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Qui a dit que les sanctions américaines n’avaient aucun impact sur la Russie ? Elles fonctionnent et peut être même au delà des espérances de ses auteurs

Les sanctions américaines mises en place contre la Russie, après que cette dernière ait été accusée d'ingérence ont souvent été pointées du doigt pour leur inutilité. Et pourtant, elles ont bien plus d'impact qu'on ne le croit.

Sanctions

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Qui a dit que les sanctions américaines n’avaient aucun impact sur la Russie ? Elles fonctionnent et peut être même au delà des espérances de ses auteurs

 Crédit JORGE SILVA / POOL / AFP

  1. Atlantico : Un groupe de sénateurs américains a présenté un projet de loi visant à étendre les sanctions à la Russie en représailles à l'ingérence dans les élections américaines. Jusqu'ici, l'impact de ces sanctions ne semblait pas ébranler le Kremlin. Mais un récent rapport pour le Center for European Policy Analysis indique le contraire. Les sanctions américaines nuisent-elles à l'économie russe ?

François Géré : Il existe une longue tradition de sanctions américaines à l’égard de l’Union soviétique puis de la Russie. Elles portaient traditionnellement sur les droits de l’homme et sur la liberté de l’immigration notamment pour les juifs russes.

Si les Républicains paraissent aujourd’hui en pointe sur le dossier des sanctions.

Les démocrates les soutiennent ce qui permet au Congrès de disposer d’une large majorité pour imposer des sanctions. La situation s’est aggravée en raison de trois facteurs de discorde : l’ingérence russe en Ukraine, l’annexion de la Crimée et l’ingérence dans les élections présidentielles aux Etats-Unis. Sur ce dossier l’étau de l’enquête se resserre autour de Donald Trump et de ses proches. Mais on est encore très loin d’une procédure d’impeachment pour forfaiture.

Le Congrès, en avril 2018, a pris une série de nouvelles sanctions visant des oligarques russes dans le secteur énergétique, dans celui des denrées agricoles et des métaux comme l’aluminium.

Dans la mesure où ces sanctions visent des individus on a cru que l’impact était limité. En réalité elles ont touché les grandes sociétés des oligarques et provoqué des chutes spectaculaires sur la bourse de Moscou. Les transactions bancaires ont été affectées et le cours du rouble vis-à-vis du dollar a gravement chuté depuis 2017.

Trump qui n’est pas un membre de l’establishment républicain, n’a jamais été favorable à ces sanctions. Mais il n’y a pas opposé son veto qui, de toute manière, n’aurait pu être maintenu devant la résolution quasi unanime du Congrès. Cependant, au sommet d’Helsinki, le président américain a cherché la conciliation avec Poutine, allant jusqu’à désavouer l’enquête des services américains sur l’ingérence russe. Il a été très vivement critiqué pour cela par la presse et par les parlementaires et a dû se livrer à une piteuse volte-face. Mais depuis l’affaire s’est tassée. Des invitations pour des visites d’Etat ont été échangées. En dépit des sanctions, le président américain maintient le cap d’une politique personnelle avec son homologue russe.

Le rapport évoque également le fait que ces sanctions ont un impact politique qui se traduit par un affaiblissement du soutien au régime de Vladimir Poutine. Plus précisément, la situation économique du pays oblige le kremlin à adopter des mesures impopulaires (comme des augmentations de la TVA et de l'âge de la retraite). À quel point ces sanctions peuvent-elles affaiblir Vladimir Poutine ?

 

Les réformes de la fiscalité et du régime des retraites qui remonte à l’époque de Staline étaient plus que nécessaires. Leur impopularité ne coïncide pas avec les sanctions. C’est un problème plus général de redressement de l’économie russe. Celle-ci s’est améliorée depuis 2017 voisinant les 2%  de croissance même si l’on reste bien loin des performances de 6% du début de la décennie. Poutine reste un président confortablement réélu qui contrôle l’essentiel des médias et peut encore dans les débats de société infléchir l’opinion nationale. Souvent les chaînes officielles russes attribuent les difficultés économiques aux sanctions même s’ils en dénient l’efficacité. On n’est pas à une contradiction près.

 
Commentaires

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  • Par wwmat - 08/08/2018 - 14:43 - Signaler un abus Les USA

    sont devenu le tyran de notre planète. De l'Amérique du sud à l’Europe de l'est en passant par le moyen orient. Partout ils déstabilisent, poussent à la révolte, sèment le chaos. Les pères fondateurs doivent se retourner dans leurs tombes en voyant ce grand pays (anciennement démocratique) au mains de lobbys et puissant groupes obscurs.

  • Par LouisArmandCremet - 08/08/2018 - 17:42 - Signaler un abus Influence américaine...

    C'est vrai que les USA n'ont jamais cherché à influencer une élection à travers le monde... Sérieusement, tous les pays cherchent d'une façon ou d'une autre à ce qui sort des élections, soit des candidat qui ne sont pas des opposants notoires. Et à ce petit jeu là, les américains ne sont pas les derniers. Il existe d'ailleurs une blague à ce sujet : savez vous pourquoi il n'y a jamais de coup d'état au USA ? C'est parce que c'est le seul pays au monde, où il n'y a pas d'ambassade américaine...

  • Par ajm - 08/08/2018 - 23:24 - Signaler un abus Wwmat; vous sombrez dans la

    Wwmat; vous sombrez dans la pensée Ganeshaesque. Votre animosité contre les USA devient délirante. En réalité, il y a bien plus de démocratie vécue et concrète dans le plus petit comté de l'Amerique profonde que dans toute l"histoire Russe. Depuis sa création, l'esprit démocratique fait partie intégrante des USA, ce qui ne signifie pas absence de problèmes , en particulier la question raciale et le reliquat mental et social de l'esclavage. S'agissant de lobbys, Poutine est le patron du syndicats des oligarques de son pays qui doivent verser la dîme de façon discrète à sa famille et à ses obligés.Ceci dit, sur le fond, il est ridicule de croire que Trump a été élu à cause des services Russes. Il a été élu parce que Madame Clinton était encore plus détestée par une part très importante de l'électorat populaire et /ou conservatrice du pays que Trump ne l'était par les bobos du nord-est et nord-ouest du pays.

  • Par pitron67 - 09/08/2018 - 08:41 - Signaler un abus USA

    je suis d'accord avec wwmat.la démocratie américaine est un mythe ,c'est simplement la loi du plus fort et les USA l'applique avec une rare violence .ils imposent leurs idées par la force et gare à qui résiste .

  • Par vangog - 09/08/2018 - 09:46 - Signaler un abus Les USA sont une magnifique démocratie, dont la France gauchiste

    et l’union europeiste feraient bien de s’inspirer...mais les USA sont une démocratie intérieure, pas extérieure...quasiment une « démocratie d’intérêts égoïstes ! » Et leurs méthodes extérieures sont tout sauf une démocratie... leur politique étrangère est totalement inspirée par l’ « impérialisme économique », ce que pratiquent tous les pays intelligents, non sevrés au lait bisounoursique néo-marxiste... Seulement, pour les USA, ça se voit plus que pour les autres pays, car ils agissent plus fort, plus vite et depuis plus longtemps que les autres. C’est aussi pour cela que les USA risquent d’atteindre 5% de croissance- alors que le minet promu par la grande famille Attali-Soros-Rothschild atteindra minablement 1,4% (pas suffisamment pour résorber 6,5 millions de chômeurs gauchistes...). On a ce qu’on mérite...

  • Par GP13 - 09/08/2018 - 11:33 - Signaler un abus Le danger américain

    Les USA, grande démocratie, ont été la première puissance mondiale. Mais cette puissance recule et ne parvient plus à imposer ses solutions. Le risque est donc l'escalade dans la violence et nous savons depuis l'affaire de l'Irak que les USA sont devenu le danger principal pour le monde.

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François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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