Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 18 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Qui veut la peau des banquiers ? La BCE, l’Etat, Orange et même Facebook ! Et si en réalité, c’était les clients...

Quand le digital est en forme, il ne se contente pas de racheter les start-ups, ils s’attaquent à déstabiliser des mastodontes : les banques traditionnelles.

Atlantico Business

Publié le
Qui veut la peau des banquiers ? La BCE, l’Etat, Orange et même Facebook !  Et si en réalité, c’était les clients...

Pour les établissements français, les temps ne sont pas à la fête. La saison des résultats financiers en a été la traduction, les résultats ont été en demi-teinte.  Société Générale est plombée par la possibilité d’une amende par les autorités américaines. Surtout, les banques vont connaître trois difficultés majeures.

D’abord, la persistance des taux bas. Pour la zone euro, Mario Draghi l’a redit en octobre, les taux resteront très bas encore longtemps.  

Les activités d’investissement comme la banque de détail sont plombées par des marges trop faibles, venant égratigner les perspectives de croissance des banques. Viennent s’ajouter les réglementations – MIFID 2 dès janvier 2018 – qui touchent l’ensemble du secteur financier.

Et elles ont un coût. La Société Générale a d’ailleurs été mise en garde dans un récent rapport du FMI, de la difficulté qu’elle pourrait connaître à maintenir un niveau de rentabilité suffisant pour faire face aux réglementations, demandeuses de capital.

Du côté de la banque de détail, les crédits immobiliers ne font pas gagner d’argent aux banques, et elles ont du faire face en plus, à un afflux de renégociations de crédit.

Coincées par les taux d’intérêt, et les conditions de sécurité imposées par les autorités de régulation, les banques jouent sur les services et les commissions et ne manquent pas d’imagination pour percevoir des commissions : commissions d’autorisation de découvert, commission de tenue de compte, de mise à disposition de chéquiers, commission de virement ... 

En deux, les banques se retrouvent visées par le pouvoir. Certaines mesures prises par l’exécutif vont leur être défavorables.  La surtaxe d’impôt sur les sociétés, exceptionnelle, pourrait largement affecter leur résultat. La contribution exceptionnelle touchera particulièrement les banques. «Il  y a un certain nombre d’entreprises qui, n’étant pas bénéficiaires des remboursements, ne vont rien recevoir car elles n’étaient pas concernées par l’ancienne taxe et qui vont de fait avoir une augmentation d’impôt » explique Albéric de Montgolfier, rapporteur du Budget au Sénat. Les trois groupes coopératifs et mutualistes français, Banque Populaire-Caisse d’Epargne, Crédit Agricole et Crédit Mutuel, vont être sommées de régler la somme d’un milliard d’euros, 20 % du produit attendu de la taxe à elles seules, expliquent les dirigeants dans une lettre commune adressée au gouvernement. La mesure aura un coût net pour elles venant assombrir les résultats futurs.

Autre coup de massue, même si la question est toujours en suspens devant le Conseil constitutionnel, celle de l’assurance emprunteur. L’amendement voté                                                                                                                                                                                                en février 2017, amendement Bourquin, ouvre le marché de l’assurance emprunteur à la concurrence,  cette couverture invalidité/décès qui porte sur l’emprunteur lors d’un prêt immobilier. C’était jusqu’à présent un marché qui leur était principalement réservé, leur permettant de se récupérer sur la marge – jusqu’à 40% annoncés par certains experts - quand le crédit immobilier n’apporte aucun profit. Il était déjà possible de résilier l’assurance pour les nouveaux crédits. Mais à partir du 1er janvier 2018, cette mesure se généralise à tous les contrats d’assurance de prêt existants, autrement dit tous les crédits immobiliers en cours. La fin d’une manne financière pour les banques.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Atlante13 - 13/11/2017 - 11:11 - Signaler un abus Ne plaignons pas ces pauvres banques,

    elles ont toujours joué le jeu du pouvoir public et du fisc, ce qui leur a permis d'imposer la possession d'un compte bancaire à tous les français. De plus, elles se sont bien gavé avec note argent, donc n'allons pas trop pleurer pour elles. Les banques en ligne vont seulement grignoter leur gâteau, car il faudrait être stupide pour n'avoir que ça, au moindre pépin vous vous retrouvez tout seul, et sans un peu de liquide ce serait une drôle de galère à vivre.

  • Par kelenborn - 13/11/2017 - 12:32 - Signaler un abus oh beh

    QUAND JMS s'adjoint les services d'une qui sait de quoi elle parle, le niveau s'élève. Ouais ! moi j'avais un compte au mutuel et suis passé à Ing! Voila déjà de quoi me rembourser en partie de la CSG de Macroléon. N'ayez aucun scrupule! 2 français sur 3 ont élu Macroléon et parmi eux les petites vieilles qui ont besoin d'une agence avec un blaireau qui les aide à mettre leur carte dans le DAB! tapez dans le mille et comme disait Simon de Montfort! "Dieu reconnaitra les siens"

  • Par ajm - 13/11/2017 - 14:32 - Signaler un abus Bouc-émissaire.

    Les banques à réseau en France ont , semble-t-il, tous les défauts de la terre mais en tout cas, elles emploient beaucoup de monde en France, y compris, pour certaines ,:dans les zones rurales, elles collectent en fait l'impôt pour le compte de l'Etat, payent pour leur compte une oart très importante de l'impôt sur les sociétés, des taxes professionnelles, de la taxe sur les salaires etc..Ce sont elles qui , quoique on en dise assure l'essentiel des credirs aux PME et qui, quand un grand groupe Français a de gros problèmes continuent à assurer , plus ou moins à la demande des pouvoirs publics, le maintien des crédits et garanties vitaux alors que les marchés financiers se ferment et que les banques étrangères se debinent. Facebook, combien d'emplois en France, combien d' impôts ? Sur le credit immobilier, il faut savoir que c'est pour les banques un produit d'appel qui ne rapporte pas grand chose Sur les assurances crédit, les jeunes emprunteurs trouvent effectivement des assurances moins chères que l'assurance standard des banques. Pour de moins bons risques, en particulier des emprunteurs plus vieux, c'est plus compliqué

  • Par gerard JOURDAIN - 13/11/2017 - 17:59 - Signaler un abus revenons à la valeur ajouter;

    les banques traditionnelles sont grasses de structures mastodontes...elles le savent..;elles recentralisent tous les produits et décisions, pensant mutualiser des charges..elles oublient leur valeur ajouté de base: connaitre nominativement le client...des malins s’engouffrent dans le banking, dès lors que la relation personnelle n'existe plus...quand un secteur devient trop endormi par du monopole, il crève.

  • Par kelenborn - 13/11/2017 - 20:00 - Signaler un abus ajm

    Si on mesurait l'utilité et économique et sociale d'une structure aux emplois qu'elle crée, il suffirait de remplacer les voitures par des chaises à porteur (ce qui plairait sans doute à cette imbécile d'Hidalcrotte). C'est d'aillleurs l'argumentation grotesque que développait de Rugy en disant que les renouvelables créaient plus d'emploi que le nucléaire!Pardi, elles coûtent plus cher! J'ajoute que dans le droit fil de l'enseignement de Bastait (la vitre cassée) quand un service coûte plus cher (parce qu'il finance des emplois par exemple) ce que doivent payer ceux qui l'utilisent ne sera pas utilisé pour dépenser ailleurs. L'argent que je donnais au Crédit Mutuel servait à payer un type (en plus fainéant et incompétent) . Il sera dépensé ailleurs et contribuera peut être à créer un emploi chez Amazon en France!!! Si on suivait votre raisonnement on financerait les diligences mais il est vrai que Pictafesse Royal, duchesse du Poitou disait: "un euro dépensé est un euro utile" Tiens, Sylvestre qui sait au moins ça devrait lui donner des cours d'économitude! il nous lacherait les basques!

  • Par ajm - 13/11/2017 - 23:54 - Signaler un abus Les banques sidérurgie de demain.

    Les banques françaises n'ont rien à voir évidemment avec les chaises â porteur de l'ancien régime ( qui renaissent néanmoins sur les Champs Élysées ) pas plus qu'elles ne sont devenues la siderurgie en faillite auxquelles elles etaient vouées il y a quarante ans. Elles gagnent largement leur vie, malgré une fiscalité très forte et la concurrence des nouveaux entrants, banques en ligne, banques de la grande distribution; systèmes de paiement alternatifs, banques d'investissements US sur le créneau des grandes entreprises etc... Elles se doivent de beaucoup mieux utiliser leurs réseaux, justement, malgré la tendance centralisatrice, largement provoquée par les normes résultant de la considérable réglementation bancaire ( notation des clients, conformité , niveau minimum des fonds propres etc ..) qui est, il ne faut pas l'oublier, sous la responsabilité de la BCE.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€