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Realpolitik avec la Chine: l’heure pour la France de se mettre en marche sur les nouvelles routes de la soie a sonné

En se rendant en Chine du 8 au 10 janvier, le Président de la République, Emmanuel Macron va découvrir un pays dont la transformation, tant sur le plan interne que vis-à-vis de sa politique extérieure, se poursuit à pas de géant.

La route est tracée

Publié le - Mis à jour le 3 Janvier 2018

Les causes de conflits sont aussi nombreuses dans le voisinage terrestre de la Chine. Les deux présidents français et chinois pourraient également en parler, tant ils conditionnent aussi la stabilité continentale.

Il en est ainsi des velléités de confrontation entre la Chine et ses voisins, notamment l’Inde, dont les affrontements, en juin dernier, sur le plateau controversé du Doklam, à plus de 5000 mètres d’altitude, donnent un avant-gout d’une possible nouvelle confrontation militaire, qui avait vu en 1962, la Chine occuper plusieurs territoires face à une Inde déterminée, malgré son infériorité militaire, à défendre, dans la région du Sikkim et de l’Assam, ses frontières du Nord-Est et du Nord-Ouest.

Le fera-t-elle ?

Elle le pourrait en tout cas, tant la France ne cesse de vanter l’action et le rôle des organisations régionales sub-régionales et instances de dialogues trans-continentales.  Paris entend d’ailleurs s’impliquer davantage dans nombre d’entre elles, comme observateur ou partie prenante : Association des Nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN) ; Commission du Pacifique ; Coopération économique pour l’Asie-pacifique (APEC), Dialogue Europe-Asie  (ASEM) ; ou encore l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS, crée en 2001, qui demeure l'organisation régionale qui traduit le mieux la volonté de la Chine de se positionner au milieu d'un "nouveau grand jeu" en Asie centrale).

Les atermoiements et incohérences de l’Administration Trump sur ce dossier, comme celui de la justice climatique et de l’adaptation au changement climatique, rendent aussi désormais plus crédible la sincérité de la Chine dans le concert des Nations, comme est venu le confirmer la réunion « One Planet Summit », du 12 décembre dernier, à Paris.

La stabilité au Moyen-Orient, sur fond de crise - dans la foulée de la décision unilatérale américaine sur Jérusalem - et dans le contexte des conséquences de la brouille opposant le Qatar au quartet à l’initiative depuis six mois d’une Arabie Saoudite, soucieuse de déstabiliser par tous les moyens l’Iran - pourrait aussi s’inviter à la table des négociations. 

On sait que Pékin, s’était proposé dès 2014 - en désignant un émissaire spécial - pour une autre manière de régler la crise entre Palestiniens et Israël. Cet intérêt pour le Levant rend ainsi la Chine légitime pour asseoir « concrètement » la réconciliation nationale en Syrie, eu égard à sa proposition de prendre à sa charge, ou du moins de ses 100 000 entreprises engagées sur les marchés mondiaux, les quelques 300 milliards de dollars nécessaires à la reconstruction en Syrie…

Mais de tous les dossiers sensibles dont il devrait être question, celui des nouvelles « Routes de la Soie » est le plus « structurant » pour les décennies à venir.

« La géographie n’est autre chose que l’histoire dans l’espace, de même que l’histoire est la géographie dans le temps » (Elisée Reclus, 1905). Cette citation du géographe français illustre parfaitement le titanesque projet chinois de « Route et de Ceinture » : « One Belt, One Road », (OBOR) désormais appelé « Belt and Road Initiative » (BRI) lancé par le président chinois, lors d’un discours prononcé devant les étudiants de l’Université Nazarbaïev, d’Astana, au Kazakhstan, en septembre 2013.

 
Commentaires

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  • Par pale rider - 02/01/2018 - 09:46 - Signaler un abus Tres étonnnante dernière phrase

    L'auteur veut il préciser ses craintes ?

  • Par vangog - 02/01/2018 - 22:30 - Signaler un abus « Manque d’incarnation du leadership américain »?????

    Ces auteurs, baignés de pensée unique du gourou Macron, semblent s'être totalement affranchis des réalités d’un monde qui va beaucoup trop vite pour eux. En a peine une année, Donald a reconquis le leadership américain, que les précédents mandats de Clinton et Obama avaient échoué à dissoudre dans les limbes"’. La reprise de l’alliance militaire americano-russe a défait daesch en quelques mois, alors que deux mandats Obamesques n’y avaient pas suffit. Et la reprise de contrôle du proche et du Moyen-Orient, ainsi que l’affranchissement des institutions internationales noyautées par les trotsko-mondialistes sont des bonds en avant gigantesques pour les USA: les bourses, qui savent mieux anticiper que ces penseurs lobotomisés ne s’y trompent pas! La route de la soie est une route de soumission de la vieille Europe pour des asiatiques qui doivent retrouver un débouché et de nouvelles proies pour leur économie de sous-traitance, alors que les USA de Trump ré localisent à tout-va! La faible et naïve UE est la proie idéale de l’Asie pour ses éoliennes et panneaux solaires à empreinte charbon (pur schiste) démesurée...

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Emmanuel Dupuy

Emmanuel Dupuy est président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe). Spécialiste des questions de sécurité européenne et de relations internationales, il a notamment été conseiller politique auprès des forces françaises en Afghanistan. Délégué général des Centristes chargé des questions internationales et de sécurité. 

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