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Realpolitik avec la Chine: l’heure pour la France de se mettre en marche sur les nouvelles routes de la soie a sonné

En se rendant en Chine du 8 au 10 janvier, le Président de la République, Emmanuel Macron va découvrir un pays dont la transformation, tant sur le plan interne que vis-à-vis de sa politique extérieure, se poursuit à pas de géant.

La route est tracée

Publié le - Mis à jour le 3 Janvier 2018

Ce méga-projet vise ainsi à faire renaître les mythiques « Routes de la Soie », qui firent les riches heures des marchands chinois et européens à partir de la dynastie des Hans, dont l’Empereur Han Wudi, qui envoya Zhang Qian, aux alentours de 139 avant JC, à la rencontre de l’Empire romain. Mille ans plus tard, c’est autour de Marco Polo de revenir sur son épique périple chinois à travers l’ouvrage « Il Milione ».

Le 18 janvier dernier, après 18 jours et 12 000 km traversés, le premier train de marchandise ayant quitté la ville de Yiwu dans la province du Zhejiang faisait son arrivée à Barking, dans la banlieue de Londres. Ferdinand de Lesseps en rêvait vers la fin du 19ème siècle, à travers son projet de chemin de fer central-asiatique, l’ONU l’appelait de ses vœux, en 2009, à travers le projet du Trans-Asian Network, mais c’est finalement sous l’égide du projet chinois BRI que naissait concrètement une coopération eurasienne, porteur de formidables opportunités économiques et diplomatiques.

C’est, du reste, riche de ce glorieux et fructueux passé, que le président chinois, Xi Jinping, confirmait, en octobre 2013, dans la ville du centre de la Chine, Xi’an et dans un des principaux port chinois, Ningbo, son idée « révolutionnaire » de relancer les mythiques routes terrestres à travers sa comparaison de ceinture « Belt » terrestre et route  « Road » maritime reliant la Chine à l’Europe et à l’Afrique, à travers l’Asie centrale, le Caucase, les Balkans et le Moyen-Orient et reliant la Chine à l’Europe ; ainsi qu’à travers les « quatre mers » (mer de Chine ; Océan indien /mer Rouge ; mer Caspienne ;  mer Noire/ Méditerranée).

De quoi s’agit-il réellement, car les chiffres sont tellement gigantesques qu’ils donnent le vertige.

S’il fallait résumer le projet en quelques réalités, il conviendrait de retenir les 500 milliards de dollars que la Chine s’engage à investir d’ici 2049 (centenaire de la création de la République Populaire de Chine), tout au long de six corridors traversant 68 pays (dont les derniers impétrants sont le Maroc, la Nouvelle-Zélande, et qui devraient être prochainement rejoint par l’Australie), et ce, afin de « compenser » les 26 mille milliards de dollars de déficit en matière d’infrastructure (routes, ponts, ports, chemins de fer, pipelines, aéroports…).

Ainsi, la Chine entend surtout, à travers, ce projet « structurel » confirmer son positionnement de principale puissance mondiale.

Certes, il faudra attendre 2030 pour que la Chine dépasse les Etats-Unis, tant sur le plan du budget militaire ou de celui de la part hégémonique des produits chinois sur les échanges commerciaux, mais déjà, par le truchement des 100 milliards de dollars engagés depuis la fin de l’année 2014, pour la création de la Banque asiatique d’infrastructure et de développement (AIIB), la Chine est devenue de facto, la puissance commerciale globale de nature à concurrencer durablement les Etats-Unis.

 
Commentaires

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  • Par pale rider - 02/01/2018 - 09:46 - Signaler un abus Tres étonnnante dernière phrase

    L'auteur veut il préciser ses craintes ?

  • Par vangog - 02/01/2018 - 22:30 - Signaler un abus « Manque d’incarnation du leadership américain »?????

    Ces auteurs, baignés de pensée unique du gourou Macron, semblent s'être totalement affranchis des réalités d’un monde qui va beaucoup trop vite pour eux. En a peine une année, Donald a reconquis le leadership américain, que les précédents mandats de Clinton et Obama avaient échoué à dissoudre dans les limbes"’. La reprise de l’alliance militaire americano-russe a défait daesch en quelques mois, alors que deux mandats Obamesques n’y avaient pas suffit. Et la reprise de contrôle du proche et du Moyen-Orient, ainsi que l’affranchissement des institutions internationales noyautées par les trotsko-mondialistes sont des bonds en avant gigantesques pour les USA: les bourses, qui savent mieux anticiper que ces penseurs lobotomisés ne s’y trompent pas! La route de la soie est une route de soumission de la vieille Europe pour des asiatiques qui doivent retrouver un débouché et de nouvelles proies pour leur économie de sous-traitance, alors que les USA de Trump ré localisent à tout-va! La faible et naïve UE est la proie idéale de l’Asie pour ses éoliennes et panneaux solaires à empreinte charbon (pur schiste) démesurée...

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Emmanuel Dupuy

Emmanuel Dupuy est président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe). Spécialiste des questions de sécurité européenne et de relations internationales, il a notamment été conseiller politique auprès des forces françaises en Afghanistan. Délégué général des Centristes chargé des questions internationales et de sécurité. 

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