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Redevance télé universelle : une très mauvaise solution à un véritable enjeu

Parmi les 40 propositions qui entendent renouveler l'audiovisuel français, on retrouve la redevance télé pour tous, actuel cheval de bataille de la députée Aurore Bergé.

Nouvelle taxe

Publié le
Redevance télé universelle : une très mauvaise solution à un véritable enjeu

 Crédit Pixabay

Atlantico : Comment évaluez-vous ce paiement universel de la redevance télévisuelle ? Cette proposition vous semble-t-elle légitime ?

Olivier Babeau : Il n'est pas possible de mettre en place une telle mesure, dont la logique se comprend, sans une refonte très profonde de l'audiovisuel public. On voit bien à travers les réactions virulentes des gens sur les réseaux sociaux qu'il y a un décalage de plus en plus grand entre les spectateurs et l'audiovisuel public. L'habitude de la consommation fait apparaître la contribution audiovisuelle comme une sorte de vente forcée. Ils consomment de plus en plus sur des plateformes de streaming et comprennent de moins en moins d'être obligé de payer pour quelque chose qu'ils ne consomment pas.

 

Quelle est la mission de l'audiovisuel public ? C'est la question dont il faudrait repartir avant tout réforme du financement. Les trois piliers aujourd'hui sont : divertir, informer et cultiver.

 

Le divertissement n’a pas nul besoin de l'audiovisuel public. C’est une mission qui est parfaitement remplie par le privé.

 

En ce qui concerne l'information, la capacité à informer et entretenir le débat démocratique est importante. L'audiovisuel public, le fait-il bien ? On peut dire qu'il n'y a peut-être pas assez de diversité des opinions. L'audiovisuel public est aujourd’hui trop idéologiquement homogène et c'est un problème. L’audiovisuel public doit assurer le pluralisme des visions, au lieu d’être seulement le porte-voix d’une certaine bien-pensance progressiste. Sinon ce n’est plus l’entretien légitime du débat démocratique mais seulement de la propagande.

 

La culture doit être à mon sens la principale mission d’un audiovisuel public refondé.

 

Si l’audiovisuel public est refondé autour de ses vraies missions et met un terme à ses scandaleuses dérives de coûts, alors faire payer à tous pour ces contenus aura du sens. Exactement comme nous finançons tous, par l’impôt, l’entretien des musées ou des monuments.

 

Les chaînes de service public sont obligées de concurrencer les autres chaînes privées et proposer des grilles de programmes qui se rapprochent de ces dernières (jeux télévisés etc.). Ne devrait-on pas se poser la question de savoir quelles sont les programmes qui nécessitent vraiment le financement public ? Subventionner des programmes d'informations, de société, est-ce une solution envisageable selon vous ?

 

Oui. On pourrait imaginer que plutôt que de financer uniquement des chaînes, on financerait de programmes, des contenus, même sur d'autres chaînes, comme cela existe dans d’autres pays.

 

Les émissions de divertissement, les jeux télévisés… Ces choses-là n'ont pas besoin du service public. Il faudrait, peut-être, dire que l'audiovisuel public n'est pas seulement une chaîne particulière, mais un mode de production qui placerait ses programmes dans différentes chaînes.

 

Quels pourraient être les freins d'une telle mesure ?

 

On ne peut pas faire comme si l’organisation actuelle n’existait pas. C'est un très lourd bateau, avec environ 10 000 personnes qui y travaillent… Il y a beaucoup de difficultés à changer, beaucoup d'habitudes. Il faudrait un dirigeant nommé avec un mandat clair et une volonté de fer pour mener à bien une telle réforme.

 
Commentaires

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  • Par pasdesp - 09/10/2018 - 08:57 - Signaler un abus Et un impot supplémentaire

    Un!

  • Par lorwakaf - 09/10/2018 - 09:29 - Signaler un abus Redevance pour télé et radio de qualité

    Ok pour payer mais pas pour Ruquier et consors, ni pour les bobos de l'actu, par ex Renaud Dely sur 28 minutes (que je ne regarde plus depuis qu'il y est) ni France Info (que je n'écoute plus) . Par contre, je suis prêt à payer les podcasts à la carte avec le risque de financer indirectement les programmes évoqués ci dessus.

  • Par Citoyen-libre - 09/10/2018 - 09:31 - Signaler un abus Les réformes françaises

    En France, réformer signifie : ponctionner, récolter, spolier.

  • Par Kreuzer - 09/10/2018 - 09:53 - Signaler un abus Impôt injuste contre les non détenteurs de postes TV.

    Il n'est pas imaginable de se voir taxé, pour la détention d'un poste de télévision que vous n'avez pas. C'est comme si l'on vous faisait payer une vignette pour une voiture que vous ne possédez pas. A la recherche de toujours plus de rentrées fiscales, le gouvernement ne saurait mettre en oeuvre des pratiques d'extorsion. Il doit baisser la dette; et traquer les auteurs d'évasion fiscale.

  • Par J'accuse - 09/10/2018 - 09:54 - Signaler un abus Ne cherchez pas pourquoi on veut taxer plus !

    Tous les gouvernements sont à la recherche de fric (le nôtre), pour financer de fausses réformes, continuer leurs gabegies sans trop accroitre les déficits, et payer un nombre pléthorique de fonctionnaires ultra-syndiqués. L'audiovisuel n'est qu'un exemple, un prétexte pour justifier l'augmentation de taxes ou la création de nouvelles.

  • Par vangog - 09/10/2018 - 10:35 - Signaler un abus Le but inavoué par ces faux-culs gauchistes...

    est aussi de mieux contrôler l’information sur les médias libres de propagande d’état PS-macroniste: d’une pierre-deux coups! Un impôt peut en cacher une autre perfidie...

  • Par assougoudrel - 09/10/2018 - 11:03 - Signaler un abus Et on vient nous parler de

    la hausse du pouvoir d'achat des français. Quand à ce député et ses confrères malpropres, se sont eux qui pleurent en disant qu'ils sont "miséreux" et qu'ils sont obligés de manger chez Mac-Do à cause de leur pouvoir d'achat qui est fortement en baisse.

  • Par Bobby Watson - 09/10/2018 - 21:30 - Signaler un abus Aurore Berger ?

    Lisez Le journal de l'Elysée, et vous sait tout sur les délires de cette députée LREM qui veut taxer les Français qui n'ont pas de télévision.

  • Par ajm - 09/10/2018 - 21:49 - Signaler un abus 3 ans à tirer.

    Ces députés LREM sont bien les héritiers des socialo de Flamby, bons à rien, obsédés par l'idée de taxer tout et n'importe quoi. Encore 3 ans à supporter ces incapables.

  • Par zelectron - 10/10/2018 - 00:09 - Signaler un abus les bons comptes . . .

    il ne reste que la moitié des auditeurs et téléspectateurs donc il faut diviser la redevance par 2

  • Par pasdesp - 10/10/2018 - 10:18 - Signaler un abus Rebaptissons la redevance impot!

    C,a aura le merite d etre clair. Tres bon article mais si Macron se souciait de culture on le saurait. Il parait qu il a propose le poste du minlstre de la culture à Juilliard l' elu parisien. Apres Nyssen ce serait de Charybe en Scylla.

  • Par pasdesp - 10/10/2018 - 10:20 - Signaler un abus Grace à ce monsieur on n a pas eu de rue Dutilleul

    Gagnons que nous aurions une rur Booba

  • Par OLYTTEUS - 10/10/2018 - 14:41 - Signaler un abus Légal de faire payer pour une TV inexistante?

    Je doute que ce soit légal de faire payer ceux qui n'ont pas de TV; j'entends bien qu'on peut la visionner sur tablettes et ordinateurs mais on ne voit pas tous les programmes.

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Olivier Babeau

Olivier Babeau est essayiste et professeur à l’université de Bordeaux. Il s'intéresse aux dynamiques concurrentielles liées au numérique. Parmi ses publications:   Le management expliqué par l'art (2013, Ellipses), et La nouvelle ferme des animaux (éd. Les Belles Lettres, 2016), L'horreur politique (éd. Les Belles Lettres, 2017) et Eloge de l'hypocrisie d'Olivier Babeau (éd. du Cerf).

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