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Quand le rapporteur public du Conseil d’Etat tombe de sa chaise en découvrant la nature quasi pornographique du site anti-homophobie promu par l’Education nationale

Après la polémique de l'association agrémentée par l'Education Nationale SOS Homophobie, place au scandale de Ligne Azur qui continue à faire la tournée des écoles même après une campagne polémique à caractère presque pornographique. Ces faits posent la question de la légitimité de l'intervention à l'école des associations militantes.

Heure de colle

Publié le - Mis à jour le 3 Octobre 2014

A quel niveau le dysfonctionnement a-t-il eu lieu ?

A l'époque, Vincent Peillon avait voulu montrer les dents contre l’enseignement privé, qui pouvait devenir une poche de débat sur la loi relative au mariage et à l’adoption par les personnes de même sexe. C’est dans ce contexte qu’il a rédigé une lettre très ferme pour demander aux recteurs de surveiller la manière dont ces questions seraient évoquées dans les établissements privés sous contrat. Dans la foulée, pour renforcer son propos, il a incité à relayer la campagne Ligne Azur. C'était une forme de pied de nez, de provocation idéologique.

Maintenant, il faut l’assumer. Chacun peut prendre la mesure du scandale. Un ministre de la République a demandé à voir promu auprès d’enfants de 11 ans un site qui présentait des infractions sous un jour favorable, vantait le sado-masochisme et la sexualité de groupe… Dans beaucoup de pays, cela susciterait un véritable scandale, une commission d’enquête…

L'association SOS homophobie avait déjà été épinglée pour des propos allant à l'encontre de la liberté de conscience et a portant conservé son agrément auprès de l'Education nationale. Que penser de la sélection des intervenants extérieurs en milieu en scolaire ?

SOS Homophobie, à ma connaissance, c’est quelques dizaines, peut-être centaines, de personnes et un budget constitué majoritairement de subventions, notamment de la mairie de Paris. La représentativité de cette association me parait faible, y compris dans la communauté homosexuelle, et il est assez surprenant que les pouvoirs publics lui prêtent une telle légitimité.

Pour intervenir devant des enfants, je pense qu’il faut des associations éprouvées, anciennes, représentatives, qui ont donné des gages, et disposent de suffisamment d’adhérents pour vivre d’elles-mêmes. La sélection ne peut pas se faire sur des critères idéologiques, sur l’intérêt électoral du ministre en place, ou sa crainte d’être taxé de telle ou telle phobie. On ne peut agréer des associations sans cautions pédagogiques, sans information sur le niveau de formation des intervenants...surtout si elles ont vocation à intervenir sur des sujets si intimes que la sexualité. Intervenir, devant des enfants, sur des sujets qui touchent à ce point à la construction de leur personnalité, doit être réservé à des professionnels formés, disposant de compétences minimales en psychologie. Il faut aussi que le discours tenu aux enfants soit rigoureux intellectuellement. Or là, sous prétexte de faire réfléchir les élèves, on court-circuite leur réflexion, en surjouant sur l’affect. Ainsi l’intervention est souvent constituée de petits scénarios pour mettre les élèves en situation. Le problème est que ces histoires sont totalement manichéennes et qu’elles font appel à l’affect, du genre :" Ton meilleur ami a sa maman qu'il aime beaucoup et elle aussi. Tu découvres que sa maman vit avec une femme. Est-ce que tu penses qu’elle ne devrait pas avoir le droit d’être sa maman? » ou « Ton meilleur ami annonce qu'il est homosexuel, il se fait frapper par trois méchants qui sortent de la messe. Qu'en penses-tu ? ». Je caricature, bien sûr, on n’est parfois pas si loin. En jouant ainsi sur l’affect, sur l’émotivité, on ne suscite ni débat ni réflexion, on les empêche.

Comment se prémunir de ce genre dérives sans pour autant priver les enfants des potentiels apports d'intervenants extérieurs ?  

Il faut bannir tout ce qui est de l'ordre de l'idéologie, du débat politique. Ca vaut pour la PMA comme pour le droit de vote des étrangers, le gaz de schiste ou l’euthanasie.
Faire intervenir la Croix Rouge pour donner des cours de secourisme ne pose aucun problème. Dans la liste des associations agréées, un grand nombre d'entre elles ne sont pas polémiques et sont très instructives. C’était d’ailleurs pour des associations de ce type que l’agrément avait été conçu. A partir du moment où il s’agit de débats de polémique politiques, cela doit être exclu de l'école. Pour une raison simple, c’est que l’on risque de rompre le lien de confiance indispensable entre les parents et l’école.
Il faut aussi fixer des critères de sélection plus sérieux comme le nombre d'adhérents, les projets éducatifs, leur mode de fonctionnement, les études publiées...

Quant au contenu, la règle devrait être : l’information, oui, la conviction, non. Que l’on envoie des juges ou des policiers pour expliquer aux élèves qu'injurier une personne c’est une infraction et qu’il existe une circonstance aggravante liée à l’homosexualité de la victime, bien-sur ! Que des professionnels, juristes ou avocats, viennent à l’occasion des cours d’éducation civique informer sur le dispositif légal, sur ce que c’est que de vivre ensemble, sur l’égale dignité de tous les êtres humains, et l’indispensable respect des minorités, Oui, cent fois oui ! Mais on ne doit pas tenir de discours « proactif », c’est-à-dire parler aux enfants en les considérant, non pour ce qu’ils sont au moment T, mais pour les électeurs qu’ils deviendront. Vincent Peillon a dit vouloir utiliser l’école pour changer les mentalités. C’est là qu’intervient le problème. L’école, ça ne sert pas à cela. L’école, ça sert à apprendre et à grandir afin que, grands, les citoyens puissent former leur propre jugement. Ca ne sert pas à se faire inculquer à toute force les convictions idéologiques du moment, ou à tenir des discours sociétaux dans le dos voire au mépris des parents.

On prête à Jules Ferry, le mot suivant, adressé aux enseignants : Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire.

 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 27/09/2014 - 10:37 - Signaler un abus J'aime bien la gauche n'a pas assez de mots pour éructer contre

    les lobby à Bruxelles à Paris mais les mêmes font une obligation à l’Éducation Nationale d'utiliser des lobby! ====== Maintenant je suis contre l'utilisation d'association dans l’École. Sauf celles qui sont contre le tabagisme, celles concernant le code de la route, et celle concernant le secourisme, le reste dehors.

  • Par vangog - 27/09/2014 - 12:08 - Signaler un abus "SOS socialophobie", association cherche son Président!

    ...et devra bientôt aller dans les écoles pour redresser les torts injustes faits à cette idéologie gravement dénigrée!

  • Par Pourquoi-pas31 - 27/09/2014 - 12:30 - Signaler un abus Grand silence des média

    Notre ministre garde le sourire. Est ce que ces associations vont pouvoir passer aux exercices pratiques, je pense que le nouvel emploi du temps le permettrait, comme activité culturelle. Il n'y qu'une chose à faire au ministère de l'éducation nationale et dans les académies, y déposer des bâtons de dynamite (entre 11h et midi, sinon le ménage ne sera pas fait)

  • Par gerint - 27/09/2014 - 13:24 - Signaler un abus Fatigué de la promotion de l'homosexualité

    Que les homosexuels vivent en paix ne me pose aucun problème, leur orientation sexuelle est leur affaire. Mais ne pas préférer l'homosexualité à l'hétérosexualité est le cas de l'immense de la population qui ne doit pour autant en rien être accusée d'homophobie. Tant de promotion pour l'homosexualité et en plus par l'EN, cela devient une provocation et c'est justement capable de créer de la vraie homophobie, agressive.

  • Par Fojema - 27/09/2014 - 18:47 - Signaler un abus Et pourquoi les principaux médias n'évoquent-ils ...

    Ces aberrations et ce prosélytisme pro-homo ? Pourquoi, vous-même, n'insistez-vous pas sur ce sujet ?

  • Par Mario - 28/09/2014 - 09:21 - Signaler un abus Honteux

    Honteux Cette gauche me fait vomir.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 28/09/2014 - 11:34 - Signaler un abus la "malbaise"

    Et pourquoi les médias se tireraient une balle dans le pied en en parlant. On sait pertinemment que les "HOMOS" y sont surreprésentés, et qu'ils préfèrent s'en prendre à Frigide BARJOT c'est plus "vendeur", que de dénoncer le trafic de mères porteuses "low cost" en Albanie et Moldavie. Dans le cadre de la mondialisation, la mafia va faire baisser les prix d'au moins 50% ; 15.000$ our une mère porteuse élevée en batterie dans les Balkans, plutôt que 30.000$ plein air comme en Amérique du Nord. Je n'ai pas entendu les écolos se révolter contre la mondialisation sauvage et cette "malbaise".

  • Par pale rider - 29/09/2014 - 14:53 - Signaler un abus Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg

    Ds le lycée français de Bruxelles , ces gens là sont intervenus au CM2 ... prônant toutes les pratiques sexuelles , y compris la zoophilie comme étant "possible" . Il faut aussi lire avec une grande attention tous les romans que les élèves seront amenés à "étudier" , certains d'entre eux sont de véritables torchons à caractère porno et ordurier ... enrichissant au passage les soi-disant écrivains et leurs editeurs ... certains profs se font avoir en toute bonne foi , car ces "oeuvres" (!) sont conseillées dans les manuels ( de propagande ?!) scolaire ...

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Henri De Beauregard

Titulaire d’une maîtrise en droit public, et diplômé d’études supérieures en sciences politiques. Il conseille de plusieurs syndicats professionnels (Syndication National des Discothèques et Lieux de loisirs, APIIH…), il assiste aussi de nombreuses associations (Equipes d’Action contre le Proxénétisme, Associations familiales…), des élus (locaux et nationaux), et de nombreux chefs d’entreprises. Il est intervenu dans plusieurs dossiers à fort retentissement.  

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