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Quand Sarkozy se déchaîne sur Trump... après s'être inspiré de lui

Nicolas Sarkozy semble ne savoir que faire de Donald Trump. Le candidat est un jour une source d'inspiration, l'autre un repoussoir. Les deux prétendants à l'investiture du parti républicain de leurs pays pourraient se ressembler bien plus que ne le souhaite l'ancien président français.

180 degrés

Publié le - Mis à jour le 1 Avril 2016
Quand Sarkozy se déchaîne sur Trump... après s'être inspiré de lui

Ne lui parlez plus de Donald Trump. Ce qu'il pense du candidat à la primaire des Républicains tient en quelques mots postés sur Facebook :

"J'ai un sentiment très mitigé s'agissant de Donald Trump. D'un côté on est effrayé par ce qu'il dit et on finit par espérer qu'il ne pense pas tout ce qu'il dit.

D'un autre côté il traduit le rejet d'une pensée unique qui stérilise le débat aux Etats-Unis comme en France. A force d'empêcher le débat, on finit par pousser à l'expression du populisme et de la démagogie. Voilà pourquoi il ne faut pas craindre le débat".

"Sentiment mitigé ?" Une pensée sans doute un peu trop complexe, qui a laissé place à tous les fantasmes. Nicolas Sarkozy se prendrait-il pour Donald Trump ? Ferait-il un parallèle entre son propre parcours et celui du milliardaire américain, tous deux candidats du peuple contre les médias ? Absolument pas. "Le personnage le laisse perplexe, explique son entourage. Il le trouve caricatural et d'une brutalité inouïe". Ce que veut dire Nicolas Sarkozy lorsqu'il parle de sentiment mitigé, "c'est que le succès de Trump souligne les ravages de la pensée unique aux Etats-Unis. Lorsqu'on empêche le débat de fond, on prend des risques, on fait monter les extrêmes", explique une proche. Et c'est en ça que l'ancien Chef de l'Etat trouve le parcours de son homologue intéressant, dans le sens où il y voit ce qu'il souhaiterait éviter à la France.

Atlantico : A Londres, devant un petit groupe de Français, Nicolas Sarkozy s’est attaqué de façon virulente à Donald Trump : "Je trouve terrifiant qu'il y ait 30% d'Américains qui peuvent se reconnaître là-dedans. Ça fait frémir." Pourtant, quelques semaines auparavant, il en avait fait le modèle de "candidat du peuple" qui balayerait les "candidats de l’establishment et des médias", visant certainement ainsi Juppé, Le Maire et Fillon. Pourquoi se détourne-t-il aujourd’hui publiquement de Trump ? La tentative de positionnement populiste de Sarkozy manquait-elle à ce point de crédibilité pour qu'il prenne ce virage à 180° ?

Maxime Tandonnet : Cette apparente contradiction ne surprend pas vraiment ceux qui ont suivi de près le parcours du président Sarkozy. Il est en effet partagé entre deux tentations. L'une d'elle le porte à  vouloir exprimer les attentes et les inquiétudes d'une partie de la population au sujet des questions identitaires et sécuritaires, qui s'expriment dans de nombreux sondages. L'autre le pousse à rester en phase avec le monde médiatique, la presse et les milieux intellectuels, favorable à l'ouverture et à la diversité. Cette ambivalence s'est exprimée pendant ses mandats entre la phase "ouverture" jusqu'à  juin 2009, puis le durcissement sur les sujets de société. Face au candidat républicain, son approche est sans doute à deux niveaux. D'une part, il  semble avoir perçu dans la popularité de Donald Trump l'expression de la révolte populaire face au sentiment d'un déclin américain, du besoin d'autorité et d'ordre, le rejet de l'establishment et des partis traditionnels. Mais en même temps, le style et les provocations verbales du candidat aux présidentielles américaines lui déplaisent. D'où ces deux discours à la tonalité différente.  

 
Commentaires

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  • Par vangog - 26/03/2016 - 14:07 - Signaler un abus Sarkozy, de la grande famille des menteurs et des tricheurs...

    un jour à gauche, l'autre jour à droite...selon la direction du vent, des sondages, ou l'actualité...comment donner encore la moindre importance à ces deux minus, Flamby-le-menteur et Sarko-le-tricheur?

  • Par A M A - 26/03/2016 - 16:23 - Signaler un abus Sarkhozy vu par Trump

    "Je trouve terrifiant qu'il y ait 30% d'Américains qui peuvent se reconnaître là-dedans. Ça fait frémir" dit-il. Et même si Trump trouvait terrifiant qu'il y ait 15% de français ou plus se reconnaissant dans Sarkhozy, il n'en frémirait certainement pas, lui.

  • Par Lafayette 68 - 26/03/2016 - 17:08 - Signaler un abus "Inouï" !

    Adjectif préféré de Sarko ( crise "inouïe" etc ..). ici à propos de la supposée brutalité de Trump ,qui , en fait , dit les choses , ose dire...mais ne serait pas allé faire la guerre en Irak comme lui en Libye (beau résultat).Sarko ( pour qui j'ai stupidement voté en 2007 et 2012) c'est un"essuie glace" politique de Kouchner/Amara/Hirsch à Buisson ... Inouï ! On a compris.

  • Par EUROPE - 26/03/2016 - 17:57 - Signaler un abus Malheur au vaincu

    Il ne change pas Sarko, toujours agité, dejanté, crispé, agaçant, pénible,sans frein mais toujours égal à lui même et EXCLU, j'oubliais

  • Par J'accuse - 26/03/2016 - 18:22 - Signaler un abus Shut up !

    Il est totalement irresponsable de la part d'un candidat présumé à la présidence de la République, d'exprimer une opinion négative sur un candidat d'un autre pays. D'une part il faut respecter le choix souverain et démocratique des électeurs américains; d'autre part, si Trump est élu, Sarkozy sera ridicule. Quand on ambitionne d'être chef de l’État (again), la réserve s'impose. Décidément, depuis son retour, il ne peut plus l'ouvrir sans proférer une imbécillité. Où est le vrai Sarkozy, celui d'avant ? Celui-là, c'est un sosie qui a toujours tout faux.

  • Par padam - 26/03/2016 - 19:50 - Signaler un abus Sarko se Trumpe!

    Hélas identique à lui-même! Inconstant, changeant d'avis comme de liquettes, disant noir un jour et blanc le lendemain...Bref pas fiable et sans véritable conviction. Force est de reconnaître qu'il n'a pas la carrure d'un chef d'Etat, tout comme son calamiteux successeur pour des raisons différentes. Un toquard "has been"...

  • Par Deudeuche - 26/03/2016 - 20:42 - Signaler un abus un autre virage à 180°

    comme avec le mariage pour tous. A force de donner des coups de volants on ne le suit plus le Sarko Républicain.

  • Par vangog - 26/03/2016 - 22:50 - Signaler un abus Je vous conseille l'avis discret sur Trump, émanant

    d'une grande Présidente potentielle, dans cet interview de très mauvaise qualité journalistique ( mais, fort heureusement, Marine Le Pen remonte le niveau...) https://m.youtube.com/watch?sns=fb&v=X2yHpWKk8gc Quand on l'interroge sur Trump, Marine commence par dire qu'elle n'a pas d'avis à donner sur la Présidentielle américaine, mais la journaliste Québécoise insiste sur la politique américaine ( on se demande bien pourquoi?). Alors, Marine émet un avis très discret sur Trump, affirmant qu'elle ne sépare pas le peuple en différentes origines...beaucoup de retenue et d'humilité, rien de comparable avec Sarko-le-tricheur!

  • Par Vincennes - 27/03/2016 - 01:00 - Signaler un abus Je me demande de PLUS en PLUS souvent si ATLANTICO

    n'est pas devenu une SUCCRRUSALE du Nle OBS ? et les commentaires qui vont avec !!!!!! Aussi, mieux vaut laisser les SARKOHOBES entre eux car, franchement ça vole très bas

  • Par Lafayette 68 - 27/03/2016 - 08:27 - Signaler un abus @Vincennes

    Je vous rassure : pas nouvel obs mais valeurs actuelles convaincu, pas sarkophobe mais j'attends de lui une position claire à droite, la vraie, non des sincérités successives avec ouverture à gauche, c'est tout.

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Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet est historien, et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Il est l'auteur de Histoire des présidents de la République (Perrin, 2013), et alimente régulièrement son blog personnel.

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