissants et mieux dirigés, serait une opération très salutaire. Peut-être faudra-t-il in fine allouer des moyens financiers supplémentaires, mais je n’en suis pas sûr, j’aurais plutôt tendance à penser que des économies seront possibles si l’on organise mieux la matière grise dont, fort heureusement, les organismes de recherche français sont assez bien pourvus.

La République a besoin de savants, elle le sait en théorie, mais elle n’arrive pas à déterminer comment les employer au maximum de leurs capacités, et elle gaspille beaucoup de talents. La recomposition du réseau d’organismes existant associée à la mise en place d’un organisme parlementaire d’étude des effets probables des dispositions législatives envisagées pourrait être une véritable chance pour la France. Les moyens existent, mais ils sont mal structurés et mal organisés : il faut absolument que l’intéressante idée de François de Rugy débouche sur une réorganisation de ce secteur de la recherche et booste la productivité du système qui permettrait de mieux savoir où va la France quand ses parlementaires votent une nouvelle loi.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 27/06/2018 - 10:55 - Signaler un abus Une nouvelle agence gauchiste?...

    Ah! Ça manquait à la France gauchiste...en même temps, les socialauds et écolo-bobos doivent avoir quelques copains incasables dans le privé, et qu’il faudra recaser dans le public, pour « bons et loyaux services à la gauche »..une nouvelle agence, c’est quasiment une œuvre humanitaire, pour la gauche!

  • Par zelectron - 27/06/2018 - 14:46 - Signaler un abus Un ponctionnement supplémentaire ?

    l'agence sans risque avec dépenses somptuaires

  • Par lexxis - 27/06/2018 - 16:12 - Signaler un abus FRANCE STRATÉGIE, UN CHOIX PARTISAN ET INADAPTÉ

    Manifestement Messieurs de Rugy et Bichot n'ont pas porté vraiment attention à la production de France Stratégie, sinon ils ne se précipiteraient pas pour recommander son rattachement au Parlement. On est étonné que leur expérience ne leur permette pas de réaliser qu'on ne peut indéfiniment et exclusivement confier la recherche et l'avenir de la France à un ramassis de fonctionnaires de gauche, dont le Gouvernement a dû récemment censurer certaines des propositions les plus extravagantes et même rappeler à l'ordre son directeur. Mais il est vrai que Monsieur Bichot est universitaire et donc fonctionnaire et que le monopole de sa caste sur ce genre d'organismes ne le choque pas du tout, alors que le bon sens et l'équité imposeraient que de tels organismes recrutent au moins les trois quarts de leurs effectifs dans le secteur privé. Ce dernier dispose en effet dans ses rangs de tous les spécialistes nécessaires pour substituer à des élucubrations collectivistes et abracadabrantes des propositions censées et équilibrées issues du vrai monde économique, celui d'ailleurs sans lequel il n'existerait pas du tout de fonction publique, laquelle vit par nécessité du travail des autres

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Jacques Bichot

Jacques Bichot est Professeur émérite d’économie de l’Université Jean Moulin (Lyon 3), et membre honoraire du Conseil économique et social.

Ses derniers ouvrages parus sont : Le Labyrinthe aux éditions des Belles Lettres en 2015, Retraites : le dictionnaire de la réforme. L’Harmattan, 2010, Les enjeux 2012 de A à Z. L’Harmattan, 2012, et La retraite en liberté, au Cherche-midi, en janvier 2017.

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