Un sondage réalisé par le syndicat UNSA montre que 39 % des enseignants seraient favorables à la disparition de la notation des élèves. Peut-être le ministre de l’Education nationale en parlera-t-il avec les syndicats qu’il rencontre ce jeudi. Quoiqu’il en soit, la nouvelle a de quoi relancer les invectives stériles. Il risque surtout de concentrer l’attention sur un point de détail, alors qu’il faudrait réformer plus largement l’évaluation des élèves. La meilleure solution en la matière, c’est peut-être de laisser chaque établissement faire comme il l’entend ! Bref, de libérer le système éducatif !
Le débat sur les notes : dépassé et caricatural
Le sondage réalisé par l’UNSA est marqué par l’importance du soutien à la suppression des notes (qui s’explique peut-être par le fait qu’une grande partie des sondés sont ses membres). Régulièrement, le sujet revient dans le débat public[1]. Il oppose de manière grotesque les « pédagogues soixante-huitards » aux « réactionnaires autoritaires », faisant continuellement intervenir les mêmes porte-paroles de chacun des deux camps, qui savent parfaitement tenir leur rôle de caricatures.
Le vrai sujet est de penser l’évaluation des élèves
L’évaluation des élèves repose aujourd’hui presque exclusivement sur les notes. Or, « la note sert peu les progrès des élèves » selon l’Inspection générale de l’Education. Alors qu’elle récompense les meilleurs, elle « décourage, dégoûte (…) et fait perdre l’estime de soi » des élèves en difficulté. Le problème, ce n’est pas tant la note que ce qu’elle représente : un système d’évaluation qui stigmatise (jusqu’à la nullité du « zéro pointé »), qui ne sait pas convaincre les élèves qu’ils peuvent tous progresser. Vincent Peillon l’a expliqué à juste titre, bien qu’il soit resté bien vague sur ses propositions.
L’évaluation des élèves doit changer pour les motiver, les faire progresser, les encourager. Les notes permettent de se situer sur une échelle de connaissance (dans une interro, l’élève sait ou ne sait pas). Il faut les conserver. Mais elles pourraient être accompagnées d’autres évaluations, mettant en valeur les progrès des élèves, leur capacité de réflexion. Les élèves doivent apprendre que l’effort et le travail sont récompensés. Le débat sur les notes devrait donc servir à repenser et renforcer l’évaluation afin de pousser tous les élèves vers de meilleures performances, et non à encourager un égalitarisme malvenu.
Ce débat est typique des commentaires sur l’école en France
Le débat sur les notes rate cependant l’essentiel. Il est caricatural des débats sur l’Ecole en France. D’abord, il se concentre sur un micro-sujet au regard des enjeux énormes qui se présentent à l’Education Nationale et s’enferme dans un sempiternel échange venimeux entre les différentes tendances politiques et pédagogiques. C’est oublier qu’il faudrait plutôt songer à réformer en profondeur le système scolaire français ! Surtout, ce débat sur les notes est révélateur d’un système hyper-centralisé : la solution devra être appliquée uniformément à tous les établissements de France. C’est totalement absurde !
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Vous résumez tous deux fort bien la situation.
Quant à d'autres interventions, je ne vois pas ce que l'école à d'humiliant, frustrant etc pour un élève se comportant normalement (respect et discipline, des éléments bases de la société, vouloir apprendre et chercher à comprendre, des règles que tous écoliers, collégiens, lycéens, étudiants post-bac normaux et correctement formatés par les parents et le concours approprié de l'école maternelle, appliquent et s'appliquent du début à la fin des études mais de leur vie d'une manière plus générale. La vie est une compétition individuelle ou collective contre soi et contre les autres, (mais il est vrai aussi que le sport est devenu la course au chèque et non à la réalisation, le sport étant le reflet d'une société). Nous allons semble t'il vers l'ultra-libéralisme éducatif où les chances pour chacun ne seront plus du tout les mêmes, meilleure façon de favoriser le repli communautaire dont les bobos se gavent pour leur propagande tout en étant les auteurs, les pourvoyeurs, du fait.
Je ne vois pas en quoi l'autonomie, c'est à dire laisser à chaque établissements le choix du programme et de la méthode d'enseignement augmenterai la réussite des élèves ? Pour moi ça ne ferai que creuser encore plus les écarts et détruire un peu plus l'école dans les quartiers difficiles (qui fatalement se tourneront vers des méthodes limites hippies de développement personnel, "l'enfant artisan de sa propre connaissance" etc... pendant que les gens assez aisés auront des écoles très bien, à l'ancienne, élitiste, qui offrent une bonne instruction.)
Personnellement, comme Zemmour, je suis pour un retour à l'école d'antan, à l'instruction plutôt que l'éducation version bobo, l'élitisme (auj il y a moins de fils d'ouvriers dans les grandes écoles qu'il y a 50 ans). A force de baisser le niveau pour que tout le monde "y arrive"... on a créé + d'inégalités que l'inverse.
Pour les écoles en ZEP, baisser le nombre d'élèves par classe + un système de prof aguerris en rotation entre beaux lycées et ces quartiers difficiles. Redonner l'autorité au prof, cesser d'éduquer, commencer à instruire...
lire, écrire, compter + histoire de France, la base.
L'auteur, auto-bombardé spécialiste de l'Éducation, devrait pourtant potasser un peu son sujet, qui écrit :
« L’évaluation des élèves doit changer pour les motiver, les faire progresser, les encourager. Les notes permettent de se situer sur une échelle de connaissance (dans une interro, l’élève sait ou ne sait pas). Il faut les conserver.
Mais elles pourraient être accompagnées d’autres évaluations […] ».
Je vais vous en apprendre une bonne !
Voici ce que les enseignants se farcissent au quotidien (à multiplier par le nombre d'élèves, bien sûr…) :
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/27/02/7/livret_personnel_competences_149027.pdf
Qui l'eût cru ?
Le croirez-vous ?
Parmi les pays obtenant les meilleurs résultats à l'évaluation PISA, on en trouvera :
— où les écoles sont autonomes (Shangai, Hong-Kong de façon flagrante, aussi les Pays-Bas) ;
— mais bien d'autres où l'autonomie mesurée est *inférieure* à celle de la moyenne de l'OCDE (Corée & Japon [de façon flagrante], mais aussi Singapour, Finlande, Canada, l'Australie…).
(☞ http://www.oecd.org/pisa/46624382.pdf Figure I)
Tout ça pour dire qu'il faut se méfier des margoulins qui — œuvrant pour une idéologie ou une autre, et se réclamant de « statistiques » — vous vendent un package tout-en-un, là où esprit critique et nuance devraient être la règle.
Cet article est un mélange des genres entre questions sans grand rapport : on fait mine de discuter un récent sondage syndical sur la notation des élèves, mais la véritable intention se révèle p. 2, et qui tient du trac militant libéral le plus éhonté.
On appréciera en page 2 cet élément de langage : la révolution de la « liberté ».
Nom que le libéralisme réserve à la *dérégulation* (tout bêtement).
Et d'ailleurs, dans le document conçu pour cette officine-croupion du MEDEF qu'est l'ITM (indiqué en lien dans l'article), on se réclame à l'envi du rapport PISA de l'OCDE pour vanter les bienfaits de cette dérégulation, alors que l'examen un peu attentif des nombreux tableaux statistiques de PISA invite plutôt à la circonspection.
Par exemple un tableau montre l'autonomie des établissements scolaires selon les critères :
➀ embauche des enseignants ;
➁ licenciement des enseignants ;
➂ fixation du salaire initial de ceux-ci ;
➃ progression de ce salaire ;
➄ détermination du budget de l'école ;
➅ décision quant à la répartition dudit budget au sein de l'école.
⚠
Ce dont l'école a besoin c'est d'un climat favorable à l'enseignement : du calme, du respect, de la sérénité, une bonne ambiance favorable à un travail de qualité.
Enseigner et apprendre sont des actes volontaires : ceux qui ne sont pas volontaires, enfants comme adultes, doivent partir ou être virés sans pitié !
Les enseignants s'épuisent à apprendre à des jeunes qui ne veulent rien savoir, qui viennent pour perturber, trafiquer et faire "criser" du prof' !
Pendant ce temps ceux qui viennent pour apprendre attendent qu'on s'occupe d'eux !
Résultat : que des perdants et un niveau au ras des pâquerettes !
Tout le reste n'est que verbiage !
Combien de connaissances parlent d'école comme d'un lieu d'épanouissement ?
L'école est avant tout un lieu de souffrance... de compétition... d'humiliation.... de frustration.... et pourtant, tous les élèves démarrent leur scolarité avec la même envie...
La vision républicaine, indivisible, égalitariste rend pourtant les bons élèves frustrés de freiner leurs appétits de savoirs ... les élèves "qui ne sont pas dans la norme" développent chacun à leur manière des stratégies d'évitement... et ceux qui auraient le malheurs d'être différents... Sarko avait même prévu le ciblage dès 3 ans... c'est pour dire!!!
Laissons les établissements la liberté de définir les enseignants qu'ils recrutent, les méthodes qu'ils utiliseraient... l'état se limitant à éviter l'embrigadement et la "maltraitance" ( le profs sadiques et tortionnaires font de longues carrières à l'EN)
Laissons les parents mettre leurs enfants et le budget éducation dans l'établissement de leurs choix... y compris celui de faire eux même l'éducation de leurs enfants....
Il s'agit bien de l'arbre qui cache la forêt.Les solutions existent mais on est beaucoup trop frileux pour les appliquer....Repensons l'école avant de musarder en compagnie de tels de tels détails,laissons tomber ces clichés......Les notes n'ont plus aucune signification puisqu'elles sont gonflées vers le positif et plutôt que de servir de tremplin à nos jeunes pour les booster vers une progression de leurs résultats et de la construction de leur caractère d'Homme , elles les confortent dans leur nombrilisme stérile....A croire qu'à les illusionner ...on cherche à entretenir les élites au pouvoir.....de père en fils