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Récession en vue au Royaume-Uni : la part du Brexit, la part du reste…

L'institut de macro-économie Fathom a pointé du doigt le risque "plus grand que jamais" qu'une récession touche la Grande-Bretagne. Un constat un peu hâtif qui oublie de prendre en compte les difficultés structurelles du pays pour se concentrer sur le Brexit et la baisse de la consommation des ménages.

Démêler le vrai du faux

Publié le - Mis à jour le 14 Août 2017

Quelles difficultés ajoute alors le Brexit à ce contexte ?

D’un côté la dépréciation de la livre permet un certain rééquilibrage commercial au bout d’un certain temps. De l’autre, à court terme, elle sonne la fin du mélange instable de surconsommation, d’afflux massif d’investissements étrangers et de délitement productif. Ces périodes de sevrage sont toujours compliquées à gérer. La question de la réindustrialisation vise la question des inégalités et du redéveloppement du territoire, mais aussi l’équilibre financier du pays. On a vu réapparaître le spectre de Tony Blair dans les médias depuis le référendum, mais le vent a néanmoins tourné de façon résolu dans ce pays chez les Brexiters comme chez la majorité des Remainers.

On fait poliment dérouler à l’ancien premier ministre ses arguments en faveur de l’annulation du vote du Brexit, car il reste un bon communicant, mais même les journalistes les plus défavorables à la sortie de l’UE ne manquent pas, la plupart du temps, de concéder qu’il n’a plus guère de crédibilité dans le pays.

Le rééquilibrage de l’économie britannique peut être rendu particulièrement difficile dans un contexte d’incertitude politique, comme celui des négociations du Brexit. On parle énormément de la hausse de l’inflation à court terme, qui a atteint 2.9% avant de refluer vers 2.6% le mois dernier. La dépréciation de la livre a certes alimenté l’inflation ; mais sauf à parier sur un effondrement continu du taux de change, le pays ne se trouve pas dans une spirale inflationniste, d’autant plus que les salaires stagnent, comme les mêmes analystes ne cessent de le rappeler. Ce qui menace davantage l’économie britannique sur le long terme c’est le spectre d’une incertitude juridique et commerciale dans ses relations avec l’Europe. La City risque de devoir évoluer vers un modèle encore plus résolument offshore, en perdant une partie de ses revenus entretemps. Plus généralement, la situation est asymétrique car le Royaume-Uni serait bien plus affecté que le reste de l’Europe par le rétablissement de barrières douanières dans le cadre régi l’OMC et surtout par le surplus de paperasse. Notons toutefois que de plus petits pays comme l’Irlande mais aussi les Pays-Bas et la Belgique serait presque autant affectés que le Royaume-Uni par ce scénario. Par ailleurs, une telle rupture serait politiquement, économiquement et juridiquement aberrent pour  gérer les relations entre l’UE et un ancien membre qui continuera d’appliquer la quasi-totalité des normes de l’union, ne serait-ce que par souci de continuité. 

Propos recueillis par Nicolas Quénel

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 25/07/2017 - 11:29 - Signaler un abus Oui mr Denezière

    Oui, ça c'est pas du Sylvestre, c'est pas du discours d'ivrogne: endettement, désindustrialisation et déficit extérieur (le taux de couverture de la balance commerciale avec l'Allemagne est de...50% ( pour les redoublants de CE1 quand le RU vend 1 à l'allemagne il lui achete 2!) Une situation guère pire que celle de la France!!! Theresa May, arrivée au pouvoir a parlé de "réindustrialisation "!, programme qui aurait donné des hémorroïdes à Maggy!! Très bien de rappeler que les problèmes des économies européennes sont d'abord structurels et que Bruxelles a largement contribué à les mettre sur une orbite de sous-développement durable!

  • Par Almotasim - 25/07/2017 - 13:03 - Signaler un abus Ça ressemble plus à de l'économie...

    Que ce que raconte le brave Sylvestre! Ce dernier devrait en rester aux ragots de couloirs.

  • Par kelenborn - 25/07/2017 - 14:47 - Signaler un abus aux ragots de couloir?

    Non Almotasim!!! Ce qu'il raconte c'est ce qui ressort des bafouillages scrofuleux des Tamalous à l'hospice!!! Il parait qu'ils l'ont nommé chef!

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 25/07/2017 - 18:18 - Signaler un abus Des vessies pour des lanternes...

    Quand on voit que près de 400.000 Français travaillent en Angleterre dont 250.000 à Londres, et que des milliers d'immigrés attendent à Calais de pouvoir traverser, ......je pense qu'il est très prétentieux de vouloir à chaque occasion critiquer l'économie Anglaise........... vous connaissez beaucoup de candidats prêts à émigrer vers le Venezuela ou Cuba...quoiqu'en dise Mélanchouille .......Ça me fait penser au mur de Berlin qui d'après le parti avait été érigé pour contenir le flot d'allemand de l'ouest qui allait se précipiter vers ce paradis socialiste.....

  • Par vangog - 25/07/2017 - 21:04 - Signaler un abus Les oracles tentent vainement de lire dans

    les viscères de fich'n fries la défaite de la GB sur le Front du Brexit...mais, malheureusement pour eux, rien de palpable! Bon, allez, on réessaiera la prochaine fois...

  • Par Anouman - 26/07/2017 - 21:30 - Signaler un abus Incertitude

    Il faudrait que les pays de l'UE soient particulièrement masochistes pour ne pas trouver d'accords commerciaux avec le Royaume Uni puisque celui-ci importe plus de l'UE qu'il n'exporte (Allemagne, France , Pays Bas, Espagne, Italie...). Toutefois on n'est pas à l'abri que l'incompétence de l'UE aille jusqu'à pénaliser ses membres pour des raisons idéologiques. Mais avec une construction aussi incohérente que l'UE on n'est pas à l'abri de décisions contre-productives.

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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