Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 30 Juillet 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Ramses III a été égorgé : comment travaillent les enquêteurs de l’Histoire ?

Si les archéologues ont pu montrer que le pharaon de la XXe dynastie de l'ancienne Égypte avait bien été assassiné lors d'une tentative de coup d'État menée par l'une de ses épouses, c'est notamment grâce aux nouvelles techniques d'analyse scientifique.

Indiana Jones

Publié le
Ramses III a été égorgé : comment travaillent les enquêteurs de l’Histoire ?

Les archéologues ont recours à des techniques scientifiques de plus en plus poussées.  Crédit Reuters

Atlantico : Plus de 3000 ans après sa mort, des scientifiques ont pu confirmer définitivement l’hypothèse qui assurait que Ramsès III avait été assassiné lors d’un coup d’Etat. Ces conclusions découlent de l’utilisation de nouvelles techniques d’analyse scientifique. Quelles sont ces nouvelles méthodes à la disposition des archéologues du XXIème siècle ?

Bruno Maureille : Ces nouvelles méthodes sont très nombreuses puisque l’archéologie bénéficie de l’avancée technologique de tous les champs disciplinaires comme par exemple les sciences de l’univers ou les sciences de l’imagerie.

Contrairement à ce que l’on peut croire, l’archéologie représente un ensemble de disciplines qui utilisent très généralement et très rapidement toute l’innovation technique.

On peut notamment parler de l’application de l’imagerie médicale à la reconstitution des corps, des avancées dans la paléogénétique, des avancées dans les datations radionucléaires ou des possibilités que nous offrent maintenant les outils des sciences de l’univers dans la datation d’un grain de quartz dans un ensemble de sédiments.

 

En dehors de la « petite histoire » dans la grande histoire, ces nouvelles techniques peuvent-elles bouleverser profondément notre connaissance de l’humanité ? Quels nouveaux champs de recherches ouvrent-elles ?

Il va y avoir de grands changements, notamment en matière d’histoire du peuplement avec la paléogénomique qui va nous permettre de bien mieux comprendre ce qu’a été notre histoire passée en terme de groupes humains. Plus on va pouvoir remonter dans le temps, plus on découvrira que cette histoire peut être surprenante.

Pour d’autres champs disciplinaires, au niveau de l’évolution culturelle de l’homme, au niveau de la datation absolue, les outils de la biochimie ou de la physique nucléaire vont nous permettre d’avoir plus de précisions et de finesse dans nos analyses. Actuellement, on travaille en biochimie sur des éléments ténus qu’on est capable de détecter par exemple dans le tartre qui est déposé sur les dents et qui nous permettent de discuter de la capacité des hommes du passé à soigner les maladies. Toutes ces modifications seront très importantes dans le futur.

 

L’archéologie de terrain est-elle en train d’être remplacée par une archéologie de laboratoire ?

Non, l’archéologie reste une discipline qui s’intéresse aux vestiges du passé et ces vestiges proviennent naturellement de terrains enfouis. Le matériel qui sert à faire des recherches en archéologie sort nécessairement de terre. Par contre, comme il y a une technicité de plus en plus importante des équipements, il est possible qu'on assiste à l'émergence une archéologie de développement dans les laboratoires. Il va peut-être y avoir une catégorie d’ingénieurs, de techniciens, de chercheurs aussi, qui vont être plus liés à un environnement d’équipements. Mais cela ne veut pas dire que l'archéologie de laboratoire remplacera l'archéologie de terrain. Dans tous les cas, tout débute toujours avec le terrain.  

 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Pierrrrre - 23/12/2012 - 12:25 - Signaler un abus ►►►Ramses III a été égorgé

    . Dans toute organisation pyramidale, c'est toujours la tête qui est le plus fragile..

  • Par Rémi57 - 23/12/2012 - 12:29 - Signaler un abus Pas à se plaindre

    Non, franchement, on France, on a pas matière à se plaindre ! Des moyens on en a tellement qu'on en gaspille. Des cerveaux en fuite? Pas de soucis, ceux qui restent travaillent dur. Des soucis de financement ? Aucun problème, demandez aux chercheurs du CNRS, ils ont les budgets. ET ILS ABOUTISSENT : La preuve, on sait désormais qu'un homme s'est fait égorger il y a fort fort longtemps. Au fait, comment se prénommait la "tueuse", d’où provenait le métal de l'arme, qu'avait-il mangé la veille et surtout était-il en bonne santé avant de mourir ? Au regard de la mobilisation des moyens techniques, financiers et technologiques le niveau du résultat me déçoit un (gros) peu. Quand j'entends après cela des gens se plaindre, je me dis vraiment qu'il n'y a pas de quoi !

  • Par pauledesbaux - 23/12/2012 - 16:40 - Signaler un abus ramses égorgé ?

    par un coup monté par l'une de ses femmes à quand l'égorgement de notre ramses par l'une de ses nombreuses concubines ? notre "egypte" irait bien mieux.......

  • Par de Winecki - 24/12/2012 - 08:32 - Signaler un abus Laissez travailler les savants anglophones

    Avant de prendre des coups de colère, @Rémi57, renseignez-vous un peu. Bruno Maureille nous a simplement tenus au courant d'une étude publiée en anglais et qu'on peut lire sous http://www.bmj.com/content/345/bmj.e8268. Regardez la liste des auteurs, il semble qu'on n'y trouve pas un seul savant français. On peut donc croire que cette découverte n'a pas coûté à notre pays un seul eurocentime. La France, jadis pionnière en matière d'égyptologie, est aujourd'hui à la traîne. Que propose donc @Rémy57 en matière d'économies supplémentaires? Faut-il supprimer les chaires qui s'occupent de cette science inutile? J'attends sa réponse avec impatience.

  • Par Rémi57 - 26/12/2012 - 19:51 - Signaler un abus Surpris

    @ Winecki - 24/12/2012 - 08:32 : Je suis quelque peu surpris. Voyez vous, en général, une pratique communément admise lorsque l'on se fait "rapporteur" de travaux que d'autres ont menés, l'usage veut que l'on cite ses sources ou son auteur. Aucune mention de ce type n'a attiré mon attention. Vous attendez mes propositions avec impatience ? Deuxième surprise de ma part : bien que je le pouvoir ne m'en appartienne pas, il me semblait avoir clairement expliqué, qu'en temps de crise, consacrer des budgets que ce soit à l'égyptologie ou à au séquençage du génome néandertalien est effectivement à des années lumières de ce que je pense prioritaire. Veuillez accepter mes plus plates excuses pour n'avoir pas assouvi aussi rapidement que vous l'auriez souhaité l'impatience qui vous brûlait.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Bruno Maureille

Bruno Maureille est directeur de recherche au CNRS. Il participe régulièrement aux enseignements du Master d'Anthropologie-Préhistoire à l'Université Bordeaux 1, au Master de Préhistoire (Muséum National d'Histoire naturelle). Depuis 2002, il co-organise avec le Pr. Alan E. Mann la Summer course "Princeton in Bordeaux" et la Field School des Pradelles pour under-graduated students de Princeton.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€