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Le rail est-il l'avenir du commerce international ?

La Chine et la Pologne ont inauguré une nouvelle ligne de transport de marchandise de fret. Le train est présenté comme plus rapide et moins coûteux. Le rail est-il l'avenir du commerce international ?

Tchou-tchou

Publié le - Mis à jour le 12 Juin 2013
Le rail est-il l'avenir du commerce international ?

Une nouvelle ligne de fret ferroviaire inaugurée entre la ville chinoise de Chengdu et la ville polonaise de Lodz permet de relier en 12 jours les 10 000 km qui séparent les deux villes. Crédit Reuters

Atlantico : Mardi une nouvelle ligne de fret ferroviaire a été inaugurée entre la ville chinoise de Chengdu et la ville polonaise de Lodz. Cette ligne permet de relier en 12 jours les 10 000 km qui séparent les deux villes. Ce moyen est plus rapide que le bateau et moins cher que l'avion. Dans le contexte actuel, le train peut-il se positionner comme un investissement d'avenir dans le domaine du commerce international ?

Alain Bonnafous : La solution ferroviaire est dans ce cas la meilleure car, aux extrémités, les deux villes sont continentales. L'autre solution impliquerait deux transports terminaux de Chengdu à Shanghai ou Hong Kong et de Gdansk à Lotz, donc deux ruptures de charge supplémentaires et un transport maritime de plus de deux semaines.

Les opérateurs ont simplement observé que dans ce cas, le prix total pouvait être avantageux pour le rail et qu'une bonne semaine était gagnée sur la durée.

Le fret ferroviaire est-il, aujourd'hui, la meilleure équation entre le coût, l'impact écologique et le temps de transport ?

Concernant l'arbitrage coût-temps de transport, on doit évidemment distinguer les biens qu'il s'agit de transporter. Pour des pondéreux, on recherche des solutions pour lesquelles la tonne-kilomètre n'est pas coûteuse mais la vitesse n'est pas déterminante. Au contraire, pour des expéditions à forte valeur ajoutée incorporée, il vaut mieux aller vite et payer un peu plus cher le transport. De plus, pour chaque type de marchandises, ce n'est pas la même chose entre Chengdu et Lotz qu'entre Marseille et Ais en Provence : il y a autant de réponses que de couples origine-destination. Ces réponses dépendent de ce que les réseaux et les opérateurs peuvent offrir aux chargeurs. Ceux-ci choisissent en faisant un arbitrage sur le couple prix-vitesse ou, plus généralement, sur le couple prix-qualité de service.

Quels sont les avantages et les inconvénients liés à ce moyen de transport de marchandises ? A quel type de marchandise est-il plus adapté ?

Le ferroviaire ne fait pas du porte à porte contrairement au routier. Il en résulte qu'il présente peu d'intérêt pour les transports courts. Il devient compétitif à partir de 300 ou 400 kilomètres et il est d'autant mieux placé que les expéditions sont massifiées. Par rapport aux grandes tendances historiques de nos échanges un facteur est défavorable au ferroviaire : nous transportons de moins en moins de pondéreux à l'intérieur des continents. Un autre facteur lui est favorable : avec l'internationalisation de la production, la "portée" des échanges continue de s'allonger (de Chengdu à Lotz par exemple !).

Dans ce jeu, le fret ferroviaire a perdu des parts de marché en Europe à partir de la première guerre mondiale. Il n'en regagne que depuis le début des années 2000 après l'ouverture à la concurrence du fret ferroviaire. Le redressement a été enregistré en France en 2011 seulement en raison de la lenteur de cette ouverture qui a ménagé plus longtemps qu'ailleurs l'opérateur historique SNCF.

 
Commentaires

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  • Par pemmore - 24/05/2013 - 13:17 - Signaler un abus En France ou le réseau ferré est d'une densité rare,

    il est très sous-utilisé, voire pas du tout sur certains tronçons pour le fret, il y a beaucoup de progrès à faire en commençant par des trains autonomes sans conducteurs. Une chose intéressante c'est la location à un ou des transporteurs, de gares servant de terminal, le train de camions ex bretagne vs marseille partant le soir arrivant le lendemain.

  • Par freddy - 24/05/2013 - 18:39 - Signaler un abus Le fret ferroviaire a perdu

    des parts de marché à partir de la 2ème guerre mondiale et non de la 1ère, avant il n'y avait pas de camions!

  • Par ialou - 24/05/2013 - 22:35 - Signaler un abus triste

    Le rail route a toujours été bloqué par une corporation appelée CGT Durant la période ou je dirigeais mon entreprise de plus de 350 camions j'ai toujours essayé d'adopter ce mode de transport. Helas, lorque vous mettiez un camion sur le rail, vous aviez une chance sur deux qu'ils ne l'accrochait pas à la locomotive ou autrement au lieu de recevoir votre camion a Paris, vous pouviez le retrouver à Marseille !!!

  • Par Quid Novi - 25/05/2013 - 02:07 - Signaler un abus Un bon rail

    et on se sent comme neuf !

  • Par Glop Glop - 25/05/2013 - 03:48 - Signaler un abus Il est évident...

    ... que le rail est un bon vecteur éconmique et d'échange, rapide et plus sûr que la route... mais comme il est rappelé, sous réserve que l'énergie utilisée pour mouvoir tout ce mastodonte international ne soit pas fossile. Les cou^ts logistiques se réduiront encore quand les plateformes s'articuleront autour même d'un terminal dédié car l'automatisation pourra intervenir dans une très large amplitude. Il ne restera plus qu'à mener (par route) les marchandises vers les points de vente physique.

  • Par Le gorille - 25/05/2013 - 05:32 - Signaler un abus Quel fret ? Quels clients ?

    Autant est-il très intéressant de découvrir cette liaison intracontinentale d'envergure, autant il est frustrant de na pas savoir quels sont les hinterlands desservis, et pour quel types de marchandises, ni même quel flux est attendu... Il est peu probable que ce soit la Pologne qui absobe tout le trafic de fret importé, et ce n'est probablement pas une seule mine de Chine qui charge.... Un peu plus de luxe de détails eût été -- vraiment -- le bienvenu ! Accessoirement, mettre des TGV en illustration ne correspond vraiment pas au sujet, mais un vrai train de marchandises, il y en a de très beaux et de très longs en pinacothèques des miniaturistes ferroviphiles ! Et puis, ils sont tellement plus intéressants !

  • Par Le gorille - 25/05/2013 - 09:23 - Signaler un abus Réponse : Usine nouvelle

    Les réponses en français aux questions précédentes se trouvent dans l'article http://www.usinenouvelle.com/article/l-express-chengdu-lodz-rapproche-l-asie-de-l-europe.N197193.

  • Par Roxane - 25/05/2013 - 17:12 - Signaler un abus étude comparative sur le transfert de la route au rail

    l'impact écologique reste important à passer de la route au rail même en cas de production d'électricité sur une autre énergie que le nucléaire. On oublie souvent que dans le transport routier une part non négligeable des camions circulent à la moitié de leur capacité sur une partie du trajet global, voire sur la totalité. Les transporteurs routiers soit ne connaissent pas exactement leur chargement , soit ne veulent pas avouer cette perte d'efficacité. Utiliser le transport combiné a le mérite de massifier sur une grande partie du trajet les marchandises, car les tarifs des conteneurs sont fonction du poids de chargement. Et donc le ferroviaire en termes de bilan carbone reste compétitif par rapport au rail.

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Alain Bonnafous

Alain Bonnafous est Professeur Emérite de l’Université de Lyon et chercheur au Laboratoire d’Economie des Transports dont il a été le premier directeur. Auteur de nombreuses publications, il a été lauréat du « Jules Dupuit Award » de la World Conference on Transport Research (Lisbonne 2010, décerné tous les trois ans).

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