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Réduire la dépense publique : une question de management, pas de règles ni de normes

Il nous faut des managers, ou mieux : des patrons, avec l’appui du gouvernement bien sûr ! C’est la seule façon pour réduire la dépense publique et améliorer « en même temps » la qualité des prestations, et obtenir ainsi l’appui de la population.

Le temps des chefs

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Réduire la dépense publique : une question de management, pas de règles ni de normes

Il nous faut des managers, ou mieux : des patrons, avec l’appui du gouvernement bien sûr ! C’est la seule façon pour réduire la dépense publique et améliorer « en même temps » la qualité des prestations, et obtenir ainsi l’appui de la population. Mais ce n’est pas facile à expliquer et à vendre aux Français, dont les opinions sont quand même en train de changer, vers une vraie réduction. Pas facile à mettre en œuvre non plus, même si les choses bougent.

Moderniser, former, informer, transformer : quel programme ! Mais pas par des lois. La Loi Organique relative aux Lois de Finances de 2001 (LOLF), qui devait simplifier et responsabiliser, a échoué. « C’est une Rolls sur un chemin de terre » pour Alain Lambert, pourtant l’un de ses pères. Pas de meilleur résultat avec les méthodes trop abstraites : Revue Générale des Politiques Publiques (RGPP) de Nicolas Sarkozy de 2007 (avec pourtant une embauche pour deux retraites), puis Modernisation de l’Action Publique (MAP) de Jean-Marc Ayrault  en 2012.

Pas trop à attendre des règlements multiples, surtout s’ils entendent simplifier !

Il faut du courage et de l’information, pour agir et changer. Nous savons tous que la grippe frappe surtout le lundi, à l’approche des « ponts » et bien plus au Sud qu’au Nord ! Mais que faire si la mairie ou l’hôpital ne publient pas les taux et calendrier d’absentéisme et si les Ressources Humaines ne disent rien ? Nous savons que la France baisse dans les classements PISA (Programme for Institutional Student Assessment) qui teste les jeunes de 15 ans en lecture, mathématique et sciences, qu’elle brevète et exporte moins… Nous savons qu’elle perd en part de marché et voit en même temps ses salaires monter. Nous savons… Mais que faire si le problème est vu en termes de moyens et pas de résultats, sans méthodes et solutions portées par de vrais managers ?

Réduire la dépense publique ? Bien sûr que oui : nos prélèvements obligatoires (44,7% en 2015) sont énormes en zone euro, avec la fiscalité qui va avec, et sans même qu’elle suffise ! Il faut s’endetter chaque année, en sus. Bien sûr que oui : tous ceux qui paient des impôts le souhaitent, et au plus tôt. On ne compte plus les travaux qui le répètent. On lit, partout, des articles ou des ouvrages qui nous expliquent que « nous allons dans le mur » et « hypothéquons l’avenir de nos enfants », avec autant de dette publique (reconnue) que de PIB. Et on les « like » beaucoup ! On sait tous que la France est en déficit budgétaire depuis des années, que ses entreprises publiques ne pourraient pas (bien) vivre sans la garantie de l’Etat sur ses dettes (SNCF, EDF…), sans oublier par exemple les Allocations chômage, où l’Etat « garantit implicitement » les crédits bancaires et financiers (en attendant que tout se rééquilibre, bien sûr).

 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 12/02/2018 - 11:17 - Signaler un abus Une question de management !

    C'est une vraie question, qui peut faire mal. Derrière le mot il y a surement en France un réel problème de compétences des directions. Et il faut nous comparer au modèle allemand, ou l'avancement est au mérite. Dans notre pays, les diplômés intègrent immédiatement des postes de responsabilités et de commandement. Or comment diriger une équipe quand le hiérarchique ne maîtrise pas son sujet, notamment dans les banques. Je me souviens qu'à l'époque, absolument personne ne savait ce qu'était la titrisation (subprime). Généralement le diplômé reste en poste 4 ans, il apprend son boulot, et une fois très opérationnel, on le change de fonction et il recommence à se former !!! Deuxième point, la faiblesse des DRH. Il y a une forme de sélection dans ce pays ,absolument démente. On recherche des profils qualitatifs et psychologiques. En clair on veut de très bons moutons. Pas de vague, de rebelle, de grande gueule. De fait on se prive de gens de caractère qui, certes sont remuants, mais qui font aussi avancer les lignes. Sur le principe, le responsable allemand, avant d'être responsable est souvent passé par tous les postes intermédiaires. A la sortie on a pas le même management.

  • Par Anouman - 12/02/2018 - 20:25 - Signaler un abus Management?

    Bon, peut-être. Mais le seul moyen de réduire la dépense publique c'est de réduire drastiquement le champ d'intervention de l'état et des collectivités. Tant qu'ils mettront leur grand nez dans tout ils trouveront de belles opportunités de dépenser l'argent qu'ils n'ont pas et finir par le trouver toujours au même endroit.

  • Par alam - 12/02/2018 - 22:43 - Signaler un abus Absurde

    Faut-il rappeler cette citation (Clémenceau): vous plantez un fonctionnaire, vous récolterez des impôts. Entièrement d ' accord avec Anouman.

  • Par francoise34 - 12/02/2018 - 23:09 - Signaler un abus Et les communes

    Et si on réduisait le nombre de communes' de maires, de secrétaires de mairie, adjoints, indemnisé ou rémunérés Moins de photocopieuses et de locaux Il y a des sous à gratter, nous avons 36 000 communes et autant de maires à entretenir, certaines pour 45 habitants Cherchez l'erreur

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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