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Quand le rapporteur public du Conseil d’Etat tombe de sa chaise en découvrant la nature quasi pornographique du site anti-homophobie promu par l’Education nationale

Après la polémique de l'association agrémentée par l'Education Nationale SOS Homophobie, place au scandale de Ligne Azur qui continue à faire la tournée des écoles même après une campagne polémique à caractère presque pornographique. Ces faits posent la question de la légitimité de l'intervention à l'école des associations militantes.

Heure de colle

Publié le - Mis à jour le 3 Octobre 2014
Quand le rapporteur public du Conseil d’Etat tombe de sa chaise en découvrant la nature quasi pornographique du site anti-homophobie promu par l’Education nationale

Atlantico : Mercredi 24 septembre, le rapporteur du Conseil d'Etat a épinglé l'Education nationale estimant que celle-ci avait fait preuve de légèreté en incitant à relayer la campagne du site anti-homophobie Ligne Azur. Le rapporteur a jugé certains contenus "pour le moins critiquables", et qui allaient à l'encontre des "principes de neutralité de l'école et de la liberté de conscience". Donnant ainsi raison à la confédération nationale des associations familiales catholiques qui avait déposé un recours devant le Conseil d'Etat.

Que dire de l'avis du rapporteur au regard des faits reprochés à l'Education nationale ?

Henri De Beauregard : Je me réjouis qu'il s'associe aux moyens que nous avons développés. Dans le langage administratif et feutré du Conseil d'Etat, conclure, comme il l’a fait, que l'on « peut s'interroger sur la légèreté du ministre qui a recommandé ce site auprès de jeunes de 11 ans », c’est une critique assez sévère. Les principes de neutralité et de liberté de conscience des élèves et professeurs sont des principes cardinaux dans l'Education Nationale. Ils ont une vocation atemporelle. Il est rassurant d’entendre qu’ils doivent l’emportent sur l’idéologie d’un moment. Dans le futur, il y aura peut-être d'autres majorités. Si elles veulent faire entrer d'autres idéologues à l'école, ce sera tout aussi critiquable. L'idéologie ne doit pas avoir droit de cité à l’école.

Si le Conseil d'Etat suit l'avis du rapporteur, quelles pourraient être les conséquences d'une telle décision ? L'association pourrait-elle continuer à intervenir en milieu scolaire ?

La crainte serait que le ministère reproduise le schéma de l'affaire SOS Homophobie :il y a deux ans, la même confédération nationale avait agi pour faire annuler l'agrément que l'Education nationale avait donné à SOS Homophobie. Le tribunal administratif de Paris avait annulé cet agrément sur le principe de la liberté de conscience et de l'atteinte à la neutralité et laïcité du service public. En effet, le matériel pédagogique de SOS Homophobie comportait des éléments qui rendaient la religion responsable de l'homophobie ou du mal-être des homosexuels. Une semaine après cette décision du tribunal de Paris, Vincent Peillon a fait un communiqué pour déclarer qu'en dépit de la décision de justice, il avait toute confiance en l'association, qu’elle corrigerait deux ou trois éléments dans son matériel pédagogique, et qu’il redonnerait l'agrément, ce qu’il a fait. On a corrigé la façade, mais j’ai la faiblesse de penser que le contenu des interventions, lui, est resté inchangé. Pire, depuis lors, l’association a cessé de publier ses supports pédagogiques en ligne, de sorte que les associations familiales ou de parents, qui ne peuvent être dans chaque classe, n’ont plus aucun moyen de contrôler ce qui se dit pendant ces interventions. Bien-sûr, ces associations affichent souvent des chartes pleines de bonnes intentions proclamant leur attachement pour la neutralité, mais il ne suffit pas de le dire pour l’être… Quand on démontre au ministère que ces associations sont des associations militantes, il est répondu qu’elles séparent leur action politique de leurs interventions scolaires : rassurez-vous, braves gens, ces personnes sont militantes la nuit mais le jour, avec vos enfants, elles sont parfaitement neutres.. Qui peut croire une pareille fable ?

Pour Ligne Azur, il ne faudrait pas que le scénario soit le même : corriger deux ou trois éléments de façade et recommencer à promouvoir ou à faire intervenir cette association dans les écoles.

Cette décision est la deuxième du même genre. Sur 4 associations agréées par le Ministère, 2 ont vu leur matériel soumis à la justice et nous allons vers 2 annulations. Ces annulations ne font pas « devenir » neutres des associations qui ne le sont pas. A travers elles, c’est donc bien la question de l'opportunité même de l’intervention d’associations militantes dans le temps scolaire, sur des sujets sociétaux, ou sur ce que les enfants ont de plus intime, qui est posée.

Les parents de France veulent-ils que leurs enfants, à 11 ans, se voient expliquer par un militant, contre toute réalité biologique, que les homosexuels peuvent avoir des enfants ou qu’ils soient instruits de ce qu’est le tribadisme ? Acceptent-ils que leurs enfants soient incités à aller voir des pages internet qui vantent la sexualité de groupe, expliquent comment une lesbienne peut s’inséminer de manière artisanale ou proposent des petits mots croisés à base de bondage, de laisse, de plug…

J'ai la faiblesse de penser que ceux qui ne jugeaient pas choquant de tenir ce type de discours aux enfants avant la décision du Conseil d'Etat ne le jugeront pas davantage après… Il faut donc s’interroger, au-delà de tel ou tel contenu sur l’opportunité de ces interventions et sur les associations en qui l’Education Nationale place sa confiance…

Ligne Azur a reçu l'agrément de l'Education Nationale en 2009. Ce site est relayé auprès des établissements scolaires et en 2013, une circulaire de Vincent Peillon incitait à relayer la campagne de ce site. Comment un site publiant des articles contraire aux principes de neutralité de l'école et de liberté de conscience a-t-il pu recevoir l'agrément de l'Education Nationale ?

Il faut reprendre les éléments de l'affaire. On dit que Ligne Azur est recommandée depuis 2009, c'est en partie vrai. Messieurs Darcos et Chatel avaient déjà suggéré en début d'année aux recteurs de relayer la campagne de communication de la ligne Azur. Cependant, pour ma part, je ne sais pas quel était le contenu de la campagne et du site entre 2009 à 2012. Même si, je l’ai dit, c’est le principe même de ces interventions qui doit être questionné, il m’est difficile de dire si la ligne Azur incluait les mêmes dérives ou non. De surcroit, les lettres envoyées par MM DARCOS et CHATEL étaient moins directives. Là, la lettre de Vincent Peillon est très ferme, il incite à relayer avec une « la plus grande énergie » la campagne de Ligne Azur. Cette demande était rédigée au présent de l'indicatif, ce qui, dans le langage administratif traduit une obligation. Quant aux raisons qui ont guidé ces décisions, je pense que Messieurs Darcos et Chatel ont acheté une forme de "paix" envers un lobby qui les pressaient, car il lorgne depuis longtemps sur l’école. Ils ont probablement voulu donner des gages pour être tranquilles et ne pas être taxé d’homophobie. La menace d’être ainsi taxé est une arme redoutable… Je suppose aussi que les Ministres ne s’étaient pas plongés personnellement dans le contenu des sites…

Mais aujourd'hui, dans le cas de M. Peillon, c’est différent. La décision est parfaitement délibérée clairement idéologique. Elle a été prise en plein débat sur ces questions. Dans les suites immédiates de la décision consistant à relayer ce site dans les écoles, les Associations Familiales Catholiques ont écrit au Ministre pour l’alerter et ont rendu cette lettre publique. Tout ce que le rapporteur public a repris était dans cette lettre. C’est donc tout à fait consciemment que Monsieur Peillon a pris et maintenu cette décision. Pire, quelques mois plus tard, il a agréé l’association qui édite le site Ligne Azur comme « partenaire de l’éducation », lui permettant d’intervenir dans les collèges et Lycées. Le contentieux contre la décision de relayer la campagne était alors déjà devant le Conseil d’Etat et tout ce qui a été repris par le rapporteur public était dans le recours : incitation à des comportements contraires à la loi, promotion de l’échangisme, du sado-masochisme, discours politique en faveur de la PMA… Le ministre savait donc parfaitement tout cela, lorsqu’il a, délibérément, décidé d’agréer cette association.
 

 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 27/09/2014 - 10:37 - Signaler un abus J'aime bien la gauche n'a pas assez de mots pour éructer contre

    les lobby à Bruxelles à Paris mais les mêmes font une obligation à l’Éducation Nationale d'utiliser des lobby! ====== Maintenant je suis contre l'utilisation d'association dans l’École. Sauf celles qui sont contre le tabagisme, celles concernant le code de la route, et celle concernant le secourisme, le reste dehors.

  • Par vangog - 27/09/2014 - 12:08 - Signaler un abus "SOS socialophobie", association cherche son Président!

    ...et devra bientôt aller dans les écoles pour redresser les torts injustes faits à cette idéologie gravement dénigrée!

  • Par Pourquoi-pas31 - 27/09/2014 - 12:30 - Signaler un abus Grand silence des média

    Notre ministre garde le sourire. Est ce que ces associations vont pouvoir passer aux exercices pratiques, je pense que le nouvel emploi du temps le permettrait, comme activité culturelle. Il n'y qu'une chose à faire au ministère de l'éducation nationale et dans les académies, y déposer des bâtons de dynamite (entre 11h et midi, sinon le ménage ne sera pas fait)

  • Par gerint - 27/09/2014 - 13:24 - Signaler un abus Fatigué de la promotion de l'homosexualité

    Que les homosexuels vivent en paix ne me pose aucun problème, leur orientation sexuelle est leur affaire. Mais ne pas préférer l'homosexualité à l'hétérosexualité est le cas de l'immense de la population qui ne doit pour autant en rien être accusée d'homophobie. Tant de promotion pour l'homosexualité et en plus par l'EN, cela devient une provocation et c'est justement capable de créer de la vraie homophobie, agressive.

  • Par Fojema - 27/09/2014 - 18:47 - Signaler un abus Et pourquoi les principaux médias n'évoquent-ils ...

    Ces aberrations et ce prosélytisme pro-homo ? Pourquoi, vous-même, n'insistez-vous pas sur ce sujet ?

  • Par Mario - 28/09/2014 - 09:21 - Signaler un abus Honteux

    Honteux Cette gauche me fait vomir.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 28/09/2014 - 11:34 - Signaler un abus la "malbaise"

    Et pourquoi les médias se tireraient une balle dans le pied en en parlant. On sait pertinemment que les "HOMOS" y sont surreprésentés, et qu'ils préfèrent s'en prendre à Frigide BARJOT c'est plus "vendeur", que de dénoncer le trafic de mères porteuses "low cost" en Albanie et Moldavie. Dans le cadre de la mondialisation, la mafia va faire baisser les prix d'au moins 50% ; 15.000$ our une mère porteuse élevée en batterie dans les Balkans, plutôt que 30.000$ plein air comme en Amérique du Nord. Je n'ai pas entendu les écolos se révolter contre la mondialisation sauvage et cette "malbaise".

  • Par pale rider - 29/09/2014 - 14:53 - Signaler un abus Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg

    Ds le lycée français de Bruxelles , ces gens là sont intervenus au CM2 ... prônant toutes les pratiques sexuelles , y compris la zoophilie comme étant "possible" . Il faut aussi lire avec une grande attention tous les romans que les élèves seront amenés à "étudier" , certains d'entre eux sont de véritables torchons à caractère porno et ordurier ... enrichissant au passage les soi-disant écrivains et leurs editeurs ... certains profs se font avoir en toute bonne foi , car ces "oeuvres" (!) sont conseillées dans les manuels ( de propagande ?!) scolaire ...

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Henri De Beauregard

Titulaire d’une maîtrise en droit public, et diplômé d’études supérieures en sciences politiques. Il conseille de plusieurs syndicats professionnels (Syndication National des Discothèques et Lieux de loisirs, APIIH…), il assiste aussi de nombreuses associations (Equipes d’Action contre le Proxénétisme, Associations familiales…), des élus (locaux et nationaux), et de nombreux chefs d’entreprises. Il est intervenu dans plusieurs dossiers à fort retentissement.  

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