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Référendum européen : dix ans après, les États membres de l'UE la jouent toujours chacun pour soi

Une tribune de Charles Millon, ancien ministre et membre de l’Avant-Garde, Charles Beigbeder, entrepreneur et membre de l’Avant-Garde, Christian Vanneste, ancien député et membre de l’Avant-Garde et Xavier Lemoine, maire de Montfermeil et membre de l’Avant-Garde.

Tribune

Publié le

10 ans après. 10 ans après quoi ? Après la mort de la démocratie française. Le 29 mai 2005 qui, on s’en souvient, avait signé le rejet par une majorité écrasante de Français (54,67%, soit plus de 15 millions de voix) du "traité établissant une constitution pour l’Europe" élaboré sous la houlette de Valéry Giscard d’Estaing, aurait dû ouvrir le millénaire dans la fanfare des peuples libres et souverains, prenant enfin en main leur destin.

Il n’en fut rien. Il en fut tout au contraire : à peine trois ans plus tard, le président Sarkozy abolissait en un tournemain et en un tour de magie le verbe du peuple, en faisant voter au Congrès le Traité de Lisbonne.

Chant du cygne que ce référendum, fin de l’Histoire de France, enterrement de première classe d’une nation pluriséculaire, cage dorée pour patrie fatiguée ? Oui, mais seulement si nous le voulons et rendons les armes. Car ces dix années auront au moins prouvé ceci à la face du monde et des eurobéats, que la voie de l’Union technocratique est sans issue. On nous sert l’intégration forcée à coups de réglementations et de décrets pendant que les peuples, grecs mais pas seulement, meurent dans leur économie et aussi dans leur âme.

Cette UE ne sait protéger ni les intérêts de ses peuples, ni ceux de ses entreprises. Elle est ouverte aux quatre vents de la mondialisation et dans son intérieur même, par la pratique du dumping social, elle détruit les économies locales. Cette UE n’a pas de politique extérieure aboutie, ni la voix forte que le monde attend. Cette UE est incapable de trouver une solution humaine et raisonnable à la tragédie des migrants qui traversent la Méditerranée. Cette UE n’est plus un pont civilisationnel mais une bureaucratie opaque qui fait fermenter dans le secret des traités de libre-échange auxquels les élus mêmes des nations qui la composent n’ont pas accès. Bref, cette UE a vitrifié toutes les énergies européennes.

Mais son mal vient de plus loin, et il était déjà patent dans le projet de constitution qui biffait ses racines chrétiennes pour leur préférer les seules Lumières. Son mal est civilisationnel, culturel, tout le monde le sait mais nul n’ose le dire. L’Union européenne s’est édifiée sur des critères techniques, monétaires et juridiques qui ont changé une aspiration commune en une monstrueuse machine. Les patries ne vivent pas d’abstraction, elles vivent de symboles et d’histoire. C’est pourquoi cette Europe n’est aujourd’hui la patrie de personne et ses forces centrifuges se sont remises en marche, témoin la tentation du départ du Royaume-Uni. "Les peuples sans légende seront condamnés à mourir de froid", savait le poète.

C’est ce qui nous attend si - et l’anniversaire de cette victoire à la Pyrrhus nous en donne l’occasion -, nous ne refondons pas l’Europe sur sa seule pierre d’angle, qui est son identité culturelle. Dire qui nous sommes non pour nous gargariser nostalgiquement du passé, mais pour savoir où nous allons. Et pour le faire savoir. L’Europe qui fut grande était celle des projets industriels, énergétiques, écologiques transnationaux dans quoi chacun trouvait son compte. L’Europe qui fut grande était celle qui ensemençait le monde de sa mesure, de sa sagesse née du long travail des siècles, cette Europe 'voie romaine" qu’a décrite Rémi Brague. Cette Europe du souci des plus faibles, cette Europe qui apaisait les douleurs du monde.

Cette Europe-ci n’a pas besoin de commissaires anonymes, ni de grands banquiers indépendants, ni de juges hors sol. Elle a besoin du génie propre de ses dizaines de patries, accordées dans une même symphonie. C’est en quoi aujourd’hui, fédéralistes ou souverainistes, élèves de Schumann ou de de Gaulle, nous pouvons nous retrouver pour brûler enfin les cous de l’hydre bruxelloise et reconquérant nos frontières, notre identité, nos économie, réveiller l’âme commune qui nous fait Européens.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 29/05/2015 - 17:09 - Signaler un abus Me Beigbeder soyez raisonnables

    Le référendum est une arme dangereuse dans le sens où les électeurs ne se prononcent pas pour ou contre un texte mais pour ou contre le pouvoir en place. Quels électeurs connaissaient les centaines de pages et leurs annexes du traité avant de voter? Je pense que l'Europe est effectivement à reconsidérer totalement en particulier soit pour une Europe économique des états ou une intégration totale fédérale ou confédérale mais il faudra accepter un gouvernement européen ÉLU par les citoyens européens. Cela nous éviterait un " Hollande" a la tête de la France ou un Juppé. Les européens devront faire le choix et dans les deux cas il faudra une votation façon Suisse ou les peuples sont, à leurs demandes écoutés pour toute les questions sociétales, l'immigration, les aides sociales, les mosquées, etc. Il y a donc du travail et nos élites ne veulent pas perdre leurs privilèges et nos présidents leur trône " royal" ce qui est un comble en république .

  • Par Xhishou - 29/05/2015 - 17:41 - Signaler un abus Parfaitement d'accord

    Il faut arrêter cette machine, on veut faire de l'europe un seul et unique pays comme les états unis. Mais contrairement aux USA qui n'avaient pas d'histoire chaque pays de l'UE a ses coutumes et un patrimoine différents. Chaque Pays ne fait pas voix unique pour l'intérêt de toute l'UE mais cherche à tirer son épingle du jeu. Et le seul moyen de nous homogénéiser c'est de détruire nos cultures et nos histoires. Alors ils y vont doucement: lois par lois, réforme stupide par réforme stupide (comme pour nos régions devenant d'immense région européene) Il faut cesser cela, revenons à l'europe des projets où chaque pays est souverain! Et ce n'est pas possible avec le trio infernale. Ils divisent ou plient le genou devant Bruxelles.

  • Par Xhishou - 29/05/2015 - 17:46 - Signaler un abus A Anguerrand

    Tu penses vraiment que si hier il y avait eu un référendum sur le mariage pour tous les homos de droite ayant des enfants auraient voté contre et les MPT de gauche pour? Les textes complexes et ayant peu d'influences je peux comprendre, mais le référendum pour des sujets aussi sensible et important si les gens s'y intéressent et votent en connaissance de cause ou en fonction des discours entendus

  • Par Liberte5 - 29/05/2015 - 19:58 - Signaler un abus C'est clair!!!!

    Une vision juste de ce qu'il faut faire pour remettre l'Europe sur de bons rails. J'approuve à 100%. Et je pense que la majorité des Français sont d'accord avec cette redéfinition du projet Européen.

  • Par vangog - 30/05/2015 - 00:52 - Signaler un abus "Tordre le cou de l'hydre Bruxelloise"...

    Les patriotes ne disent pas mieux...et sont heureux d'être enfin écoutés, après toutes ces années d'autisme et de rendez-vous ratés avec le peuple de France...mais ils ont une longueur d'avance, grâce à une réflexion entamée de longue date! Certes, la technostructure bruxelloise doit être abolie, et avec elle, ses mignons lobbyistes et banquiers avides de dettes...mais par quoi la remplacer? Après avoir éjecté les ecolo-trotskystes qui ne représentent qu'une minorité montée en épingle par de médiocres médias-aux-ordres et après avoir rendu le pouvoir démocratique aux peuples, une construction européenne se fera sur la base de frontières, d'une armée face aux menaces grandissantes et sur la base de valeurs européennes communes et affirmées contre toutes les tyrannies, idéologiques et religieuses. La construction européenne doit repasser par la case "Nation"...et seul le Front National l'a compris...ensuite, les coopérations économiques, anti-immigrationnistes et de défense seront plus saines, et plus fructueuses!

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Charles Beigbeder

Président de sa holding industrielle et financière, Gravitation SAS, Charles Beigbeder est engagé dans plusieurs mouvements liés à l'entreprise et à la vie de la cité.

Il est conseiller municipal du 8ème arrondissement de Paris.
 

 

 

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Charles Millon

Charles Millon a été ministre de la Défense des gouvernements Alain Juppé, de 1995 à 1997.

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Xavier Lemoine

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil et membre de l’Avant-Garde.

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Christian Vanneste

Christian Vanneste est ancien député RPR puis UMP, honoraire maintenant après 3 mandats, Président du Rassemblement Pour La France (RPF) et de La Droite Libre, Président d'honneur de Famille et Liberté, auteur de Pour Une France Libérée (Tatamis) et de M... Au Lobby Gay (Mordicus)

 

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