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Réchauffement climatique :
les climato sceptiques
contre-attaquent !

Le CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire) a publié, la semaine dernière, un rapport qui fait débat dans le petit milieu de la climatologie. Pour les climato-sceptiques, les conclusions remettraient en cause les modèles climatiques sur lesquels travaillent les chercheurs et donc, leurs conclusions sur le changement climatique. Le géophysicien Vincent Courtillot livre pour Atlantico son analyse.

Attention, vous êtes CERNés

Publié le

Atlantico : Quelle était le but de l’expérience du CERN baptisée Cloud?

Vincent Courtillot : L’expérience Cloud est une expérience qui essaye de reproduire artificiellement, dans les chambres d’expérience du CERN, les conditions qui se produisent dans l’atmosphère quand des particules électrisées (comme les rayons cosmiques) interagissent avec l’humidité, la vapeur d’eau et d’autres molécules comme les composés soufrés ou l’ammoniac, pour comprendre l’origine des gouttelettes d’eau microscopiques qui forment les nuages. Quand on fabrique ces gouttelettes, elles se forment par condensation de l’eau autour de microscopiques particules, appelés aérosols.

Cloud avait pour but de voir comment fonctionnait la fabrication de ces aérosols, comment évoluaient ces petits noyaux minuscules qui servent à générer les nuages et si les rayons cosmiques avaient une influence sur cette fabrication des nuages.


Quelles sont les conclusions principales du rapport ?

L’expérience Cloud, telle qu’elle a été publiée récemment dans Nature, a deux messages importants.

Le premier résultat est le suivant : en fabricant cette atmosphère artificielle avec les concentrations que l’on connait de composés soufrés et d’ammoniac, les expérimentateurs, à leur grand surprise, n’ont pas réussi à obtenir les noyaux que l’on pensait pouvoir fabriquer et qui interviennent dans la plupart des modèles climatiques. Dans beaucoup de modèles climatiques, on estime que la moitié des nuages est fabriquée par ce processus à partir d’aérosols comme les composés soufrés ou l’ammoniac. Alors que l’on croyait que c’était bien compris, on ne peut plus expliquer simplement la fabrication des nuages par les aérosols.

La deuxième partie de l’expérience est qu’ils ont ajouté à tout cela des rayons cosmiques, simulés dans l’accélérateur de particules du CERN de Genève. Ils ont remarqué que ces rayons multipliaient au moins par dix la fabrication des noyaux. Cependant même s’il est vrai qu’avec ces rayons cosmiques on augmente d’un facteur dix ces nuages, même avec cet effet-là, on est encore loin de la concentration nécessaire pour expliquer la condensation des nuages.

 

En quoi ces résultats contredisent-ils les conclusions du GIEC sur le changement climatique ?

Le rapport du CERN montre surtout qu’il y a encore beaucoup de travail à faire dans le domaine. C’est un sujet de recherche actif qui n’est ni réglé dans un sens, ni dans l’autre. Cela confirme une des phrases du GIEC qui étaient que « l’un des principaux facteurs d’incertitude dans notre modélisation du climat, c’est notre mauvaise compréhension de la physique des nuages ».

Le rapport du GIEC pour les décideurs se terminait par « le réchauffement climatique actuel est certain et le fait qu’il est dû au gaz carbonique lâché par l’homme dans l’atmosphère a une probabilité de plus de 95 %. » Les nuages sont suffisamment incompris pour que le GIEC ne puisse pas affirmer ces conclusions avec ce degré de confiance. Je n’ai jamais dit que cette hypothèse était fausse, je dis simplement que le seuil de confiance de 95% n’était pas raisonnable. Je pense que le GIEC surestime le facteur gaz carbonique et sous-estime le facteur soleil.

En revanche, on ne peut pas dire non plus avec certitude qu’Henrik Svensmark (physicien climato-sceptique danois) avait raison même si les derniers résultats vont dans le sens de ses hypothèses (une partie non négligeable de la nébulosité doit sa formation à l’activité solaire). C’est une indication importante mais certainement pas une démonstration.

 

Dans quelles mesures le débat politique influe-t-il sur la recherche scientifique ?

En convaincant les politiques qu’il y a là un sujet important, certains laboratoires ont réussi à orienter les crédits de recherche vers eux. D’une certaine façon cela crée des postes dans le monde entier. Les laboratoires qui étudiaient le climat et la météo travaillaient de façon routinière, un peu comme des ingénieurs. En intéressant tout le monde à leur sujet, ils ont récolté des milliards d’Euros pour les laboratoires de climatologie.

Dans une période de crise où les crédits diminuent fortement et, où la compétition est farouche, les chercheurs rédigent leurs demandes de manière à « exciter » les personnes qui vont pouvoir les financer. Même moi, quand je formule une demande de crédit au CNRS pour étudier l’extinction des dinosaures, je m’attache à prouver que l’évolution et la disparition des dinosaures pourrait être importante pour comprendre l’évolution de la vie, et notamment l’évolution des changements climatiques.

La raison pour laquelle les médias et les politiques s’enthousiasment sur un sujet est parfois disproportionnée. Je m’étonne que l’on ait autant parlé du problème climatique, qui par ailleurs m’intéresse beaucoup en tant que scientifique, par rapport à la faim dans le monde, à l’accès à l'eau potable et aux traitements des déchets. Je trouve qu’il y a des problèmes qui sont beaucoup plus certains que le changement climatique qui demeure un problème incertain. Si on avait mis la moitié de l’argent que l’on a mis sur la recherche climatique, sur la recherche de l’eau ou l'atténuation de la faim dans le monde, on aurait probablement résolu des problèmes bien plus certains et réels. J’ai beaucoup de mal à comprendre cet enthousiasme sur des sujets incertains, alors que l’on délaisse des sujets qui sont certains, mais qui intéressent moins les gens.

 
Commentaires

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  • Par texarkana - 06/09/2011 - 09:42 - Signaler un abus Les scientifiques ont trouvé

    ...des fossiles d'arbres sous la calotte glaciaire du Groenland, preuve que si réchauffement il y a , il y a encore de la marge pour arriver a certains climats de la protohistoire. On nous brandit le "réchauffement" qui dans le meilleur des cas n'est qu'un effet, la cause étant l'explosion démographique associée à la généralisation du mode de vie occidental.

  • Par elemanuus - 06/09/2011 - 10:08 - Signaler un abus Bien sûr, l'atmosphère de la Terre s'auto-régénère !

    C'est vrai que l'air dans nos villes, les produits chimiques dans nos champs, les expériences industrielles à vocation économique n'ont aucune influence sur la santé des bébés. Il est vrai aussi que le comportement humain n'a strictement aucune influence sur l'écosystème. Ni sur celle de la qualité de l'atmosphère. Intensifions l'industrie, la Terre va aller mieux les prochaines années !

  • Par texarkana - 06/09/2011 - 10:17 - Signaler un abus "aucune influence sur la santé des bébés"

    Les bébés, dont il y a pléthore, deviendront des adultes qui consommeront massivement des produits agricoles (essayez de nourir 7 milliards d'individus avec l'agriculture bio)et industriels, donc l'une des solutions serait de réduire la natalité, mais SUJET TABOU.

  • Par labernerie - 06/09/2011 - 10:44 - Signaler un abus charlatans

    que des nostradamus climatiques et marchand d angoisse

  • Par elemanuus - 06/09/2011 - 11:18 - Signaler un abus @texarkana

    là, sur la natalité, je suis d'accord avec vous. :)

  • Par elcondor - 06/09/2011 - 11:27 - Signaler un abus Mais oui texarkana,

    Mais oui texarkana, tu m'as l'air sur de toi, tout en montrant ton ignorance. Un, les continents ça bouge et où était le Groënland voici 150 000 000n ans? Deux, même si l’Arctique fut chaud de plus de 20°c par rapport à maintenant, on a pas besoin d'arriver à un tel seuil pour que se soit une catastrophe

  • Par benj117 - 06/09/2011 - 12:22 - Signaler un abus Que pense ce monsieur du permafrost???

    que pense ce monsieur des glaciers qui fondent à des vitesses plus rapides que les modéles??? alors, certes, ce n'est peut-etre pas l'homme!!! mais bon, un homme met le feu a sa maison, c'est pas l'homme qui brule la maison, c'est le feu!!!!

  • Par ZOEDUBATO - 06/09/2011 - 12:23 - Signaler un abus Voilà de bonnes vérités qui recadrent bien le débat de fond

    Les questions et les doutes de M. COURTILLOT sont d'autant plus importantes que certaiens lieux de mesures de température qui, au départ des courbes étaient en rase campagne sont maintenant au milieu de zone bâties. Or on ne sait pas séparer avec précision l'apport de chaleur dû aux pertes thermique et d'énergie des maisons de celui de la géothermie c'est à dire du réchauffement par effet de serre

  • Par luc.b - 06/09/2011 - 13:25 - Signaler un abus Une facture pétrolière de 50 milliards d’euros pour l’année 2011

    Cette année, la France va dépenser 50 milliards d’euros pour ses importations pétrolières, c'est autant, en euros constant, qu'en 1973. Réchauffement climatique ou pas, la France ne peut pas continuer à consacrer chaque année 2,5% à 3% de son PIB aux importations énergétiques.

  • Par texarkana - 06/09/2011 - 13:27 - Signaler un abus "les courbes étaient en rases campagne"

    ...et maintenant les lieux de mesure sont urbanisés...tiens tiens...mais bien sûr les paramétres "explosion démographique et urbanisation"ne sont pas pris en compte dans les courbes savantes des rigolos du GIEC (M Pachaudri qui se fait déposer en voiture dans son bureau à 300 m de chez lui)...

  • Par ZOEDUBATO - 06/09/2011 - 15:44 - Signaler un abus Climat et diversité biologique

    A l'ère secondaire le taux d'oxygène était de ~15 % (~21% aujourd'hui), le taux des CO2 plusieurs fois supérieure à l'actuel, la température moyenne de la terre était de 8°C à 10°C supérieure à l'actuelle sans glaciers ni de glace au 2 pôles. Et pourtant ce fût un foisonnement de vie avec les dinausaures, les premiers mammifères, ert. Ll'adaptation c'est la vie, l'acquis immuable c'est la mort

  • Par texarkana - 06/09/2011 - 16:06 - Signaler un abus c'est tout de même étrange

    ...ces constructivistes de gauche adeptes du changement sociétal permanent, mais qui voudraient que le climat demeure statique, c'est la pensée chaotique, "helterskelter".....

  • Par domip - 06/09/2011 - 22:41 - Signaler un abus @benji, les glaciers qui reculent...

    ... reculent du fait d'une absence de pluviométrie, pas d'un réchauffement.

  • Par Le Sudiste - 07/09/2011 - 02:34 - Signaler un abus Un peu d'info en deux fois. Donc 2/2

    Une présentation de "Case Orange" http://www.youtube.com/watch?v=bSYsf_azH48 Pour le PDF "Case orange" http://www.scribd.com/doc/49282692/CASE-ORANGE-traduction-integrale-du-rapport-de-Belfort-Group-en-francais-pp1-99 Voilà. Le Sudiste

  • Par Le Sudiste - 07/09/2011 - 02:37 - Signaler un abus Un peu d'info en deux fois. Donc 1/2

    Un petit doc sur Svensmark dont il est question dans l'interview http://www.youtube.com/watch?v=hnYEXyjair0 Les chemtrails. (oh!) Mes propres photos (5 mn) http://www.youtube.com/watch?v=InzhqIoOW1s Un petit doc (1h30) http://www.dailymotion.com/video/xflea6_what-in-the-world-are-they-spraying-1sur7-vostfr_webcam Le Sudiste

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Vincent Courtillot

Vincent Courtillot est géophysicien.

Il est professeur à l'université Denis-Diderot et directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP),

Vincent Courtillot est sceptique sur l'ampleur et les causes des changements climatiques contemporains.

Il est l'auteur de "Nouveau voyage au centre de la terre" (Odile Jacob, 2009)

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