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Ce que la présence de Beyoncé à l’investiture d’Obama révèle du rapport des Américains à la politique

800 000 individus sont venus acclamer lundi Barack Obama à Washington pour sa seconde cérémonie d’investiture organisée sur les marches du Capitole et assister ensuite à la "parade" organisée dans la foulée. Les Américains sont de grands enfants, consommateurs d’émotions et dont les transports revêtent un aspect éminemment fédérateur.

Guest star

Publié le 22 janvier 2013
 

Tout en s’arqueboutant sur la continuité du deuxième amendement de sa constitution garantissant à tout citoyen américain le droit de porter des armes, les Etats-Unis d’Amérique ont aussi inventé Disneyland et la mode des parcs d’attraction exportée sur les continents les plus riches.

Chaque ressortissant s’accommode facilement d’une pareille contradiction persuadé de l’excellence des vertus prônées par l’Oncle Sam comme du bien fondé de sa domination mondiale étendue sans partage.

Ce sont donc 340 000 individus (si le dénombrement en avait été confié au préfet de police de Paris) qui sont venus acclamer hier Barack Obama à Washington pour sa seconde et dernière cérémonie d’investiture organisée sur les marches du Capitole et assister ensuite à la "parade" organisée dans la foulée, comme chez Blanche-Neige ou chez Cendrillon.

Tout avait été prévu pour marquer la solennité de la circonstance : une débauche de drapeaux tricolores, de fanfares, de fanions donnant à cette journée du 21 janvier une allure de gigantesque superbowl si majorettes et pompom girls avaient été de la partie !

Mais le moment du spectacle le plus attendu du public et sans doute plus encore des médias fut l’instant où la chanteuse de R’n’B, amie du couple présidentiel, Beyoncé Knowles, interpréta l’hymne national suivi d’une ovation générale dont l’adresse incertaine (envers l’hymne ou envers l’interprète ?) laisse tout de même songeur.

Les Américains se révèlent être de grands enfants, consommateurs d’émotions et dont les transports pourraient, une fois tous les quatre ans, revêtir un aspect éminemment fédérateur.

Cette ivresse dans laquelle subjectivisme, émotivité, affectivité devraient mettre en branle la terre entière muette d’admiration, dissimule une fraternité factice inversement proportionnelle au consumérisme qu’elle occasionne. L’acteur principal de ce show, pour le coup bien à l’américaine, entrainé dans le mouvement d’une tradition rendue d’autant plus coercitive qu’elle est récente, peut difficilement s’en rendre compte. De l’autre côté de l’Atlantique, ce spectacle apparaît puérile tant les démonstrations fusionnelles semblent à la fois conventionnelles et passagères.

Que l’on considère tout d’abord l’interprétation donnée par Beyoncé ou ses devancières à l’hymne national américain. L’inspiration du moment, l’état d’âme de la chanteuse, ses impressions etc. déterminent désormais le rythme de la musique, le balancement des paroles. L’expérience conduite autrefois par Valéry Giscard d’Estaing pour modifier légèrement l’orchestration de la Marseillaise a fait long feu et avait été particulièrement critiquée. Il convient mieux, en effet, de donner un caractère stable à un symbole pour lui conférer une portée intemporelle et universelle.

Remarquons également les inévitables marques d’affection échangées entre les membres de la famille Obama ou entre divers participants. Ces conventionnelles embrassades se limitent à d’impersonnels tapotements sur le dos, sans doute pour éviter tout procès en harcèlement. Remarquons encore, phénomène plus récent, la désignation d’une personne noyée dans la foule par un index pointé en sa direction. Cette attitude qui se voudrait familière et spontanée est en passe de devenir un tic de comportement. Il faut souhaiter que cette innovation, encore sévèrement condamnée dans le savoir-vivre observé sur le vieux continent, ne soit jamais singée par les puissants qui nous gouvernent, tant cette marque de salutation se situe à l’opposé de l’authenticité d’une rencontre ou d’un vrai contact.

 
Commentaires

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  • Par Marie Harel - 23/01/2013 - 18:17 - Signaler un abus une précision, encore...

    "seconde et dernière" est un pléonasme puisque l'adjectif second ne s'emploie que lorsqu'il n'y a pas de troisième.

  • Par Marie Harel - 23/01/2013 - 17:36 - Signaler un abus rectificatif

    J'ai écrit Contrepoint! Pardon Atlantico pour cette méprise sous l'empire de la colère!

  • Par Marie Harel - 23/01/2013 - 17:33 - Signaler un abus Arc-bouté sur sa con-descendance

    L'article commence mal. Quand on pontifie de la sorte, il vaut mieux soigner la forme pour ne pas passer en plus pour un analphabète.
    L'anti-américanisme sous-hypo-primaire, ce nationalisme des imbéciles, infuse un texte con-venu et auto-satisfait. Le mépris et la suffisance sont particulièrement déplacés, en ce moment, où les Français devraient garder profil bas au lieu de donner des leçons aux Américains (ou à qui que ce soit d'autre, d'ailleurs).
    Monsieur Gaffiot ne fait pas honneur au magistral latiniste éponyme qui doit se retourner dans sa tombe. Il personnifie le tropisme insupportable de nombreux Français, leur attachement névrotique au jacobinisme, ce système de pensée qui véhicule des valeurs mortifères et criminogènes.
    C'est la première fois qu'un article de Contrepoint me fait sortir de mes gonds. Il faut conseiller à son auteur de lire Revel: Deux titres semblent indispensables à sa gouverne: La connaissance inutile et L'Obsession anti-américaine. Et bien sûr Le Mal français, de Peyrefitte, dont ce monsieur démontre la pertinence intemporelle.

  • Par ntzsch - 23/01/2013 - 00:07 - Signaler un abus @CN13

    Quand on est déprimé, c'est vrai, on voit tout en noir mais quand vous irez mieux, vous verrez que la vie est belle en Europe et surtout en France. Quand on a le moral, il fait beau même quand il pleut !

  • Par Robert Marchenoir - 22/01/2013 - 23:48 - Signaler un abus Ignorance et mépris : le provincialisme français

    Comment est-il possible d'enfiler autant de clichés en si peu de temps ? Les Américains sont de grands enfants, ils mettent les pieds sur la table et ils boivent du whisky. Rien de tout cela n'a le moindre rapport avec la réalité.
    Et en quoi le Deuxième amendement serait-il contradictoire avec Disneyland ?

  • Par ntzsch - 22/01/2013 - 23:46 - Signaler un abus Je ne sais pas si les Américains sont de grands enfants.

    Mais j'ai écouté Beyoncé pour me faire une idée. C'est de la musique pour ados !

  • Par Ravidelacreche - 22/01/2013 - 19:30 - Signaler un abus une débauche de drapeaux tricolores

    Comme à la Bastille ! :o))

  • Par CN13 - 22/01/2013 - 16:54 - Signaler un abus Il vaut mieux être "de grands enfants"...

    que de voir des mines TRISTES dans une France devenue TRISTE dans une Europe TRISTE.
    Hollande, bouffeur de micros, trop gros dans son costume qu'un bouton est sur le point de craquer... (LOL) qui endort avec ses discours - encore - à la commémoration des 50 ans d'amitié franco-allemande. Des gens qui font semblant d'écouter tout en s'endormant avec des mines TRISTES.
    Les américains sont de "grands enfants". OUI, et alors !
    il n'y a qu'à voir nos jeunes dans les rues et en banlieux s'habiller comme eux, avec des t-shirts usa et autres..., bouffer aux différents macdo (copiés).

  • Par Papa Noël - 22/01/2013 - 16:25 - Signaler un abus Arrêtez !

    Arrêtez de considérer les américains comme de grands enfant (sic) ! Leur culture, leurs racines, sont profondément diférentes des nôtres. Ni meilleures, ni pires. Différentes, très diférentes, c'est tout.
    ramener ces différences à un condescendent "ce sont de grands enfants" est tout simplement hautun chauvin, et improductif.

  • Par MONTCLAR - 22/01/2013 - 15:19 - Signaler un abus @Sal Migondis

    Pardonnez-moi de vous interpeler familièrement par un diminutif de votre prénom. Cela permet aussi de qualifier le verbiage creux et enflé (ce n'est pas contradictoire, il suffit d'insuffler de l'air dans le creux) que nous propose ici Monsieur Gaffiot. Avec lui, on se sent tout de suite de plein pied dans le réel : dansant avec Michelle (décidément, je suis en veine de familiarité aujourd'hui) et l'instant d'après les pieds sur la table (en bottes naturellement) rotant un bourbon dans une cabane en bois des Rocheuses devant un écran de télévision. N'est pas Tocqueville qui veut, bien que d'autres, tout aussi gonflés de leur importance, aient déjà tenté ce....comment dit-on à Hollywood déjà ? ce "remake".

  • Par Salvatore Migondis - 22/01/2013 - 14:45 - Signaler un abus Poncif infantile..?

    « Les Américains sont de grands enfants »

Jacques Charles-Gaffiot

Jacques Charles-Gaffiot est l'auteur de Trônes en majesté, l’Autorité et son symbole (Édition du Cerf), et commissaire de l'exposition Trésors du Saint-Sépulcre. Présents des cours royales européennes au château de Versailles jusqu’au 14 juillet 2013.

 

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