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Le référendum italien à 360 milliards d’euros : derrière la déstabilisation politique, la faillite programmée du système bancaire

Ce dimanche, les Italiens seront appelés aux urnes dans le cadre d'un référendum capital pour l'avenir politique du pays. Par ailleurs, le système bancaire sera tout particulièrement attentif au résultat du scrutin.

Panique

Publié le - Mis à jour le 2 Décembre 2016
Le référendum italien à 360 milliards d’euros : derrière la déstabilisation politique, la faillite programmée du système bancaire

Atlantico : Beaucoup d'observateurs européens regarderont ce dimanche vers l'Italie, qui doit se prononcer sur un référendum pour lequel Matteo Renzi a mis sa démission dans la balance. Mais au-delà des conséquences politiques d'un éventuel "Non", quelles peuvent être les conséquences économiques, notamment sur le système bancaire italien ?

Silvia Sciorilli Borrelli : En Italie, les opposants de Matteo Renzi pensent qu'une victoire du "non" n'aurait aucune conséquence économique. Même Mario Monti, ancien Premier ministre et commissaire européen, qui votera "non", pense que les conséquences d'un tel vote seront bien plus faciles à gérer que ce que laissent entendre les médias internationaux. Les partisans du "oui", quant à eux, ont contribué à alimenter la théorie selon laquelle un rejet de la réforme constitutionnelle mettrait en danger la stabilité financière du pays. 

De nombreux analystes et investisseurs ont également insisté sur le fait que les très nombreuses banques italiennes criblées de dettes seraient condamnées en cas de victoire du "non".

Ils ont par ailleurs souligné que, dans une telle configuration, le gouvernement italien n'aurait d'autre choix que de déclencher les règles de l'UE en matière d'aide d'Etat, le fameux bail-in. 

Mais, à ce stade, tout cela relève de la spéculation. 

L'histoire récente avec le Brexit et l'élection de Trump nous a montré que les événements inattendus ont souvent des conséquences économiques moins dramatiques que ce qui était prévu, au moins sur le court terme. Au regard de la volatilité actuelle sur la bourse à Milan, on peut, de façon quasi-certaine, s'attendre à une réaction nerveuse des marchés. En-dehors de cela, si Renzi démissionnait, le président de la République, Sergio Mattarella, qui devra décider s'il convoque des élections ou s'il forme un gouvernement de technocrates, sera conscient des risques économiques qui pèsent sur le pays, et agira de façon à éviter le chaos. Par ailleurs, la loi électorale italienne doit être revue avant la prochaine élection générale : d'un point de vue technique, il est donc irréaliste d'envisager que les Italiens soient appelés à élire un nouveau Premier ministre dans les six mois. Entre-temps, un gouvernement technocratique, dirigé par le ministre des Finances Pier Carlo Padoan par exemple, pourrait tout à fait maintenir l'économie sous contrôle.

La victoire du "Non" lors de ce référendum impliquerait-elle forcément un échec du plan de sauvetage des banques MPS et Unicredit ? N'y a-t-il pas d'autres motifs d'espoir, comme les analyses de l'agence S&P ?

Non, cela ne signifierait pas nécessairement l'échec du plan pour recapitaliser MPS et encore moins Unicredit.

Indépendamment du référendum, le plan de sauvetage de MPS est une opération compliquée, car la santé de la banque n'est pas optimale, comme l'ont montré les stress tests (tests de résistance) réalisés par l'Autorité bancaire européenne à la fin du mois de juillet. Aujourd'hui, peu d'investisseurs sont prêts à participer à la recapitalisation de la banque, et un vote en faveur du non amplifierait sans aucun doute les craintes des investisseurs, qui s'inquiètent de la stabilité financière et politique de l'Italie ainsi que des difficultés du secteur bancaire.

 
Commentaires

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  • Par MGPresse - 30/11/2016 - 11:36 - Signaler un abus De quoi s'agit-il ?

    A part un titre très racolleur je n'ai RIEN appris de cet article. Quelle est la question posée par ce référendum, par exemple ?

  • Par ikaris - 30/11/2016 - 14:42 - Signaler un abus Titre accrocheur

    mais le contenu est nettement plus mesuré ... même si comme dit le commentaire précédent il aurait mérité qu'on nous remette plus dans le contexte. Trop peu pédagogique pour un néophyte, trop superficiel pour un initié

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Silvia Sciorilli Borrelli

Silvia Sciorilli Borrelli est journaliste pour le média Politico.

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