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Ce qui peut être fait pour améliorer l'efficacité de la lutte antiterroriste

Alors que nous "fêtons" le quinzième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, quelques remarques s’imposent.

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Ce qui peut être fait pour améliorer l'efficacité de la lutte antiterroriste

1. RÉALITÉ DE LA MENACE

Le terrorisme islamique est une menace de long terme. Il est actif depuis le début des années 1990 et rien ne permet de prédire qu’il disparaîtra au cours de la prochaine décennie. Il s’agit donc d’une menace présente pour longtemps encore. Il est essentiel d’intégrer cette temporalité.

Pour mémoire, les Britanniques luttent contre l’IRA depuis 1916 et n’en sont venus à bout que récemment ; les Israéliens sont confrontés au terrorisme palestinien depuis 1948 ; l'insurrection marxiste des FARC en Colombie dure depuis un demi-siècle ; etc.

Rappelons qu’Al-Qaïda a déclaré la guerre aux États-Unis en 1996, il y a 20 ans, et qu’en dépit des moyens considérables mis en oeuvre par l’Amérique et ses alliés, ce mouvement n’a pas disparu. Au contraire, la lutte a donné lieu à un accroissement sans précédent des individus et des groupes candidats au djihad, partout dans le monde.

 

Le terreau favorable à ce terrorisme est particulièrement fertile et le restera à moyen-terme : vigueur de l’islam radical soutenu par les monarchies du Golfe persique, chaos des sociétés du monde arabo-musulman, frustration des populations immigrées des pays occidentaux, crise économique rendant leur intégration de plus en plus erratique, sentiment exacerbé de victimisation de la part de certains musulmans, etc.

 

Le danger provient davantage de nos banlieues que de l’étranger. La très grande majorité des auteurs des attentats de 2015 et de 2016 sont des Français, ayant ou non reçu une formation à l’étranger. Nous sommes donc bien face à une problématique de sécurité intérieure. 

 

Le climat totalement anxiogène dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est pas illégitime, mais il est décuplé par la couverture excessive qu’accordent les médias aux terroristes et à leurs actes, leur offrant la publicité qu’ils recherchent.

 

Il est légitime qu’une partie de l’opinion s’inquiète des atteintes aux libertés fondamentales en raison des nouveaux pouvoirs accordés aux forces de sécurité au nom de la lutte antiterroriste. Mais, il faut être pleinement conscient que nous sommes dans une situation où le danger est réel. Il est donc essentiel d’agir pour le réduire. Toutefois, nous vivons encore dans un système libéral et démocratique et le danger ne vient pas de la police ou des services de renseignement, mais bien du salafisme et du djihadisme. Il faut que le public sache qu’en l’absence de mesures sérieuses, notre système se renforce moins vite que la menace ne progresse. 

 

En revanche – et en dépit des attaques dont nous avons été victimes –, des points encourageants existent et méritent d’être relevés.

- Nos pires craintes ne se sont pas réalisées. Il n'y a pas eu de second « 11 septembre » et en 15 ans, les terroristes ont pas été en mesure de réaliser d’attentat à l’aide d’armes de destruction massive.

 
Commentaires

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  • Par ELIED - 25/05/2017 - 11:48 - Signaler un abus C'est à peu près

    ce que je ressens et ce que je crois. Mais les autorités ont encore la tête dans le sable. Toutes les actions qui pourraient légalement (les lois sont là, mais inappliquées) être entreprises contre l'islam radical et ses actions terroristes sont tabou et remplacées par un angélisme catastrophique.

  • Par kuruzawa - 25/05/2017 - 14:13 - Signaler un abus mesures de bon sens

    Si on les applique,ça calmera bien le jeu

  • Par A M A - 25/05/2017 - 17:13 - Signaler un abus Tout simplement, le "vouloir".

    Tout simplement, le "vouloir". Là dessus on va pouvoir estimer à sa juste mesure le nouvel arrivant. Et sur ce sujet, ça parait mal embarqué.

  • Par Gordion - 26/05/2017 - 13:48 - Signaler un abus Oui...

    ...cette analyse tombe sous le sens - encore faut-il avoir le sens! Ce n'est pas la classe politique, la société civile qui en montrent le chemin. Les attentats de janvier 2015 étaient l'occasion de mettre un terme à Schengen, la forme relevant de la sémantique de communication. Rien ne fut fait, les lemmings qui votent ont confié les clefs de la province France à un immigrationiste convaincu. Quant à la droite molle... La CEDH veille de son côté. Continuez M.Denécé, et relayons ce message.

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Eric Denécé

Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

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