Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 26 Août 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Retour sur 20 ans de mauvais choix d’investissement dans l'Education nationale (alors même qu’augmenter les profs par exemple était possible)

Le 24 juin 1997, le ministre de l’éducation Claude Allègre manifestait sa volonté de réduire le budget de l’enseignement en France. Près de 20 ans après, ses vœux ont été, en partie, exaucés. Mais pas forcément selon les circonstances prévues.

0/20

Publié le
Retour sur 20 ans de mauvais choix d’investissement dans l'Education nationale (alors même qu’augmenter les profs par exemple était possible)

zéro sur vingt pour la réforme du collège.  Crédit Reuters

La première méthode de mesure revient à comparer le niveau de dépenses publiques consacrées à l’enseignement et l’évolution du PIB du pays. De ce point de vue, la France dépensait 5.72% de son PIB en 1995 au titre de l’éducation contre 5.51% à la fin 2013. Si l’écart semble faible, il équivaut quand même à une somme 4.5 milliards d’euros. 

Graphique : Dépenses d’enseignement en % de PIB (Source : INSEE)

 

Une réduction des dépenses qui se manifeste, plus précisément, en détaillant entre d’une part l’enseignement secondaire, et d’autre part l’enseignement pré-élémentaire et primaire. 

Graphique : Dépenses d’enseignement détaillées en % de PIB (Source : INSEE)

Les deux catégories considérées évoluent ensemble : à la baisse.

A l’inverse, la partie résiduelle consacrée à l’enseignement supérieur, soit 12% du total, progresse un peu plus rapidement que le PIB, mais ne suffit pas à compenser la tendance générale. De la même façon, le montant des rémunérations des personnels de l’enseignement ont diminué, en pourcentage de PIB. Passant de 4.24% du PIB à 3.75% en 2013.

Graphique : Dépenses d’enseignement consacrées à la rémunération des salariés en % de PIB (Source : INSEE)

Le plus souvent, cette lente érosion se trouve justifiée par la baisse du nombre d’élèves et d’étudiants en France. Mais, contrairement à cette idée reçue, les effectifs n’ont cessé de progresser au cours des 35 dernières années si l’on tient compte de l’ensemble des personnes concernées; c’est-à-dire des élèves et des étudiants :

Graphique : Total des effectifs d’élèves et d’étudiants France (Source : INSEE)

En ne tenant compte que des effectifs du primaire et du secondaire, les effectifs sont, par contre, stables, à 6.7 millions de personnes. Dans le même temps, le nombre d’enseignants de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur est passé de 1.005.138 en 2004 à 911.741 en 2012, c’est-à-dire une baisse de 9.3% des effectifs. Entre 1994 et 2012, la baisse est moins prononcée, mais reste réelle à -3%. Une baisse des effectifs qui aurait pu justifier la mise en place de meilleures rémunérations, car comme l’indique la Cour de Comptes :

"Les enseignants français gagnent entre 15 et 20 % de moins que leurs homologues des États membres de l’Union européenne et des pays membres de l’OCDE, à leur début de carrière comme après 15 ans d’ancienneté. Même corrigées du temps de travail, ces données restent sensiblement défavorables aux enseignants français, surtout dans le primaire."

L’intensité de la dépense publique relative à l’enseignement a donc faibli dans le pays au cours des 20 dernières années. Entre 2000 et 2013, le niveau de dépense par élève ou étudiant s’est affaissé relativement à la progression du PIB. Quand le premier progresse de 37%, la seconde avance de 42%, à prix courants.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Anouman - 11/03/2015 - 21:35 - Signaler un abus Ecarts

    Quel théorème nous dit que les dépenses d'enseignement devraient suivre l'évolution du PIB? Aucun. Y-a-t-il un intérêt à augmenter des dépenses d'éducation qui forment 15 à 25% d'illettrés? Aucun. Si les dépenses d'éducations sont concentrées sur ceux qui méritent qu'on s'intéresse à eux parce qu'ils ont la capacité d'apprendre et de progresser alors on peut encore largement les diminuer.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€