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Quand Interpol écrit à "Cher Farouk"…

Certes il ne répondra pas. Mais c'est peut-être le moyen de le retrouver.

Fallait pas nous quitter !

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Quand Interpol écrit à "Cher Farouk"…

A Interpol, on a de l'imagination, de l'humour. Cette année, l'organisation policière européenne a posté sur son site une série de cartes postales adressées aux criminels les plus recherchées d'Europe. Chacune est bien entendu accompagnée d'une fiche de police de l'individu en question. Elles sont charmantes, attendrissantes, drôles, et témoignent de l'excellence intellectuelle des limiers européens. 

Les prénoms et les noms changent selon les pays et les criminels. Mais le libellé, assorti de quelques  touches locales, est toujours le même. Une pressente invitation à regagner la terre patrie ou la terre d'accueil.

Avec un "revient" qui ne peut laisser indifférent, espère-t-on, les criminels les plus endurcis. 

La carte postale française est illustrée par le dessin d'un pandore à l'ancienne, celui qui se faisait rosser par Guignol. Et pour le rendre encore plus authentique, encore plus français, il a une baguette de pain dans la main droite et une bouteille de vin à ses côtés. Sur la carte, pas d'adresse bien sûr, sinon le criminel serait depuis longtemps sous les verrous et cet envoi n'aurait pas lieu d'être. 

Il est écrit ce qui suit (et à la main svp). "Cher Farouk. Tu dois savoir que la vie est meilleure dans la douce France. Nous espérons que tu nous reviendras bien vite. Tu nous manques. La police". Le Farouk en question s'appelle Hachi. Un braqueur multi récidiviste, condamnée à 20 ans de prison par contumace. 

Cette très imaginative diffusion a fait ses preuves dans le passé. Les cartes postales ont été vues des millions de fois et ont permis de nombreuses arrestations. Et là, je m'autorise à crier "vive l'Europe". Car c'est quand même un peu plus classe que les éternels "wanted" américains. Mais quelque chose nous interpelle : le choix du prénom! Les flics d'Interpol n'avaient-ils pas quelques Pierre, Paul, Jacques, Nicolas, Claude etc. à se mettre sous la dent ? On se refuse à imaginer que dans leurs fiches ils n'avaient que des criminels avec des prénoms proches de Farouk. 

Sur la carte autrichienne, on s'adresse à un certain Tibor Foco, soupçonné de meurtre, en lui vantant les charmes de pentes enneigées des Alpes. Tibor, c'est hongrois. On ne sait si la communauté hongroise vivant en Autriche a protesté contre cette stigmatisation. Mais nous sommes certains que le Comité français contre l'islamophobie, la LDH, SOS racisme, le MRAP, ne permettront pas que le beau prénom de Farouk soit amalgamé à des activités criminelles.

 

 

 

 
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Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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